Actualités locales
PCA à vie ? Le rapport choc qui secoue les grandes institutions camerounaises !
Les mandats de 71 présidents de conseils d’administration d’institutions et d’entreprises publiques expireront au plus tard le 12 juillet 2025. C’est ce qui ressort d’une étude récemment rendue publique par la professeure Viviane Ondoa Biwole, chercheuse de renom.
Dans cette étude intitulée « République exemplaire », la professeure explique que, conformément à la loi de juillet 2017 limitant le mandat des présidents de conseils d’administration à trois ans renouvelables une fois, le chef de l’État devrait procéder à de nouvelles nominations pour remplacer les personnes concernées au plus tard le 12 juillet 2025.
S’agissant d’un domaine de recherche sur lequel elle est constante depuis 2023, la professeure Biwole a précisé que, même avant la loi de 2017, nombre des présidents de conseils d’administration étaient en poste depuis des décennies.
Elle a souligné que malgré la nouveauté de la loi de 2017 visant à assurer la rotation, l’innovation et l’amélioration des performances, le président Biya n’a pas remplacé les personnes dont le mandat a expiré depuis longtemps.
Dans son rapport, elle a indiqué que, sur un total de 112 institutions comprenant des sociétés et des entreprises publiques, le nombre de présidents de conseils d’administration agissant dans l’illégalité a continué d’augmenter.
En 2023, le professeur Biwole a révélé que ce nombre était de 48. En 2024, elle a indiqué une augmentation de 12,5 %, portant le nombre de présidents de conseils d’administration dont le mandat avait expiré à 54. Cette année, elle a indiqué que ce chiffre atteindrait 63,39 % des 112 institutions.
Détaillant les chiffres, elle a noté dans son communiqué que, sur 75 établissements publics, 50 présidents de conseil d’administration ont atteint le maximum de leur mandat, soit un pourcentage de 66,66.
Le plus jeune président du conseil d’administration, a-t-elle précisé, est Mohamadou Saoudi, de CAMTEL, la compagnie camerounaise des télécommunications (Camtel), âgé de 55 ans.
Le doyen des présidents de conseils d’administration, a révélé le professeur Biwole dans sa synthèse, est Gillaume Joseph Biwole, 86 ans, qui dirige le conseil d’administration de l’École nationale supérieure des postes, télécommunications et technologies de l’information et de la communication.
En termes d’ancienneté, elle a indiqué que les présidents de conseils d’administration d’établissements et d’entreprises publics ont exercé leurs fonctions pendant six à 33 ans.
À cet égard, le professeur Biwole a déclaré qu’Ayang Luc, président du Conseil économique et social, occupe le poste de président du conseil d’administration le plus ancien.
D’après les recherches du professeur Biwole, Ayang Luc préside le conseil d’administration du Conseil national du cacao et du café (NCCB) depuis 33 ans !
Un autre président de conseil d’administration ayant exercé ses fonctions pendant de nombreuses années, a-t-elle ajouté, est Fai Yengo Francis, qui a présidé le conseil d’administration de l’Agence d’électrification rurale pendant 25 ans.
Il y a également Albert Ekono Nna, qui a présidé le conseil d’administration de la Mission pour le développement du département Océan (MEAO) pendant 25 ans.
Le professeur Gana Fomban Rose Epse Leke a présidé le conseil d’administration de l’Institut de recherche médicale et d’études des plantes médicinales (IMPM) pendant 23 ans, selon le même rapport.
Le Crédit foncier du Cameroun a été présidé par Jules Doret Ndongo pendant 20 ans. Il est actuellement ministre des Forêts et de la Faune.
Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Ngannou Djoumessi, selon la même note, a présidé le conseil d’administration de l’Institut national de la statistique (INS) pendant 19 ans.
Au Bureau central des recensements et des études démographiques (BUCREP), Monkam Nitcheu Jean Fabien a présidé le conseil d’administration pendant 20 ans.
Catherine Ndoumbe Manga préside l’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) depuis 18 ans.
L’Agence Nationale de Radiologie et de Sécurité Nucléaire (ASRAN) a pour présidente du conseil d’administration Madeleine Tchuente depuis 18 ans.
Présidents de conseils d’administration dans plusieurs établissements
Dans son ouvrage « République exemplaire », le professeur Biwole a également cité des personnalités occupant le poste de président de conseil d’administration dans plusieurs établissements publics.
Il s’agit du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Il a été président du conseil d’administration de la Société d’aménagement hydroélectrique de Mekin pendant 14 ans et de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) pendant sept ans.
Par ailleurs, à la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), Motaze est président du conseil d’administration depuis un peu plus d’un an.
La ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Madeiline Tchuente, a également été présidente du conseil d’administration de l’Institut de recherche géologique et minière. Elle occupe ce poste depuis sept ans et ce n’est pas fini, a souligné le professeur Biwole.
Tout comme elle, Monkam, qui préside le conseil d’administration du BUCREP depuis 20 ans, préside également celui de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) depuis 12 ans.
Fai Yengo Francis est également classé ici pour avoir été président du conseil d’administration de l’Agence nationale de l’état civil (BUNEC) pendant 10 ans, et ce n’est pas fini.
Le secrétaire général des services du Premier ministre, le professeur Séraphin Magloire Fouda, indique dans le même rapport qu’il a été président du conseil d’administration de la Mission de régulation de l’offre de biens de consommation (MIRAP) pendant 15 ans et de l’Énergie du Cameroun (ENEO) pendant 15 ans, et ce n’est pas fini.
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Actualités locales
Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu

(Investir au Cameroun) – Assortie d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et de trois années de différé, l’opération améliore les conditions obtenues en 2025, tout en confirmant un coût de financement encore élevé.
Le Gabon a fixé, ce 30 juillet 2026, les conditions d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA. Le montant dépasse de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions et améliore plusieurs paramètres du placement privé de février 2025. Mais avec un coupon annuel de 9,375 % — l’intérêt versé chaque année aux détenteurs des titres — Libreville continue de payer cher son accès aux capitaux internationaux.
Selon le communiqué publié par le gouvernement gabonais, le règlement est attendu autour du 5 août. Les obligations arriveront à échéance en 2033, après sept ans, avec trois années de différé : durant cette période, l’État paiera les intérêts sans encore rembourser le capital.
Le gouvernement affirme que l’émission a été« largement sursouscrite ». Selon les informations de marché disponibles, elles ont dépassé 1 milliard de dollars. Le Gabon a finalement retenu 920 millions, soit 170 millions de plus que prévu.
Des conditions meilleures qu’en 2025
En février 2025, le Gabon avait mobilisé 570 millions de dollars, avec un coupon de 9,5 % et une échéance en 2029. Le montant emprunté progresse donc de 61,4 %, tandis que la durée passe d’environ quatre à sept ans. Le taux recule de 0,125 point, soit 12,5 points de base.
Cette comparaison doit être nuancée. Le coupon ne représente pas tout le coût d’un emprunt : celui-ci dépend aussi du prix de vente des titres, du rendement réclamé par les investisseurs et des frais. En 2025, l’obligation à 9,5 % avait été placée sous sa valeur nominale, portant son rendement initial à 12,7 %. Il faut donc connaître le prix d’émission et le rendement effectif du nouveau titre pour mesurer précisément l’amélioration.
La destination des fonds diffère aussi. En 2025, une part importante avait servi à rembourser l’Eurobond arrivant à échéance en juin. En 2026, aucun rachat d’obligations existantes n’a été annoncé. Le Trésor devrait donc recevoir davantage d’argent frais, même si les commissions et autres frais seront déduits des 920 millions.
Plus que le Cameroun, mais à un coût plus élevé
Le Gabon mobilise 22,7 % de plus que les 750 millions de dollars obtenus par le Cameroun le 30 janvier 2026. Les deux emprunts courent sur sept ans. Yaoundé bénéficie de deux années de grâce et a mis en place un swap dollar-euro : ce mécanisme transforme les paiements en dollars en paiements en euros afin de réduire le risque de change, le FCFA étant arrimé à l’euro. Selon le ministère camerounais des Finances, il a ramené le coût effectif annoncé à 7,79 % en euros.
Ce niveau reste inférieur au coupon gabonais de 9,375 %, mais la comparaison demeurera incomplète tant que le rendement effectif de l’émission gabonaise ne sera pas publié. Pour Libreville, le progrès tient surtout au montant obtenu, à la durée plus longue et à l’absence de rachat simultané d’un ancien Eurobond.
Cette amélioration intervient un mois après que Moody’s a maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 », tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ». L’agence invoque des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources et le risque de nouvelles opérations de dette contraintes.
Investissements, arriérés et marge d’emprunt
Le gouvernement précise que« le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés ». Selon la documentation de placement, il s’agit d’engagements commerciaux extérieurs et multilatéraux, et non des impayés dus aux entreprises gabonaises.
L’émission reste sous le plafond de 857,9 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, autorisé par la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet. Les 920 millions représentent près de 61 % de cette enveloppe, laissant une capacité théorique d’environ 580 millions, sans qu’une seconde émission soit annoncée. La loi évoquait aussi une durée de dix ans, contre sept ans finalement obtenus ; le gouvernement n’a pas expliqué cet écart.
Précédée par la publication d’un prospectus préliminaire le 27 juillet, l’opération a été conduite par le ministre Thierry Minko. Le gouvernement estime que la demande traduit une« confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon ».
L’accord avec le Fonds monétaire international renforcerait cette perception. Sur ce sujet, les discussions techniques continuent, avec une mission attendue à Libreville en septembre et l’objectif de conclure un programme économique et financier avant fin 2026.
Baudouin Enama
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