Sous un ciel sans nuages et au cœur des vastes étendues sablonneuses de l’Extrême-Nord, Maroua s’est métamorphosée, les 13 et 14 juin 2025, en véritable carrefour du prestige équestre africain. La ville a été le théâtre de la toute première édition du Grand Prix Paul Biya, une compétition hippique d’envergure organisée dans le flambant neuf stade Lamido Yaya Dairou.
Placée sous le haut patronage du chef de l’État et présidée par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Pr Narcisse Mouelle Kombi, cette rencontre a attiré un public nombreux et des délégations venues de toute la région sahélienne et au-delà.
Une vitrine continentale du sport équestre
Initiée par la Fédération Camerounaise des Sports Équestres (FECASE), cette première édition a rassemblé plus de 150 chevaux et cavaliers venus du Cameroun, du Tchad, du Nigeria, du Niger et du Burkina Faso. Courses de vitesse, épreuves de précision et démonstrations de savoir-faire ont rythmé les deux journées, mettant en lumière la puissance, la grâce et la maîtrise technique des concurrents.
Chaque nation participante a aligné des équipes arborant fièrement ses couleurs, dans une ambiance survoltée portée par les acclamations de milliers de spectateurs enthousiastes.
Le cheval, symbole vivant de l’identité sahélienne
Au-delà de la performance sportive, le Grand Prix Paul Biya a mis en lumière la place centrale du cheval dans la culture sahélienne. Dans cette partie du continent, l’animal n’est pas qu’un outil de transport ou un partenaire de compétition : il incarne la bravoure, la noblesse et l’héritage des royaumes traditionnels. Il est le lien vivant entre les temps anciens et le présent des chefferies locales.
Les organisateurs ont voulu faire de cette compétition une rencontre entre tradition et modernité, alliant la profondeur culturelle du Sahel à une ambition sportive contemporaine. En attribuant le nom du président Paul Biya à l’événement, ils ont tenu à saluer son engagement en faveur de l’unité nationale et du développement du sport. « Ce Grand Prix de l’excellence n’est pas une simple course de chevaux. C’est un appel lancé à la jeunesse du Nord pour qu’elle élève ses ambitions, s’approprie ses racines et s’ouvre à la compétition internationale », a déclaré le ministre Mouelle Kombi lors de la cérémonie d’ouverture.
Une ville en ébullition
L’événement a également été une bouffée d’oxygène pour l’économie locale. À Maroua, les hôtels affichaient complet, les restaurants tournaient à plein régime, et les artisans en ont profité pour exposer leur savoir-faire traditionnel aux nombreux visiteurs.
Les marchés grouillaient de monde, les rues vibraient au rythme des balafons et des tambours, et le stade a résonné des sons et des langues d’une mosaïque de cultures venues partager un moment de fierté régionale.
Une ambition panafricaine
Portée par le succès de cette première édition, la FECASE ambitionne désormais de faire du Grand Prix Paul Biya un rendez-vous annuel d’envergure internationale. L’objectif est clair : positionner Maroua comme un haut lieu du sport équestre africain et offrir une scène à la mesure des talents du continent.
Au-delà du sport, cette initiative traduit une vision stratégique du Cameroun, qui mise sur les disciplines sportives comme levier de diplomatie, de développement local et de valorisation du patrimoine culturel.
À moyen terme, la Fédération entend élargir la formation équestre pour les jeunes, améliorer les infrastructures spécialisées et donner plus de visibilité à une discipline encore trop peu représentée dans certaines régions du pays.














