Ça fait parler dans les rues de Douala : la gendarmerie de Nylon a mis la main sur un sacré magot ! Le 13 mai dernier, au quartier Boko (Douala 3ᵉ), 232 faux billets de 100 euros, tous marqués du même numéro de série, ont été interceptés. Une valise, deux femmes, et un plan qui tourne mal…
Tout commence le 6 mai : une des suspectes débarque de France avec une valise un peu trop spéciale. À l’intérieur ? Pas de vêtements ni de souvenirs, mais 23 200 euros en faux billets (soit 15,2 millions de FCFA). De retour au Cameroun, elle contacte sa cousine pour « écouler la marchandise » dans le circuit local. Sauf que…
La technique qui a fait capoter le plan
« On a eu un tuyau », explique l’adjudant-chef Yannick Willy Nkinda, chef de la brigade de Nylon. Résultat : les deux complices sont tombées dans le filet. Actuellement en garde à vue, elles attendent leur passage devant le juge. « Ce genre de réseau utilise souvent des proches pour blanchir l’argent », ajoute un gendarme sous couvert d’anonymat.
Cette saisie tombe à pic. Deux jours plus tôt, le ministre des Finances Louis Paul Motaze tirait la sonnette d’alarme : « Arrêtez avec les changes clandestins ! Ça nourrit les faussaires et ça vous expose à des poursuites pour blanchiment. » Un avertissement qui résonne fort après une autre saisie de 100 millions de FCFAen faux billets à Douala, il y a à peine deux mois…
Mais pourquoi tant de faux billets ?
La question agace les experts : « Les euros sont très demandés sur le marché noir, surtout en période de crise. Les fraudeurs jouent sur la méfiance envers le FCFA », analyse un économiste. Reste que le risque est énorme : possession de fausse monnaie = jusqu’à 20 ans de prison.
Encore un coup dur pour les trafiquants, mais le combat continue. Comme le résume un habitant de Boko : « Ça prouve qu’il faut éviter les deals en douce. L’argent facile, ça existe pas ! »














