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Programme économique et financier : la restructuration de la Sonara à nouveau sur la table des discussions avec le FMI

(Investir au Cameroun) – Selon le programme de la mission du Fonds monétaire international (FMI), qui séjourne au Cameroun depuis le 30 avril 2025 dans le cadre de la 8e revue des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la deuxième revue de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), la journée du 5 mai 2025 était consacrée au dossier Sonara (Société nationale de raffinage).
Concrètement, apprend-on, les parties ont planché sur l’état d’avancement de la restructuration de cette société d’Etat, le financement de ses activités en 2024 et les projections pour 2025 et 2026, ainsi que l’état des négociations des dettes de l’entreprise. La situation des dettes croisées entre la Sonara, le fisc et d’autres entités publiques a également été examinée, de même que la viabilité financière de l’entreprise.
En effet, depuis l’incendie qui a ravagé ses installations en 2019, contraignant la Sonara à abandonner ses activités de raffinage du pétrole, cette entreprise est source de préoccupation aussi bien pour le gouvernement que le FMI. Ce d’autant que cette société d’Etat lourdement endettée a été privée, depuis fin 2023, de l’unique activité qui était devenue la sienne : l’importation de 80% des produits pétroliers consommés localement.
Selon les termes d’une lettre adressée le 14 décembre 2023 au ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, par le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, cette activité à été libéralisée. Sa coordination a été confiée à la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH).
Aussi, dans le cadre de son programme économique et financier avec le Cameroun, qui s’achève en juillet 2025, le FMI voit-il d’un mauvais œil le fait que l’État continue de faire feu de tout bois pour maintenir financièrement à flot une entreprise pratiquement sans activité. Et qui, de surcroît, continue d’afficher un grand train de vie, avec une masse salariale parmi les plus importantes du pays. Face aux récriminations du FMI, apprend-on, le gouvernement et les responsables de la Sonara peaufineraient d’ailleurs, depuis un certain temps, un plan social.
BRM
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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – A fin juin 2026, l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État camerounais puis rétrocédés à 11 entreprises et établissements publics s’établit à 845,2 milliards de FCFA, soit 2,4 % du PIB. Selon la dernière Conjoncture mensuelle de la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ces financements couvrent 43 projets, principalement dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.
Cet encours recule de 3,7 % sur un an et de 2,9 % par rapport à fin mai 2026. Il augmente toutefois de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4 %, comparativement aux 825 milliards enregistrés à fin mars 2026.
CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % de l’encours
La dette rétrocédée demeure fortement concentrée. CAMTEL affiche le premier encours, avec 230,4 milliards de FCFA, notamment au titre des projets de déploiement du réseau national à haut débit et d’extension du backbone national. L’entreprise publique de télécommunications représente ainsi 27,3 % du portefeuille.
CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA, correspondant principalement à des programmes d’adduction d’eau potable, de réhabilitation des installations et d’extension des réseaux dans plusieurs villes. Sa part atteint 23,1 %.
Ensemble, CAMTEL et CAMWATER concentrent 425,3 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours total, selon les calculs effectués à partir des données de la CAA.
La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA, notamment pour la remise à niveau du réseau de transport d’électricité. Elle est suivie par Electricity Development Corporation (EDC), qui affiche 112,1 milliards de FCFA liés, entre autres, au barrage de Lom Pangar et aux programmes de développement hydroélectrique sur la Sanaga.
Ces quatre opérateurs cumulent 672,3 milliards de FCFA, soit 79,5 % de l’ensemble de la dette rétrocédée. Des encours plus modestes sont portés par la Sodecoton, avec 27,4 milliards de FCFA, CAMPOST, avec 17,1 milliards, et la Société immobilière du Cameroun, avec 16,8 milliards.
Un passif de l’État distinct de la dette directe des entreprises
La rétrocession permet à une entreprise publique de bénéficier des conditions de financement négociées par l’État auprès d’un bailleur extérieur. Le gouvernement contracte le prêt en son nom, puis transfère les ressources à l’entité chargée de réaliser le projet, dans le cadre d’une convention de rétrocession.
Cette catégorie doit être distinguée de la dette directement contractée par les entreprises et établissements publics auprès de banques, de fournisseurs ou d’autres créanciers. Dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA restent intégrés à la dette extérieure de l’administration centrale, puisque l’État demeure l’emprunteur vis-à-vis des bailleurs.
Les engagements cumulés correspondant aux 43 projets atteignent 1 574 milliards de FCFA. L’encours représente ainsi 53,7 % de cette enveloppe. Ce ratio ne peut toutefois pas être interprété comme la part exacte restant à rembourser sur des financements qui auraient tous été décaissés.
Les engagements peuvent intégrer des ressources non encore tirées. Par ailleurs, plusieurs prêts sont libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux. Leur contre-valeur en FCFA peut donc évoluer sous l’effet des variations de change, indépendamment des remboursements effectués.
La baisse annuelle ne mesure pas uniquement les remboursements
L’encours a diminué de 32,8 milliards de FCFA par rapport à juin 2025, lorsqu’il atteignait environ 878 milliards. Cette contraction ne permet cependant pas d’affirmer que les bénéficiaires ont remboursé un montant équivalent au cours de la période.
L’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements, des nouveaux décaissements et des variations de change. La hausse de 20,2 milliards de FCFA observée entre mars et juin 2026, malgré la baisse enregistrée sur un an, illustre ces mouvements.
Une partie des prêts remonte par ailleurs à plusieurs années. Certaines conventions bénéficiant à CAMTEL ont été signées en 2007, 2009, 2012 et 2015, tandis que plusieurs financements de CAMWATER datent de la période 2007-2018. La persistance de ces encours traduit la longue maturité des prêts mobilisés pour les infrastructures publiques.
La publication de la CAA ne précise toutefois pas, pour chaque bénéficiaire, les remboursements effectués au premier semestre 2026, les éventuels arriérés envers l’État ou les sommes que le Trésor aurait dû prendre en charge à leur place. L’encours de 845,2 milliards de FCFA mesure donc le volume des financements encore comptabilisés, mais ne suffit pas, à lui seul, à évaluer la qualité du remboursement de chaque entreprise publique.
Amina Malloum
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