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Bvmac : les échanges chutent de 98 % au 1er trimestre 2025, malgré l’attractivité des titres des sociétés camerounaises

(Investir au Cameroun) – Au cours du premier trimestre 2025, l’activité a globalement baissé à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), le marché financier unifié des pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) basé à Douala au Cameroun. En effet, selon le bulletin trimestriel de la cote, que vient de publier la Bvmac, les transactions sur ce marché ont régressé en glissement annuel, aussi bien en volume qu’en valeur. Ce qui a eu un impact négatif sur l’indice boursier Bvmac All Share, qui a également décroché.
Dans le détail, apprend-on officiellement, le nombre de transactions a chuté de 82 à 74 entre les premiers trimestres 2024 et 2025, tandis que le volume de titres échangés a drastiquement diminué, passant de 1,5 million à seulement 9 651 titres entre les deux périodes. «Cette contraction s’est également reflétée sur la valeur des échanges, qui s’est repliée de 14,268 milliards à 251millions de FCFA », souligne la Bvmac.
A en croire la société en charge de la gestion du marché financier sous-régional, ce tableau peu reluisant aurait pu davantage s’assombrir, si une certaine attractivité n’avait pas été notée autour des valeurs des entreprises du Cameroun cotées à la Bvmac. En effet, «malgré ce contexte morose, les valeurs Socapalm, Safacam, La Régionale, SEMC et SCG-Ré ont concentré l’essentiel des transactions, tandis que le compartiment obligataire est demeuré totalement inactif», souligne le bulletin trimestriel de la cote.
En d’autres termes, alors que les obligations souveraines des Etats de la Cemac et des institutions financières sous-régionales telles que la Bdeac n’ont fait l’objet d’aucune transaction sur les trois premiers mois de l’année, quatre entreprises installées au Cameroun figurent dans le top cinq des valeurs les plus échangées sur le marché au cours de la période. Il s’agit des producteurs d’huile de palme et de caoutchouc Socapalm et Safacam, entreprises contrôlées par le groupe agro-industriel Luxembourgeois Socfin ; du banquier La Régionale ; et du producteur d’eau minérale SEMC, société majoritairement détenue par le groupe français Castel.
Nouveau règlement général
Les analyses de la Bvmac incitent cependant à penser que l’intérêt manifesté par les investisseurs autour des titres de certaines de ces entreprises en activité au Cameroun et cotées à la Bvmac peut s’expliquer par la chute de leurs cours sur la période. C’est notamment le cas de la Socapalm et de la SEMC, dont la baisse des cours des actions est présentée comme principal catalyseur de la chute de l’indice boursier Bvmac All Share.
«L’indice a enregistré une variation moyenne négative de -6,91% par rapport au (premier trimestre 2024), traduisant ainsi une reprise timide des activités en ce début d’année. Les valeurs Socapalm et SEMC se sont révélées être les catalyseurs majeurs de cette tendance, affichant des replis notables de leurs cours», souligne le bulletin trimestriel de la Bvmac.
En somme, entre janvier et mars 2025, la Bvmac a poursuivi avec l’atonie qui la caractérise depuis des années. Pour dynamiser ce marché financier plutôt moribond depuis sa création, en dépit des avancées enregistrées, les experts du marché préconisent plusieurs réformes. Il s’agit, par exemple, de la digitalisation des opérations, afin de faciliter l’accès au marché au plus grand nombre, y compris les membres de la diaspora ; ou encore du fractionnement des titres, dans l’optique de permettre aux petits investisseurs de profiter des opportunités de la bourse, etc. Certaines de ces réformes souhaitées ont d’ores et déjà été introduites dans le nouveau règlement général du marché, adopté par le régulateur (Cosumaf) le 5 mars 2025, puis par le Conseil d’administration de la Bvmac le 24 avril 2025.
Brice R. Mbodiam
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| 18-04-2025 - Bvmac : nouvelle séance de cotation moribonde avec seulement sept actions Socapalm échangées ce 17 avril 2025 |
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Dette intérieure : SONARA, Camair-Co et CAMTEL concentrent 93 % d’un encours hors SOCADEL

(Investir au Cameroun) – La Sonara, Camair-Co et CAMTEL concentrent 297,3 milliards de FCFA de dette intérieure directe à fin juin 2026, soit 93 % des 319,6 milliards recensés pour les entreprises et établissements publics. Ce ratio, calculé parInvestir au Camerounà partir des données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ne couvre toutefois ni la dette flottante ni celle de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), encore en cours d’évaluation.
L’encours étudié est resté stable par rapport à mai. Il recule néanmoins de 0,8 % sur trois mois et de 8,3 % sur un an. Ces évolutions concernent exclusivement la dette intérieure directement contractée par les entités publiques, hors autres engagements suivis séparément par la CAA.
La SONARA porte près de 60 % de l’encours
Avec 191,3 milliards de FCFA, la Société nationale de raffinage demeure, de loin, l’entité publique la plus endettée sur ce compartiment. Elle porte à elle seule 59,9 % de l’encours total.
La CAA ventile cette dette entre 162,4 milliards de FCFA d’engagements bancaires et 28,8 milliards de dette fournisseur. L’addition des montants arrondis aboutit à 191,2 milliards, soit un écart de 100 millions de FCFA par rapport au total publié, probablement imputable aux arrondis opérés dans le document.
L’encours de la raffinerie a néanmoins diminué de 8,2 milliards de FCFA depuis décembre 2025, lorsqu’il atteignait 199,5 milliards. Ce recul de 4,1 % intervient alors que la SONARA reste engagée dans le processus de financement de sa réhabilitation, après l’incendie qui a interrompu ses activités de raffinage en mai 2019.
Camair-Co arrive en deuxième position avec 62,4 milliards de FCFA, soit 19,5 % de l’encours. Ce montant n’a pas varié depuis décembre 2025. CAMTEL complète le trio avec 43,6 milliards, représentant 13,6 % du total. La dette intérieure de l’opérateur public des télécommunications a reculé de 5,9 milliards en un an, soit 11,9 %, par rapport aux 49,5 milliards enregistrés à fin juin 2025.
Les autres entités publiques ne concentrent ensemble que 22,3 milliards de FCFA, soit 7 % du portefeuille. La Cameroon Development Corporation affiche 9,4 milliards, devant le FEICOM, avec 7,6 milliards, Camwater, avec 5,2 milliards, et le Port autonome de Douala, dont l’encours est ramené à 100 millions de FCFA.
Une dette flottante de 156,5 milliards traitée séparément
Le ratio de 93 % ne tient pas compte de la dette flottante des entreprises et établissements publics. Suivi séparément par la CAA, cet encours atteint 156,5 milliards de FCFA à fin juin 2026, en baisse de 19,5 % sur un an.
La dette fiscalo-douanière en constitue 68,6 %, soit environ 107,4 milliards de FCFA. Elle est suivie de la dette commerciale, qui représente 21,3 %, soit 33,3 milliards. La dette académique pèse environ 13 milliards, ou 8,3 % du total, tandis que la dette sociale est évaluée à 2,8 milliards, soit 1,8 %.
Cette ventilation montre que les obligations des entités publiques ne se limitent pas aux emprunts bancaires et aux fournisseurs comptabilisés dans la dette directe. Elles comprennent également des impôts, droits de douane, cotisations sociales et autres engagements accumulés dans le fonctionnement courant.
Socadel laisse encore la photographie incomplète
La CAA précise que les 319,6 milliards de FCFA n’intègrent pas encore la dette de Socadel, issue de la renationalisation de l’ancien opérateur Eneo. Les travaux d’évaluation de ce passif restent en cours, sur la base d’une estimation provisoire d’environ 800 milliards de FCFA.
Pris isolément, ce montant indicatif représente deux fois et demie l’ensemble de la dette intérieure directe actuellement recensée pour les entreprises et établissements publics. Il ne peut cependant pas être ajouté mécaniquement aux 319,6 milliards, tant que la CAA n’a pas arrêté son périmètre et distingué les engagements bancaires, fournisseurs, fiscaux, sociaux ou éventuellement croisés avec d’autres entités publiques.
Les 93 % concentrés par la Sonara, Camair-Co et CAMTEL décrivent donc fidèlement le portefeuille actuellement publié par la CAA, mais pas encore l’exposition financière complète du secteur public marchand. L’intégration de Socadel pourrait profondément modifier cette hiérarchie.
Amina Malloum
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Pipeline Tchad-Cameroun : le droit de transit rapporte 222,2 milliards de FCFA en six ans

(Investir au Cameroun) – Entre 2020 et 2025, le Trésor public camerounais a encaissé 222,2 milliards de FCFA au titre du droit de transit du pétrole tchadien, selon les données compilées par le ministère des Finances dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029. Rapporté aux six exercices concernés, ce montant représente une moyenne annuelle de 37 milliards de FCFA.
Dépourvu de façade maritime, le Tchad utilise l’oléoduc Tchad-Cameroun pour acheminer son pétrole brut jusqu’au terminal maritime situé au large de Kribi, dans la région du Sud. En contrepartie du passage du brut sur son territoire, le Cameroun perçoit une redevance calculée sur chaque baril transporté.
Une moyenne annuelle multipliée par près de 3,5
Les recettes enregistrées entre 2020 et 2025 traduisent un changement d’échelle par rapport aux premières années d’exploitation de l’oléoduc. Selon le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), le Cameroun avait encaissé 85,5 milliards de FCFA de droits de transit au cours des huit années ayant suivi la mise en service de l’infrastructure, le 3 octobre 2003.
La moyenne annuelle ressortait alors à environ 10,7 milliards de FCFA, contre 37 milliards sur la période 2020-2025. Elle a donc été multipliée par près de 3,5. Sur une période pourtant plus courte de deux ans, les recettes récentes dépassent de 136,7 milliards de FCFA celles des huit premières années.
Cette comparaison ne suffit cependant pas à décrire une progression exponentielle. Le rendement du pipeline dépend à la fois du tarif appliqué à chaque baril, des volumes effectivement transportés et du taux de change entre le dollar et le FCFA. En l’absence d’une ventilation annuelle détaillée des 222,2 milliards de FCFA, la contribution respective de ces différents facteurs ne peut pas être isolée.
Les 200 milliards de 2004-2013 couvrent une assiette plus large
COTCO, l’entreprise chargée de l’exploitation de la portion camerounaise de l’oléoduc, avait indiqué qu’environ 200 milliards de FCFA avaient été reversés au Trésor public entre 2004 et 2013.
Ce montant ne correspondait toutefois pas au seul droit de transit. Il intégrait également l’impôt sur les revenus ainsi que différents droits et taxes acquittés par l’entreprise. Il ne peut donc pas être directement comparé aux 222,2 milliards de FCFA enregistrés entre 2020 et 2025, qui se rapportent exclusivement à la redevance de transit.
La part exacte du droit de transit dans les 200 milliards de FCFA annoncés par COTCO n’avait pas été précisée. La comparaison la plus homogène reste ainsi celle établie avec les 85,5 milliards encaissés pendant les huit premières années d’exploitation.
Une nouvelle revalorisation attendue depuis octobre 2023
La progression des recettes a notamment été soutenue par la revalorisation du tarif de transit. Initialement fixé à 0,41 dollar par baril lors de la mise en service de l’oléoduc, celui-ci a été relevé en 2013, puis en 2018, pour atteindre 1,321 dollar par baril.
Selon le mécanisme convenu entre les parties, une nouvelle révision devait intervenir à compter du 1er octobre 2023. Aucune nouvelle valeur n’a cependant été rendue publique à ce jour.
Le pipeline continue, en attendant, d’alimenter les recettes publiques. À fin mai 2026, le Cameroun avait déjà encaissé 15,1 milliards de FCFA de droits de transit, selon le CPSP. Ce résultat ne permet pas encore de préjuger du montant qui sera enregistré sur l’ensemble de l’exercice, mais confirme le poids de cette infrastructure dans les revenus tirés par le Cameroun du transit du brut tchadien.
BRM
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