Actualités locales
Eric Tataw inculpé pour soutien à des violences au Cameroun
Eric Tataw Tano, militant séparatiste notoire, a été inculpé aux États-Unis d’Amérique pour des atrocités commises dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, touchées par la crise.
L’acte d’accusation a été rendu public le 25 avril 2025 par le biais d’une communication du bureau du procureur des États-Unis pour le district du Maryland.
Le communiqué, qui identifie Tataw comme étant âgé de 38 ans et résidant à Gaithersburg, dans le Maryland, aux États-Unis, indique qu’il est accusé d’avoir fourni un soutien matériel à un complot visant à assassiner, mutiler et enlever des personnes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Le communiqué de presse précise que l’acte d’accusation a été établi par un grand jury fédéral. La note identifie Tataw, connu pour ses interventions régulières en ligne au plus fort de la crise, sous le nom de « Garri Master ».
Le communiqué identifie les responsables ayant travaillé sur le dossier, notamment : l’agent spécial en charge, Michael McCarthy ; Enquêtes sur la sécurité intérieure du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE HSI) Maryland ; Kelly O. Hayes ; Procureur du district du Maryland, Matthew R. Galeotti ; Chef de la division criminelle du ministère de la Justice, Sue J. Bai, et Chef de la division de la sécurité nationale du ministère de la Justice.
Dans la note, le communiqué cite des documents judiciaires décrivant la crise dans les régions anglophones et le recours à la force par ceux qui soutiennent l’État virtuel d’Ambazonie, pour attaquer « intentionnellement » des civils et des militaires.
Le communiqué de presse précise que : «Tataw et ses complices ont orchestré et soutenu financièrement un plan machiavélique visant à renverser un gouvernement étranger. Ils ont recouru à un niveau de violence inimaginable, tout en instillant la peur chez des victimes innocentes pour faire avancer leurs objectifs politiques.»
Le communiqué cite la procureure fédérale du district du Maryland, Kelly Hayes, qui a déclaré : « Nous, ainsi que nos partenaires chargés de l’application de la loi, sommes déterminés à poursuivre sans relâche quiconque tente de semer le chaos. Tataw et ses complices ont fait preuve d’un mépris total pour la vie humaine ; ils doivent donc désormais en payer le prix. »
Matthew Galeotti, chef de la division criminelle du ministère de la Justice, précise la note, a observé que Tataw était impliqué dans de nombreuses atrocités commises dans les deux régions anglophones.
«L’accusé est accusé d’avoir ordonné des actes de violence horribles, notamment des mutilations, contre des civils camerounais, en soutien à un mouvement sécessionniste violent», cite Galeotti dans le communiqué, avant d’indiquer que l’inculpation de Tataw «représente l’engagement du ministère de la Justice à traduire en justice les auteurs de violations des droits humains, qui dirigent des violences politiques brutales et collectent des fonds pour des milices armées, depuis le confort des États-Unis d’Amérique.»
Sue J. Bai, cheffe de la division de la sécurité nationale du ministère de la Justice et membre de l’équipe chargée du dossier Tataw, a réaffirmé sa détermination à ne pas utiliser les États-Unis comme terre d’accueil pour fomenter des violences politiques.
« Le ministère de la Justice ne tolérera pas ceux qui contribuent aux meurtres, mutilations et enlèvements. Nous continuerons de demander des comptes à ceux qui cherchent à transformer le sol américain en un terrain fertile pour la violence politique à l’étranger », a déclaré Mme Bai, citée dans le communiqué de vendredi.
… Dans le même document, les responsables américains détaillent que Tataw a inventé des concepts tels que « ordonner la mutilation de civils camerounais en leur coupant les membres, une pratique qu’il appelle « Garriing ».
Il a également utilisé l’expression « petit Garri » pour désigner le fait de couper des doigts ou d’autres petits appendices, et l’expression « grand Garri » pour désigner le fait de couper des membres ou de tuer des personnes.» Ils ajoutent que la référence de Tataw à lui-même comme « Maître Garri » signifie « Maître de la mutilation ».
Les agents de sécurité américains ont noté que Tataw collaborait avec d’autres pour acheter des armes et du matériel destinés aux combattants d’Amba, que ces derniers ont utilisés pour commettre des atrocités dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Attaque contre des employés de la CDC, des maires et des chefs traditionnels
Outre la Cameroon Development Corporation (CDC), le communiqué du bureau du procureur du district du Maryland indique que Tataw a également ciblé des chefs traditionnels et des autorités municipales.
Le document allègue également que : «Tataw a personnellement publié des centaines de publications sur Facebook, YouTube et Twitter, appelant à des attaques contre des civils camerounais, cherchant à collecter des fonds pour les combattants armés d’Amba et menaçant ceux qu’il considérait comme coopérant avec le gouvernement camerounais.»
«Ces publications sur les réseaux sociaux ont été régulièrement consultées par des dizaines de milliers de personnes, y compris des combattants d’Amba et leurs chefs, et ont souvent été diffusées par des tiers, agissant prétendument sur les instructions ou avec les encouragements de Tataw», ajoute le document.
Plus de 63 millions de FCFA collectés en deux ans
Une autre révélation contenue dans le document d’accusation de Tataw indique qu’entre septembre 2018 et décembre 2020, il a collecté plus de 63 millions de FCFA (110 000 dollars américains).
L’argent, selon le document d’accusation, était destiné à «fournir aux Amba Boys des armes à feu, des munitions, des explosifs et d’autres équipements pour faire respecter les consignes de confinement ou de « ville morte » et mener des attaques violentes».
Il est également indiqué qu’il participait à une « campagne de collecte de fonds, connue sous le nom de « Campagne nationale AK » », dont l’objectif était « d’équiper chaque Amba Boy du Cameroun d’un fusil AK-47 ».
Le communiqué a également révélé qu’une partie de l’argent avait été envoyée au Cameroun par divers moyens, notamment par le biais d’intermédiaires.
La note conceptuelle de son acte d’accusation indique également que Tataw communiquait fréquemment avec les chefs de gangs armés opérant dans les deux régions en proie à des troubles.
À d’autres moments, la communication indiquait qu’il s’attribuait la responsabilité « des meurtres, enlèvements et mutilations de civils commis par les Amba Boys en lien avec la cause des séparatistes ».
Peine de prison potentielle
Le communiqué concernant Tataw précisait que, pour le chef d’accusation de soutien matériel, il risquait une peine de 15 ans de prison s’il était reconnu coupable. Concernant les menaces de « blesser ou d’enlever », la note précisait que chaque chef d’accusation était passible d’une peine maximale de cinq ans de prison.
Eric Tataw explique pourquoi il a rejoint la lutte anglophone
Il convient de rappeler qu’en 2019, Eric Tataw avait déclaré au Guardian Post avoir rejoint la lutte après avoir dormi sans cesse la nuit, rêvant de son meilleur ami, un certain Elvis Kesi, qui, selon lui, avait été tué par l’armée et dont le corps n’avait jamais été retrouvé.
Il avait également avoué avoir rêvé à plusieurs reprises de plusieurs de ses proches, tués par l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Il a déclaré que ses rêves étaient si intenses qu’ils lui perturbaient l’esprit et l’empêchaient de juger ses publications sur les réseaux sociaux concernant la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Il a ajouté que les vidéos de soldats tuant des innocents et incendiant des villages dans les deux régions anglophones du pays l’avaient non seulement profondément traumatisé, mais l’avaient également poussé à faire des déclarations sur les réseaux sociaux, ce qu’il n’aurait pas fait en temps normal.
Tataw a également déclaré qu’au cours de la période où il multipliait ses publications sur les réseaux sociaux concernant le conflit armé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il traversait une « longue période d’hallucinations ».
Interrogé récemment sur les raisons de l’interruption de ses publications sur les réseaux sociaux concernant le conflit armé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Eric Tataw a déclaré au Guardian Post qu’après une thérapie sérieuse et des prières en ligne, il s’était repris et avait commencé à militer pour la rentrée scolaire et pour que les travailleurs puissent aller travailler sans être dérangés.
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Actualités locales
la campagne contre la rougeole reportée alors que l’épidémie gagne 120 districts

La grande campagne nationale de suivi contre la rougeole-rubéole, prévue du 16 au 20 septembre 2026, n’a pas eu lieu à la rentrée. Elle est décalée au 14-18 octobre 2026 sur tout le territoire pour répondre à une épidémie ayant déjà fait au moins 18 morts.
Le report de la campagne est officiel. L’annonce des ministres de la Santé publique Manaouda Malachie et de l’Éducation de base Laurent Serge Etoundi Ngoa est contenue dans un communiqué conjoint. En cause, des contraintes opérationnelles et une épidémie qui explose avec 9 568 cas et 18 décès dans 120 districts de santé. Comme raisons justifiant le report, les deux ministres parlent de « contraintes opérationnelles ».
Dans le jargon de la santé publique, cela peut signifier qu’il y a un besoin en logistique massive. Il faut prépositionner des millions de doses de vaccin Rougeole-Rubéole avec chaîne de froid garantie dans 120 districts en épidémie active. Les stocks sont confirmés disponibles, mais leur déploiement sécurisé prend du temps. Cela renvoie aussi à la qualité de la riposte. Les premières mesures de riposte depuis janvier ont permis « une amélioration progressive dans plusieurs zones ». Pour transformer cet essai en coup d’arrêt définitif, le gouvernement veut une campagne à 100 % de couverture, pas une campagne précipitée.
Dans le registre des raisons, le report invite à ne pas saboter la rentrée. Organiser une campagne nationale et une rentrée scolaire les mêmes jours (16-20 sept.) aurait surchargé les centres de santé et créé une confusion totale pour les parents. Le report permet de dissocier les deux opérations.
Décidé par les membres du gouvernement, ce glissement n’est donc pas un abandon, c’est un choix stratégique pour frapper plus fort en octobre. La mesure ne doit pas faire oublier la gravité de la situation. Depuis plus de huit mois, l’épidémie est en cours au pays. Plus de la moitié des districts de santé est touchée. La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses au monde. Un seul enfant malade peut en contaminer 18. Elle tue par ses complications : pneumonies, encéphalites, cécité. Et la rentrée scolaire, avec des milliers d’enfants entassés en classe, est le premier accélérateur de propagation. La situation nécessite ainsi une réponse nationale.
Pour cette opération, les ministres imposent un protocole. Pour les parents et tuteurs, avant tout enrôlement, vérifier la complétude du calendrier vaccinal. La 2ᵉ dose du vaccin Rougeole-Rubéole, est administrée à partir de 15 mois. Sans elle, l’enfant n’est pas protégé et est contagieux. Pour les écoles maternelles, les directrices doivent vérifier le carnet de tout enfant s’inscrivant pour la première fois. Elles ont eu l’instruction de refuser les premières inscriptions sans preuve de vaccination. Les écoles, quant à elles, doivent vérifier le statut vaccinal de tous les enfants et orienter les cas présentant une situation vaccinale partielle vers la formation sanitaire la plus proche pour rattrapage.
Pour lever toute hésitation, les ministres rassurent sur des stocks de vaccin rougeole-rubéole en quantité suffisante dans toutes les formations sanitaires. La prise en charge se fait à 100 % par le gouvernement via le Programme élargi de vaccination (PEV). Ainsi, « Contre la rougeole, vaccinons nos enfants et protégeons-les ! » C’est du 14 au 18 octobre prochains dans les 10 régions.
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Issa Tchiroma Bakary réaffirme son soutien à Me Alice Nkom après sa condamnation pour bris de scellés
Issa Tchiroma Bakary a réaffirmé son soutien à Me Alice Nkom, condamnée lundi par le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. L’avocate a été reconnue coupable de bris de scellés au siège du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC).
Deux jours après sa condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis pendant cinq ans dans l’affaire de bris de scellés au siège du REDHAC, affaire qui l’oppose à l’État du Cameroun, Me Alice Nkom a reçu le soutien d’Issa Tchiroma Bakry.
L’opposant exilé en Gambie a réitéré son soutien entier à sa porte-parole. « Soutien renouvelé à Me Alice Nkom, chantre et figure majeure de l’action citoyenne pour les droits humains, notamment une véritable démocratie et les libertés publiques », a écrit Issa Tchiroma.
Le candidat malheureux à la présidentielle du 12 octobre 2025 a salué l’engagement de l’avocate aux côtés du REDHAC et de nombreuses autres organisations de la société civile en faveur des causes nobles et fondamentales au Cameroun, en Afrique et dans le monde.
Par ailleurs, le tribunal a également condamné Alice Nkom à payer 500 000 FCFA d’amende et 62 100 FCFA de dépens. En raison de son âge, elle échappe à la contrainte par corps. Ce verdict vient mettre un terme à l’affaire dite de bris de scellés qui a longtemps fait l’objet d’un bras de fer entre l’État camerounais et la militante des droits humains.
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l’OMP veut transformer les élections en « référendum pour ou contre le RDPC »

Alors que les partis politiques autant sérieux que des accompagnateurs préparent les prochaines échéances électorales en vue de remporter des sièges dans des assemblées, l’Organisation des mouvements patriotique signe pour la descente aux enfers du parti au pouvoir. L’OMP entend matérialiser la rupture inscrite dans son projet de société.
Les prochaines consultations électorales au Cameroun « ne seront pas de simples élections locales. »Ce sera un référendum pour ou contre le RDPC. » Déclare Léon Theiller Onana, président de l’Organisation du mouvement patriotique. À quatre mois des législatives et municipales de début 2027, l’OMP change la donne. Pour le parti, le double scrutin de début 2027 sera un jugement sur le bilan des élus et surtout des chefs des exécutifs communaux appartenant au régime. Chaque député et chaque maire sortant, souvent aux mêmes postes depuis des années, devra rendre des comptes. Et c’est sur ce bilan que les Camerounais devront voter. Députés et maires devront ainsi ‘’répondre de leurs résultats.’’
Le constat qui justifie cet appel est simple. Partout dans le pays, des récriminations se font entendre. Des populations indécises ou déçues expriment leur désir de connaitre le changement. Les motifs sont les mêmes : promesses non tenues, manque d’eau potable, mauvais état des routes, manque d’électricité, chômage des jeunes, favoritisme, corruption et autres scandales financiers, détournements, système de santé inefficace, crises sécuritaires multiples, insécurité urbaine… « Aux électeurs désormais de regarder les bilans, de comparer les alternatives et de faire entendre clairement leur choix dans les urnes ». Insiste le président de l’OMP, transfuge du Rdpc.
Pour le parti de Léon Theiller Onana, il ne s’agit plus de voter pour un parti, mais de sanctionner ou non 43 ans de gestion du Rdpc commune par commune, circonscription par circonscription. Le but ultime étant de mettre en œuvre l’alternative pour améliorer la situation économique et sociale du Cameroun avec 3600 projets communaux, la refondation de l’école ou encore l’Aide médicale souveraine.
Mais juger ne suffit pas, il faut comparer. Et c’est là que l’OMP propose son projet. « J’invite les Camerounais à interroger, comparer et examiner sérieusement les projets politiques proposés. Celui de l’OMP est public et accessible à tous’’, lance le président du parti.
Rupture au plan économique
Ce projet propose entre autres une rupture économique maîtrisée. À cet effet, le parti dresse un diagnostic implacable qui explique selon lui la colère sur le terrain : crise économique marquée par la dépendance aux exportations de matières premières ; faiblesse de transformation locale ; prédominance du secteur informel ; déséquilibres territoriaux ; une croissance peu inclusive. Un pays qui vend brut son coton, son cacao, son bois, et rachète cher ce qu’il aurait pu transformer. Un pays où Yaoundé et Douala écrasent tout. En réponse, l’OMP présente une rupture fondée sur la souveraineté productive, la justice territoriale et la dignité sociale.
Plus concrètement, le parti prépare 10 projets de transformation locale par commune. Plus de modèle unique dicté depuis Yaoundé. On produit ou on cultive. 10 missions législatives obligatoires pour chaque département : chaque futur député OMP aura un contrat : industrialisation, souveraineté alimentaire, emploi jeune. Fini les mandats sans bilan.
Décoloniser le système éducatif
« Système éducatif largement hérité de modèles exogènes conçu pour administrer. » L’OMP estime que l’école actuelle forme des chômeurs diplômés à l’heure de l’explosion démographique, du chômage massif des jeunes, de la transition technologique et de l’urgence climatique. Le parti propose une refondation complète de la maternelle à l’université, déconnectée de la « soumission impérialiste », pour former des producteurs, des inventeurs, des agriculteurs modernes, pas seulement des bureaucrates.
La santé comme premier pilier de la dignité : l’AMS
C’est l’une des réformes les plus ambitieuses qu’annonce le parti. « L’OMP considère la santé comme premier pilier de la dignité humaine, de la cohésion nationale et du développement économique. » D’après la formation politique, aujourd’hui on paie avant d’être soigné, les médecins s’exilent, on importe tout, même le paracétamol. Elle propose l’Aide médicale souveraine (AMS), un système obligatoire, universel, solidaire, décentralisé et numérisé, un système pensé pour les réalités du Cameroun en 2026 et au-delà, qui met fin au paiement direct qui tue les pauvres.
En repositionnant les municipales et législatives comme un référendum, l’OMP force chaque électeur à se poser de bonnes questions avant de voter.
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