Actualités locales
La coopération sino-française assure le développement à grandes enjambées du secteur nucléaire chinois (REPORTAGE)

BEIJING, 29 avril (Xinhua) — « La Centrale nucléaire de Taishan, qualifiée de ‘premier projet EPR au monde’ et construite conjointement par la Chine et la France, est devenue un modèle de référence pour les centrales nucléaires de troisième génération », a déclaré récemment Yang Changli, qui occupe la présidence tournante de l’Association chinoise de l’énergie nucléaire, lors du Forum international sur le développement durable de l’énergie nucléaire.
Située dans le bourg de Chixi de la province chinoise du Guangdong (sud), la Centrale nucléaire de Taishan comprend deux réacteurs d’une capacité unitaire de 1,75 GW. Ce projet, fruit d’une collaboration entre China General Nuclear Power Group (CGN), EDF et Guangdong Energy Group, constitue le plus grand partenariat sino-français dans le domaine énergétique.
Selon le groupe CGN, à la fin de l’année dernière, la production cumulée d’électricité de la Centrale nucléaire de Taishan avait atteint 106,9 milliards de kWh, soit l’équivalent d’une réduction de 32,14 millions de tonnes de consommation standard de charbon et de 88,09 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone.
Le réacteur n°1 a été mis en chantier en 2009, suivi du réacteur n°2 en 2010, faisant d’eux respectivement les troisième et quatrième réacteurs EPR (de troisième génération) construits dans le monde. Le 9 janvier 2018, cette centrale nucléaire est entrée dans l’histoire lorsque son premier réacteur est devenu le tout premier EPR opérationnel au monde.
« Le premier investissement étranger dans une centrale nucléaire chinoise, c’est celui d’EDF à Taishan, et nous en sommes très fiers », confie Jean-Philippe Lamarcade, président du Partenariat France Chine électricité. « Aujourd’hui, plus d’une centaine d’entreprises françaises entretiennent des relations commerciales avec la Chine dans le domaine du nucléaire, et ces coopérations ont encore un fort potentiel de développement », ajoute-t-il.
Liu Guoqiang, porte-parole de Taishan Nuclear Power Joint Venture Co., Ltd., coentreprise entre CGN et EDF, souligne que la France est le premier pays occidental à avoir établi une coopération dans le nucléaire civil avec la Chine, et que cette collaboration demeure un pilier des échanges économiques et technologiques entre les deux nations.
D’après CGN, la construction des réacteurs n°3 et n°4 vient d’être approuvée dimanche. Ces unités utiliseront la technologie nucléaire chinoise de troisième génération, Hualong One.
Selon le Livre bleu 2025 sur le développement de l’énergie nucléaire en Chine, publié dimanche, le pays comptait 57 réacteurs commerciaux en service fin 2024, pour une capacité totale de 59,76 GW (troisième rang mondial). En 2024, le taux d’utilisation des équipements nucléaires a atteint 7.797 heures, et la production annuelle d’électricité nucléaire s’est élevée à 444,7 TWh (deuxième rang mondial), représentant 4,72% de la production électrique nationale, avec une réduction estimée des émissions de CO2 d’environ 334 millions de tonnes.
Dans un message vidéo diffusé lors du forum, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, souligne que la Chine est désormais le deuxième plus grand producteur mondial d’énergie nucléaire, possédant le plus grand nombre de réacteurs en construction. Le nucléaire, selon lui, constitue une voie essentielle pour atteindre les objectifs chinois de pic des émissions de CO2 d’ici 2030 et de neutralité carbone avant 2060.
Dans ce contexte d’accélération vers la neutralité carbone, EDF entend mettre à profit son expertise unique. Avec une électricité parmi les moins carbonées au monde (<30g CO2/kWh), le groupe français vise à apporter son double savoir-faire dans les nouvelles centrales nucléaires et les parcs renouvelables avec stockage intelligent – une synergie clé pour accompagner la transition énergétique chinoise.
Cette coopération s’étend désormais à des domaines plus vastes. Beijing a récemment accueilli, au Centre national des congrès, la cérémonie de dévoilement de la plaque commémorative du Parc industriel des énergies et équipements propres Chine-France (Taishan), dans le cadre du 16e Salon international de l’industrie nucléaire de Chine.
M. Lamarcade exprime sa confiance dans le développement de ce pôle industriel, précisant que le groupe EDF mobilisera l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement afin de fédérer les acteurs clés des deux pays autour de ce projet emblématique.
Chen Anming, secrétaire du Comité du PCC pour la ville de Jiangmen, déclare pour sa part que la coopération nucléaire sino-française a évolué d’un simple « transfert de technologie » vers une véritable « innovation conjointe ». S’appuyant sur ce partenariat nucléaire historique, le parc industriel entend devenir une référence en matière de coopération économique et technologique entre la Chine et l’Europe.
« De la construction conjointe de la Centrale nucléaire de Daya Bay à la mise en service du premier réacteur EPR au monde – la Centrale de Taishan -, en passant par le partage d’expériences en matière de construction et d’exploitation avec des unités similaires à l’étranger, sans oublier la coopération approfondie dans les domaines des talents, des technologies et de l’innovation, la collaboration sino-française dans le nucléaire ne cesse de s’élargir, de se diversifier et de s’enrichir », conclut M. Liu. Fin

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Actualités locales
Dette intérieure : SONARA, Camair-Co et CAMTEL concentrent 93 % d’un encours hors SOCADEL

(Investir au Cameroun) – La Sonara, Camair-Co et CAMTEL concentrent 297,3 milliards de FCFA de dette intérieure directe à fin juin 2026, soit 93 % des 319,6 milliards recensés pour les entreprises et établissements publics. Ce ratio, calculé parInvestir au Camerounà partir des données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ne couvre toutefois ni la dette flottante ni celle de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), encore en cours d’évaluation.
L’encours étudié est resté stable par rapport à mai. Il recule néanmoins de 0,8 % sur trois mois et de 8,3 % sur un an. Ces évolutions concernent exclusivement la dette intérieure directement contractée par les entités publiques, hors autres engagements suivis séparément par la CAA.
La SONARA porte près de 60 % de l’encours
Avec 191,3 milliards de FCFA, la Société nationale de raffinage demeure, de loin, l’entité publique la plus endettée sur ce compartiment. Elle porte à elle seule 59,9 % de l’encours total.
La CAA ventile cette dette entre 162,4 milliards de FCFA d’engagements bancaires et 28,8 milliards de dette fournisseur. L’addition des montants arrondis aboutit à 191,2 milliards, soit un écart de 100 millions de FCFA par rapport au total publié, probablement imputable aux arrondis opérés dans le document.
L’encours de la raffinerie a néanmoins diminué de 8,2 milliards de FCFA depuis décembre 2025, lorsqu’il atteignait 199,5 milliards. Ce recul de 4,1 % intervient alors que la SONARA reste engagée dans le processus de financement de sa réhabilitation, après l’incendie qui a interrompu ses activités de raffinage en mai 2019.
Camair-Co arrive en deuxième position avec 62,4 milliards de FCFA, soit 19,5 % de l’encours. Ce montant n’a pas varié depuis décembre 2025. CAMTEL complète le trio avec 43,6 milliards, représentant 13,6 % du total. La dette intérieure de l’opérateur public des télécommunications a reculé de 5,9 milliards en un an, soit 11,9 %, par rapport aux 49,5 milliards enregistrés à fin juin 2025.
Les autres entités publiques ne concentrent ensemble que 22,3 milliards de FCFA, soit 7 % du portefeuille. La Cameroon Development Corporation affiche 9,4 milliards, devant le FEICOM, avec 7,6 milliards, Camwater, avec 5,2 milliards, et le Port autonome de Douala, dont l’encours est ramené à 100 millions de FCFA.
Une dette flottante de 156,5 milliards traitée séparément
Le ratio de 93 % ne tient pas compte de la dette flottante des entreprises et établissements publics. Suivi séparément par la CAA, cet encours atteint 156,5 milliards de FCFA à fin juin 2026, en baisse de 19,5 % sur un an.
La dette fiscalo-douanière en constitue 68,6 %, soit environ 107,4 milliards de FCFA. Elle est suivie de la dette commerciale, qui représente 21,3 %, soit 33,3 milliards. La dette académique pèse environ 13 milliards, ou 8,3 % du total, tandis que la dette sociale est évaluée à 2,8 milliards, soit 1,8 %.
Cette ventilation montre que les obligations des entités publiques ne se limitent pas aux emprunts bancaires et aux fournisseurs comptabilisés dans la dette directe. Elles comprennent également des impôts, droits de douane, cotisations sociales et autres engagements accumulés dans le fonctionnement courant.
Socadel laisse encore la photographie incomplète
La CAA précise que les 319,6 milliards de FCFA n’intègrent pas encore la dette de Socadel, issue de la renationalisation de l’ancien opérateur Eneo. Les travaux d’évaluation de ce passif restent en cours, sur la base d’une estimation provisoire d’environ 800 milliards de FCFA.
Pris isolément, ce montant indicatif représente deux fois et demie l’ensemble de la dette intérieure directe actuellement recensée pour les entreprises et établissements publics. Il ne peut cependant pas être ajouté mécaniquement aux 319,6 milliards, tant que la CAA n’a pas arrêté son périmètre et distingué les engagements bancaires, fournisseurs, fiscaux, sociaux ou éventuellement croisés avec d’autres entités publiques.
Les 93 % concentrés par la Sonara, Camair-Co et CAMTEL décrivent donc fidèlement le portefeuille actuellement publié par la CAA, mais pas encore l’exposition financière complète du secteur public marchand. L’intégration de Socadel pourrait profondément modifier cette hiérarchie.
Amina Malloum
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Pipeline Tchad-Cameroun : le droit de transit rapporte 222,2 milliards de FCFA en six ans

(Investir au Cameroun) – Entre 2020 et 2025, le Trésor public camerounais a encaissé 222,2 milliards de FCFA au titre du droit de transit du pétrole tchadien, selon les données compilées par le ministère des Finances dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029. Rapporté aux six exercices concernés, ce montant représente une moyenne annuelle de 37 milliards de FCFA.
Dépourvu de façade maritime, le Tchad utilise l’oléoduc Tchad-Cameroun pour acheminer son pétrole brut jusqu’au terminal maritime situé au large de Kribi, dans la région du Sud. En contrepartie du passage du brut sur son territoire, le Cameroun perçoit une redevance calculée sur chaque baril transporté.
Une moyenne annuelle multipliée par près de 3,5
Les recettes enregistrées entre 2020 et 2025 traduisent un changement d’échelle par rapport aux premières années d’exploitation de l’oléoduc. Selon le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), le Cameroun avait encaissé 85,5 milliards de FCFA de droits de transit au cours des huit années ayant suivi la mise en service de l’infrastructure, le 3 octobre 2003.
La moyenne annuelle ressortait alors à environ 10,7 milliards de FCFA, contre 37 milliards sur la période 2020-2025. Elle a donc été multipliée par près de 3,5. Sur une période pourtant plus courte de deux ans, les recettes récentes dépassent de 136,7 milliards de FCFA celles des huit premières années.
Cette comparaison ne suffit cependant pas à décrire une progression exponentielle. Le rendement du pipeline dépend à la fois du tarif appliqué à chaque baril, des volumes effectivement transportés et du taux de change entre le dollar et le FCFA. En l’absence d’une ventilation annuelle détaillée des 222,2 milliards de FCFA, la contribution respective de ces différents facteurs ne peut pas être isolée.
Les 200 milliards de 2004-2013 couvrent une assiette plus large
COTCO, l’entreprise chargée de l’exploitation de la portion camerounaise de l’oléoduc, avait indiqué qu’environ 200 milliards de FCFA avaient été reversés au Trésor public entre 2004 et 2013.
Ce montant ne correspondait toutefois pas au seul droit de transit. Il intégrait également l’impôt sur les revenus ainsi que différents droits et taxes acquittés par l’entreprise. Il ne peut donc pas être directement comparé aux 222,2 milliards de FCFA enregistrés entre 2020 et 2025, qui se rapportent exclusivement à la redevance de transit.
La part exacte du droit de transit dans les 200 milliards de FCFA annoncés par COTCO n’avait pas été précisée. La comparaison la plus homogène reste ainsi celle établie avec les 85,5 milliards encaissés pendant les huit premières années d’exploitation.
Une nouvelle revalorisation attendue depuis octobre 2023
La progression des recettes a notamment été soutenue par la revalorisation du tarif de transit. Initialement fixé à 0,41 dollar par baril lors de la mise en service de l’oléoduc, celui-ci a été relevé en 2013, puis en 2018, pour atteindre 1,321 dollar par baril.
Selon le mécanisme convenu entre les parties, une nouvelle révision devait intervenir à compter du 1er octobre 2023. Aucune nouvelle valeur n’a cependant été rendue publique à ce jour.
Le pipeline continue, en attendant, d’alimenter les recettes publiques. À fin mai 2026, le Cameroun avait déjà encaissé 15,1 milliards de FCFA de droits de transit, selon le CPSP. Ce résultat ne permet pas encore de préjuger du montant qui sera enregistré sur l’ensemble de l’exercice, mais confirme le poids de cette infrastructure dans les revenus tirés par le Cameroun du transit du brut tchadien.
BRM
Lire aussi:
15-06-2026 – Pipeline Tchad-Cameroun : plus de 15 milliards de FCFA de droits de transit encaissés par le Cameroun à fin mai 2026
25-06-2026 – COTCO : l’ancien ministre tchadien Mahamat Assouyouti prend la présidence du conseil d’administration
20-01-2014 – Le pipeline Tchad-Cameroun a généré 200 milliards de FCfa au Trésor public camerounais en 10 ans
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