Actualités locales
Kemi Seba défend Traoré et met en garde l’Occident

À la veille d’une grande manifestation de soutien au président Ibrahim Traoré, Kemi Seba, militant panafricain et anti-impérialiste engagé, a publié une déclaration véhémente soutenant le dirigeant burkinabè, mettant en garde les puissances occidentales contre toute tentative de saper son gouvernement.
Mardi, dans une publication passionnée sur Facebook, Seba, fondateur du mouvement Urgences Panafricanistes, a également décrit Traoré comme le symbole d’une génération montante de dirigeants africains réfractaires à l’influence étrangère.
« Que l’élite occidentale comprenne une fois pour toutes : quiconque attaque l’un d’entre nous attaque tous les autres », a écrit Seba. « Quiconque souhaite du mal à notre frère Ibrahim Traoré devra d’abord nous passer sous son nez. »
Cette déclaration intervient alors que les citoyens de Ouagadougou et d’autres villes burkinabè s’apprêtent à descendre dans la rue en signe de solidarité avec Traoré, dont la présidence est devenue un pôle d’attraction du sentiment anti-impérialiste en Afrique de l’Ouest.
L’avertissement de Seba ajoute une nouvelle dimension à la résistance régionale croissante contre ce que beaucoup perçoivent comme une ingérence néocoloniale continue, notamment de la part de la France et des États-Unis.
« Notre génération est unie », a déclaré Seba. « Personne ne pourra nuire à l’un d’entre nous sans déclencher des réactions sans fin. »
Un symbole de souveraineté
Depuis sa prise de pouvoir par un coup d’État en 2022, le capitaine Ibrahim Traoré défend un programme privilégiant la souveraineté, distanciant le Burkina Faso des anciennes puissances coloniales et se rapprochant davantage des autres gouvernements militaires sahéliens.
Son refus de céder aux pressions diplomatiques occidentales et sa rupture des liens militaires avec la France ont fait de lui une figure polarisante sur la scène internationale, mais aussi une figure célébrée dans les milieux nationalistes et panafricanistes.
Le soutien de Kemi Seba, qui critique depuis longtemps l’influence française dans ses anciennes colonies africaines, s’inscrit dans un alignement idéologique plus large. Seba a notamment réinterprété la devise révolutionnaire du Burkina Faso en déclarant :
« Le dicton burkinabè “La Patrie ou la mort, nous vaincrons” est désormais un credo africain : “Libérez l’Afrique ou la mort, nous vaincrons.” »
Surveillance internationale et popularité nationale
Le moment choisi pour la déclaration de Kemi Seba est significatif. Elle fait suite aux récents propos du général Michael Langley, commandant de l’AFRICOM américain, qui a accusé Traoré de détourner des ressources aurifères pour financer des initiatives de sécurité privées.
Ces propos, perçus par de nombreux Africains comme emblématiques de l’arrogance néocoloniale, ont suscité l’indignation et des réactions de défi dans toute la région.
« Les propos de Langley reflètent une mentalité tenace selon laquelle l’Afrique doit être supervisée et corrigée par des puissances extérieures », a déclaré Kingsley Sheteh, expert camerounais en économie politique internationale, plus tôt ce mois-ci. « De tels discours continuent de porter atteinte au principe d’égalité souveraine. »
Entre-temps, le gouvernement de Traoré a rejeté ces accusations, les qualifiant de continuation des tactiques impérialistes visant à délégitimer le leadership africain. La politologue Émilienne Bih, de Yaoundé, a ajouté :
« Les nations africaines revendiquent une forme de souveraineté qui rejette les anciens modèles clientélistes. Les puissances extérieures doivent désormais choisir entre un véritable partenariat ou une insignifiance croissante.»
Un changement régional
La manifestation prévue mercredi ne concerne pas uniquement Traoré ; elle signale une transformation plus large de la culture politique ouest-africaine. Aux côtés du Mali et du Niger, le Burkina Faso a formé l’Alliance des États du Sahel. Il s’agit d’un bloc qui recherche la défense mutuelle et la coopération économique, largement indépendant de l’influence occidentale.
La mobilisation populaire croissante et le renforcement idéologique de personnalités comme Seba suggèrent que ces mouvements ne sont pas des phénomènes isolés, mais s’inscrivent dans une évolution coordonnée de la conscience politique africaine.
« L’Afrique n’est plus le théâtre passif d’une compétition mondiale », a déclaré Sheteh. « C’est un acteur actif qui exige un nouveau débat sur le pouvoir, le respect et le développement futur. »
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Actualités locales
BVMAC : la SFI envisage de couvrir jusqu’à 53 % de l’emprunt de 13 milliards d’Alios Finance Cameroun

(Investir au Cameroun) – La Société financière internationale (SFI) envisage de souscrire jusqu’à 12 millions de dollars, soit environ 6,9 milliards de FCFA, à l’emprunt obligataire de 13 milliards de FCFA lancé par Alios Finance Cameroun sur le marché financier de la Cemac. Si elle est approuvée, cette participation permettrait à l’établissement spécialisé dans le crédit-bail de sécuriser près de 53 % du montant recherché.
L’investissement reste toutefois soumis à l’approbation du conseil d’administration de la SFI, filiale du Groupe de la Banque mondiale chargée du financement du secteur privé. La tranche sur laquelle l’institution pourrait se positionner n’a pas non plus été précisée.
Ces informations figurent dans le document de l’opération présenté le 29 juillet 2026 à Douala aux investisseurs potentiels. Les souscriptions, ouvertes jusqu’au 7 août, portent sur 1,3 million d’obligations d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune.
Seulement 6,1 milliards resteraient à placer
En cas de validation, la participation de la SFI réduirait à environ 6,1 milliards de FCFA le montant restant à placer auprès des autres investisseurs. Au-delà de son poids financier, l’arrivée de cette institution multilatérale pourrait jouer un rôle d’investisseur d’ancrage et renforcer l’attractivité de l’opération.
Cette éventuelle souscription ne constitue cependant ni une garantie de remboursement ni une couverture des risques supportés par les autres détenteurs d’obligations. Elle traduirait plutôt la volonté de la SFI de soutenir les financements en monnaie locale et le développement du marché régional des capitaux.
Selon Ange Claver Kouassi, responsable pays principal de la SFI pour le Cameroun et la République centrafricaine, le modèle d’Alios Finance constitue une solution alternative au crédit bancaire classique. Le crédit-bail permet notamment aux entreprises de financer des équipements productifs en adaptant les remboursements à leur cycle d’activité.
Dans un environnement où les PME éprouvent des difficultés à obtenir des financements de moyen et long termes, l’institution entend également contribuer à la mobilisation de ressources en FCFA au bénéfice du secteur privé.
Des coupons relevés par rapport à 2025
L’emprunt est structuré en deux tranches. La première, d’une maturité de trois ans, offre un coupon annuel brut de 6,60 %. La seconde, remboursable sur cinq ans, est rémunérée à 7,20 % brut par an.
Ces taux sont supérieurs à ceux proposés lors de l’opération de 2025. Alios Finance offrait alors 6 % sur trois ans et 7 % sur cinq ans. Le relèvement atteint ainsi 60 points de base sur la première tranche et 20 points de base sur la seconde. Il renchérit le coût de la ressource pour l’émetteur, mais vise aussi à rendre les titres plus attractifs pour les investisseurs.
Ernest Pouhe, directeur général d’Attijari Securities Central Africa, chef de file des arrangeurs, estime que le marché régional dispose désormais de la capacité nécessaire pour mobiliser des montants importants au profit d’émetteurs privés de référence.
Un objectif annuel pouvant atteindre 22 milliards de FCFA
Alios Finance revient sur le marché obligataire un an après avoir mobilisé 9,002 milliards de FCFA sur les 10 milliards initialement recherchés, soit un taux de réalisation d’environ 90 %.
La participation envisagée de la SFI pourrait donc aider l’établissement à atteindre intégralement son nouvel objectif, contrairement à l’émission précédente. Le succès définitif de l’opération dépendra néanmoins de l’approbation de l’investissement par la SFI et de la demande exprimée par les autres souscripteurs avant la clôture.
Selon le directeur général d’Alios Finance Cameroun, Olivier Baman, cette émission s’inscrit dans une stratégie visant à mobiliser entre 15 et 22 milliards de FCFA de ressources nouvelles chaque année, afin de soutenir une croissance annuelle de l’activité de l’ordre de 10 %.
Les fonds levés serviront à financer l’acquisition d’engins et d’équipements par les entreprises clientes d’Alios Finance, principalement dans le commerce, l’industrie et le bâtiment et travaux publics.
Frédéric Nonos
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27-07-2026 – BVMAC : Alios Finance sollicite 13 milliards de FCFA pour renforcer ses capacités de financement
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Finance islamique : Afriland et la SID préparent une ligne de financement de 32,8 milliards de FCFA pour les PME

(Investir au Cameroun) – Afriland First Bank et la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID, ou ICD en anglais) préparent une ligne de financement islamique de 50 millions d’euros, soit 32,8 milliards de FCFA, destinée aux PME et à d’autres entreprises privées camerounaises. L’opération reste cependant au stade de la structuration et ne constitue pas encore un financement définitivement acquis.
Les deux institutions ont signé une déclaration d’intention à Bakou, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement, organisées du 16 au 19 juin 2026. Dans un communiqué publié le 25 juin, la SID présente l’opération comme une ligne de financement « proposée » de 50 millions d’euros.
La conversion en FCFA repose sur la parité fixe de 655,957 FCFA pour un euro. Les 50 millions d’euros correspondent ainsi précisément à 32,797 milliards de FCFA, arrondis à 32,8 milliards.
Une enveloppe encore à structurer
La déclaration d’intention ouvre la voie aux travaux de structuration, mais ne garantit pas encore la mise à disposition des ressources. La SID indique qu’elle conduira et soutiendra l’arrangement ainsi que la mobilisation des capitaux nécessaires au financement des activités d’Afriland.
Ni Afriland ni la SID ne précisent, à ce stade, la part qui sera apportée directement par l’institution multilatérale, l’identité d’éventuels cofinanceurs, la maturité de la ligne, son coût ou le calendrier prévisionnel des décaissements. Les critères détaillés de sélection des entreprises bénéficiaires n’ont pas davantage été publiés.
Cette réserve est d’autant plus importante que les deux institutions n’ont pas signé une convention définitive de financement. Au cours des mêmes Assemblées annuelles, la SID a, par exemple, conclu avec AFG Bank Cameroon un « final term sheet » pour une ligne islamique de 20 millions d’euros. Le document signé avec Afriland, qualifié d’« expression of intent », situe l’opération à une étape plus préliminaire.
Cinq secteurs ciblés
Selon Afriland First Bank, les ressources attendues seront rétrocédées aux entreprises à travers des financements conformes aux principes de la charia. Les projets éligibles devraient principalement concerner l’agriculture, l’agro-industrie, la santé, l’industrie manufacturière et les transports.
La banque présente cette opération comme un moyen d’accroître les ressources disponibles pour les investissements productifs et de diversifier les instruments de financement proposés aux PME.
« Le fait qu’Afriland First Bank figure parmi les institutions retenues pour conclure des accords avec l’ICD constitue une marque de confiance et de reconnaissance internationale de notre modèle de finance islamique », a déclaré Hervé Ayissi, directeur général adjoint de la banque.
La portée économique de l’opération dépendra néanmoins des conditions finalement accordées aux entreprises : durée des crédits, coût des ressources, garanties exigées et rythme de décaissement. Ces paramètres détermineront notamment si la ligne permettra réellement d’améliorer l’accès des PME aux financements de moyen et long termes.
Près de 2 % de l’encours de crédits d’Afriland
Rapportée arithmétiquement aux activités d’Afriland, l’enveloppe envisagée représente environ 2 % de son encours de crédits. Selon les chiffres communiqués par la banque, celui-ci atteignait 1 667 milliards de FCFA au 31 décembre 2025. Les dépôts de la clientèle ressortaient à 1 950 milliards, pour un total de bilan de 2 550 milliards de FCFA.
Afriland affirme également avoir mobilisé plus de 1 200 milliards de FCFA au profit des entreprises privées en 2025. Ces données, reprises par la presse économique, restent toutefois des chiffres communiqués par l’établissement et non des données prudentielles détaillées publiées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale.
La nouvelle opération prolonge une coopération déjà ancienne avec la SID. Afriland chiffre à 63 millions d’euros le montant cumulé de quatre précédentes lignes de financement. La banque ne fournit cependant pas le détail des montants individuels, des décaissements et des pays bénéficiaires.
À titre de repère, la SID avait annoncé en avril 2018 une ligne de 45 millions d’euros en faveur d’Afriland First Group. Cette opération concernait plusieurs marchés africains et ne peut donc pas être entièrement rattachée aux activités camerounaises de la banque.
La transformation de la nouvelle déclaration d’intention en convention définitive constituerait la prochaine étape décisive. Elle permettra de connaître le volume effectivement mobilisé, les conditions financières de la ligne et le calendrier de mise à disposition des ressources aux entreprises.
Mercy Fosoh
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