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Interconnexion électrique Cameroun-Tchad : début des travaux après le paiement de 5,4 milliards de FCFA d’indemnisations

(Investir au Cameroun) – Depuis le 12 mars 2025, les entreprises recrutées dans le cadre du Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (Pirect) ont effectivement démarré les travaux sur le terrain, apprend-on de l’équipe chargée de la coordination du projet. Il s’agit notamment des entreprises mobilisées dans le cadre de la composante 1 du Pirect, qui consiste à interconnecter le Réseau interconnecté Sud (RIS), qui couvre les sept régions méridionales du Cameroun, au Réseau interconnecté Nord (RIN), couvrant les trois régions septentrionales du pays.
Pour l’heure, informe l’équipe de coordination du Pirect, les travaux portent« sur les abattages, les excavations, la vérification et la confection du béton de convenance et le début des fondations ». Ils aboutiront, à terme, à la construction d’une ligne de transport d’énergie double circuit de 225 KV sur un linéaire de 524 Km, entre Nachtigal (barrage hydroélectrique de 420 MW de capacités installées, Ndlr), dans la région du Centre, et Wouro Soua, dans l’Adamaoua ; ainsi qu’à la construction de quatre postes de transformation d’énergie dans les localités de Ntui, Tibati, Yoko et Wouro Soua.
Le démarrage de ces travaux sur le terrain est consécutif à la libération des emprises du projet par les riverains impactés, après le paiement effectif des indemnisations d’un montant de 5,4 milliards de FCFA, sur une enveloppe d’environ 6,5 milliards de FCFA provisionnée pour ces opérations. Il reste donc un peu plus d’un milliard de FCFA à distribuer aux personnes impactées qui n’ont pas encore pu recevoir leurs chèques pour diverses raisons : omissions des noms sur les listes, refus de prendre le chèque pour motif de sous-évaluation des biens, absence de CNI ou de jugement d’hérédité pour des cas de succession, absence lors de la distribution des chèques, non émission des chèques, etc.
«Pour certains cas, les paiements se sont poursuivis dans les locaux de la coordination du projet à Yaoundé, après la présentation par les concernés des documents requis. Mais, nous n’avons pas encore fait le point de ces autres paiements. D’ici la fin du mois d’avril 2025, une équipe du Pirect redescendra dans le département de la Vina, où un nombre important de cas de contentieux a été recensé, afin de finaliser les indemnisations», souffle un cadre du Pirect. En effet, pour certaines raisons mentionnées plus haut, seulement 48% des personnes impactées par le projet dans la Vina ont été effectivement indemnisées.
Après la composante 1 en cours d’exécution, la composante 2 du Pirect au Cameroun intègre la construction d’une ligne de transport double circuit de 225 KV sur un linéaire de 250 Km, entre Wouro Soua (Adamaoua) et Garoua 2 (Nord) ; ainsi qu’une ligne de transport simple circuit de 225 KV sur environ 196 Km, entre Maroua, Kousseri et la frontière Cameroun-Tchad (Extrême-Nord). Il est également prévu la construction de plusieurs postes de transformation de l’énergie sur ces différents tracés. La finalisation du Pirect, aussi bien du côté camerounais que du côté tchadien, va permettre au Cameroun de fournir 100 MW d’électricité à ce pays voisin dès l’année 2027, selon les prévisions officielles.
BRM
Lire aussi:
15-10-2024 - Interconnexion électrique Cameroun-Tchad : environ 6,5 milliards de FCFA pour indemniser les riverains impactés |
| 31-07-2024 - Interconnexion électrique Cameroun-Tchad : un accord de prêt de 80,5 milliards FCFA signé avec la BID |
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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – A fin juin 2026, l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État camerounais puis rétrocédés à 11 entreprises et établissements publics s’établit à 845,2 milliards de FCFA, soit 2,4 % du PIB. Selon la dernière Conjoncture mensuelle de la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ces financements couvrent 43 projets, principalement dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.
Cet encours recule de 3,7 % sur un an et de 2,9 % par rapport à fin mai 2026. Il augmente toutefois de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4 %, comparativement aux 825 milliards enregistrés à fin mars 2026.
CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % de l’encours
La dette rétrocédée demeure fortement concentrée. CAMTEL affiche le premier encours, avec 230,4 milliards de FCFA, notamment au titre des projets de déploiement du réseau national à haut débit et d’extension du backbone national. L’entreprise publique de télécommunications représente ainsi 27,3 % du portefeuille.
CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA, correspondant principalement à des programmes d’adduction d’eau potable, de réhabilitation des installations et d’extension des réseaux dans plusieurs villes. Sa part atteint 23,1 %.
Ensemble, CAMTEL et CAMWATER concentrent 425,3 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours total, selon les calculs effectués à partir des données de la CAA.
La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA, notamment pour la remise à niveau du réseau de transport d’électricité. Elle est suivie par Electricity Development Corporation (EDC), qui affiche 112,1 milliards de FCFA liés, entre autres, au barrage de Lom Pangar et aux programmes de développement hydroélectrique sur la Sanaga.
Ces quatre opérateurs cumulent 672,3 milliards de FCFA, soit 79,5 % de l’ensemble de la dette rétrocédée. Des encours plus modestes sont portés par la Sodecoton, avec 27,4 milliards de FCFA, CAMPOST, avec 17,1 milliards, et la Société immobilière du Cameroun, avec 16,8 milliards.
Un passif de l’État distinct de la dette directe des entreprises
La rétrocession permet à une entreprise publique de bénéficier des conditions de financement négociées par l’État auprès d’un bailleur extérieur. Le gouvernement contracte le prêt en son nom, puis transfère les ressources à l’entité chargée de réaliser le projet, dans le cadre d’une convention de rétrocession.
Cette catégorie doit être distinguée de la dette directement contractée par les entreprises et établissements publics auprès de banques, de fournisseurs ou d’autres créanciers. Dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA restent intégrés à la dette extérieure de l’administration centrale, puisque l’État demeure l’emprunteur vis-à-vis des bailleurs.
Les engagements cumulés correspondant aux 43 projets atteignent 1 574 milliards de FCFA. L’encours représente ainsi 53,7 % de cette enveloppe. Ce ratio ne peut toutefois pas être interprété comme la part exacte restant à rembourser sur des financements qui auraient tous été décaissés.
Les engagements peuvent intégrer des ressources non encore tirées. Par ailleurs, plusieurs prêts sont libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux. Leur contre-valeur en FCFA peut donc évoluer sous l’effet des variations de change, indépendamment des remboursements effectués.
La baisse annuelle ne mesure pas uniquement les remboursements
L’encours a diminué de 32,8 milliards de FCFA par rapport à juin 2025, lorsqu’il atteignait environ 878 milliards. Cette contraction ne permet cependant pas d’affirmer que les bénéficiaires ont remboursé un montant équivalent au cours de la période.
L’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements, des nouveaux décaissements et des variations de change. La hausse de 20,2 milliards de FCFA observée entre mars et juin 2026, malgré la baisse enregistrée sur un an, illustre ces mouvements.
Une partie des prêts remonte par ailleurs à plusieurs années. Certaines conventions bénéficiant à CAMTEL ont été signées en 2007, 2009, 2012 et 2015, tandis que plusieurs financements de CAMWATER datent de la période 2007-2018. La persistance de ces encours traduit la longue maturité des prêts mobilisés pour les infrastructures publiques.
La publication de la CAA ne précise toutefois pas, pour chaque bénéficiaire, les remboursements effectués au premier semestre 2026, les éventuels arriérés envers l’État ou les sommes que le Trésor aurait dû prendre en charge à leur place. L’encours de 845,2 milliards de FCFA mesure donc le volume des financements encore comptabilisés, mais ne suffit pas, à lui seul, à évaluer la qualité du remboursement de chaque entreprise publique.
Amina Malloum
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