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Le Cameroun enregistre un recul de l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation

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Le Cameroun enregistre un recul de l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation
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Par Henri Kouam, Directeur exécutif Institut camerounais de politique économique (CEPI)

Introduction

Les pays considérés comme « économiquement libres » ont tendance à obtenir de meilleurs résultats et à attirer des investissements qui leur permettent de se développer beaucoup plus rapidement. Ces pays disposent également d’un plus grand bassin d’entrepreneurs, car il y est plus facile, plus rapide et plus efficace de gérer une entreprise. La Fondation Heritage publie chaque année un indice de liberté économique, qui établit une corrélation positive entre liberté économique et progrès.

L’Indice de liberté économique de la Fondation Heritage fournit une évaluation complète de l’environnement économique des pays, basée sur quatre piliers : l’État de droit, la taille de l’État, l’efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Cet article analyse la performance du Cameroun dans l’indice sur la base de ces quatre indices. Globalement, le Cameroun a perdu 1,5 point pour atteindre 52,1 points en 2025, contre 75 pour Maurice, le pays africain le mieux classé.

  1. État de Droit: cet indice comprend les droits de propriété, les droits judiciaires et l’intégrité du gouvernement. Avec 31 points, les droits de propriété au Cameroun sont entravés par la faiblesse des mécanismes d’application, la corruption et un système juridique complexe qui sape la confiance des investisseurs et des entrepreneurs. Il est important de noter que les droits de propriété sont essentiels à une économie florissante. Maurice est classée avec 86,4 points. L’efficacité du système judiciaire est entravée par les retards, la corruption et le manque d’indépendance. Le Cameroun a obtenu 10 points tandis que l’ île Maurice a obtenu 81 points. La corruption est néfaste pour la croissance économique et le classement de l’intégrité du gouvernement du Cameroun s’établit à 20,7 points contre 53,2 points à Maurice.
  • Taille du gouvernement : Au Cameroun, les impôts sont nombreux et peuvent entraver la liberté économique. Cependant, le régime fiscal actuel exclut tout impôt pour les nouvelles entreprises pendant une période de 3 ans et pour les investisseurs locaux et internationaux pendant 10 ans. Compte tenu des besoins de développement du Cameroun, aucun scénario ne permet de croire qu’un impôt inférieur à 25 % stimulera un développement durable et inclusif. Le Cameroun se classe à 72,9 points contre 89,8 % pour l’île Maurice. Cependant, l’île Maurice compte 1,3 million d’habitants contre 30 millions pour le Cameroun. Par conséquent, les impôts ne devraient être abaissés à 25 % que lorsque plus de 70 % de la population sera employée dans le secteur privé, car le faible impôt sur les sociétés sera remplacé par un impôt sur les plus-values. Des recherches antérieures sur le CEPI montrent que les dépenses publiques peuvent évincer la consommation privée et nous partageons donc l’avis de la Heritage Foundation sur ce point. Le Cameroun se classe à 91,2 points contre 81 points pour l’île Maurice. La dette du Cameroun est en baisse, mais le risque de surendettement persiste, d’où la nécessité d’investissements stimulant la productivité et d’objectifs quantifiables en matière d’infrastructures et de développement du capital humain.
  • Efficacité réglementaire :La lourdeur des réglementations et les obstacles bureaucratiques freinent l’entrepreneuriat, et la lourdeur de la réglementation rend difficile la création et l’exploitation d’une entreprise. La réglementation du marché du travail au Cameroun s’améliore très lentement, alors que le Cameroun fait partie d’un bloc, de sorte que sa politique monétaire ne peut être indépendante. Si nous convenons que l’autonomie monétaire confère certains avantages, la politique monétaire est indépendante du contrôle politique, ce qui lui confère une certaine légitimité. En ce qui concerne l’environnement des affaires, la liberté du travail et la liberté monétaire, le Cameroun se classe respectivement à 48,8, 46,5 et 73,7, contre 82,9, 69,3 et 62,4 pour Maurice.
  • Ouverture du marché: Les barrières commerciales du Cameroun affectent son score de liberté commerciale, mais il est important de noter que les barrières non tarifaires telles que l’étiquetage, l’emballage, les limites de produits chimiques et de traces protègent toutes la santé des consommateurs.

Il est important de rendre la conformité moins coûteuse et accessible aux exportateurs, et non de supprimer ces mesures. La réglementation camerounaise sur les jus importés, par exemple, est similaire à celle de pays comme le Japon, l’Égypte et la Corée du Sud. La réglementation camerounaise sur les changes devrait être clarifiée et limiter les obstacles bureaucratiques et les délais d’attente afin de stimuler l’investissement. Le secteur financier devrait être rendu plus inclusif grâce à une application permettant aux utilisateurs d’acheter et de vendre des actions numériquement sans tiers, et une plus grande transparence des institutions financières améliorera le flux de crédit aux entreprises. En matière de commerce, d’investissement et de liberté financière, le Cameroun est classé 57,2, 30 et 50, contre 87,4, 70 et 70 pour Maurice respectivement.

L’Institut camerounais de politique économique (CEPI) reconnaît qu’il faut redoubler d’efforts pour garantir l’indépendance économique du Cameroun. Cependant, les récentes réformes visant à stimuler la croissance et le développement du secteur privé pourraient avoir un impact positif sur son classement dans les années à venir. Le CEPI propose trois réformes urgentes :

  • Numérisation :Personne ne devrait avoir à se rendre dans un bureau public pour un service autre que les procédures KYC. Particuliers et entreprises devraient pouvoir déclarer et payer leurs impôts en ligne en toute simplicité. En cas de changement d’emploi, payer ses impôts au Cameroun peut s’avérer compliqué ; des améliorations sont donc nécessaires.
  • Impôts :Les impôts obligatoires devraient être réduits pour les nouvelles entreprises. Bien qu’exonérées d’impôt sur les sociétés, elles devraient bénéficier d’un taux réduit. Après tout, chacun devrait contribuer au ramassage des déchets et à l’éclairage public. La collecte des impôts locaux devrait être numérisée.
  • Faire respecter les droits de propriété :Les droits de propriété doivent être respectés, et des avis juridiques et un mécanisme de plainte doivent être mis en place pour garantir que les droits des femmes, en particulier, ne soient pas menacés. Le droit coutumier doit être clairement relégué au second plan et les délais d’attente doivent être réduits afin d’assurer une plus grande efficacité et une baisse des coûts pour les entreprises.
  • Accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) :Le Cameroun doit faciliter la conformité des entreprises aux normes locales et internationales. Par exemple, l’utilisation des données de l’Observatoire africain du commerce permettra aux entreprises de mieux connaître les exigences d’exportation de tous les produits destinés aux pays africains. Toutes les exigences de santé et de sécurité pour les produits frais et les produits animaux qui protègent la santé des consommateurs doivent être respectées, mais les entrepreneurs doivent d’abord être informés de ces processus afin de réduire les coûts de conformité. La CEPI appelle les décideurs politiques à élaborer un plan d’action et à communiquer régulièrement sur la mise en œuvre de la ZLECA.

En conclusion, la performance du Cameroun dans l’Indice de liberté économique met en évidence des défis importants pour la plupart des indicateurs. Remédier à ces problèmes par des réformes qui renforcent l’État de droit, réduisent l’intervention de l’État, améliorent l’efficacité réglementaire et favorisent l’ouverture des marchés est essentiel pour favoriser une croissance économique durable et améliorer le bien-être de ses citoyens. Il est important de noter que certaines réformes ont été mises en place pour alléger le fardeau des nouveaux entrepreneurs, mais les décideurs politiques doivent numériser les services publics et accélérer la mise en œuvre du libre-échange.

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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique

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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique
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Moins d’un mois après sa création, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) a adopté ses premières mesures structurantes. Budget de 630 milliards de FCFA, réforme de la gouvernance, recherche de nouveaux financements et actions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement : le conseil d’administration entend remettre l’entreprise sur des bases plus solides tout en assurant la continuité du service public.

La nouvelle direction de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) affiche ses priorités. Réuni le 28 mai 2026 à Yaoundé sous la présidence d’Antoine Ntsimi, son premier conseil d’administration a adopté une série de mesures destinées à engager le redressement de l’entreprise avec l’appui des pouvoirs publics.Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, le conseil d’administration présente une feuille de route articulée autour de la réforme de l’entreprise, de son assainissement financier et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.

Pour accompagner cette transformation, les administrateurs ont adopté un budget de 630 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Selon le communiqué, 375 milliards de FCFA seront consacrés aux achats et au transport d’énergie ainsi qu’à l’approvisionnement en combustible, tandis que 74,6 milliards de FCFA seront affectés aux investissements. Le conseil précise également que ce budget permettra « d’apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».

Dans la même dynamique, le conseil a donné mandat au directeur général d’engager, sous la supervision du président du conseil d’administration, des négociations avec les bailleurs de fonds du secteur. L’objectif est de mobiliser de nouvelles ressources destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la trésorerie et au financement des investissements prioritaires.

Un redressement rendu nécessaire par des déséquilibres persistants

Cette offensive intervient alors que Socadel hérite d’un secteur confronté, depuis plusieurs années, à d’importantes tensions financières. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’ancien concessionnaire faisait face à un déficit structurel de trésorerie. Dans son analyse du secteur, l’institution indique qu’Eneo encaissait environ 31 milliards de FCFA par mois pour des obligations de service public dont le coût atteignait près de 44 milliards de FCFA. Le FMI estime ainsi que le retour à l’équilibre du secteur nécessiterait la mobilisation d’au moins 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois.

Cette situation résulterait notamment d’un important déséquilibre entre les recettes de l’entreprise et ses charges, mais également des difficultés de recouvrement de certaines créances. Le FMI rappelle qu’à fin 2024, les arriérés de l’État envers Eneo représentaient plus de 2,1 % du PIB, soit environ 700 milliards de FCFA. Selon l’institution, cette situation contribuait à détériorer davantage la trésorerie de l’entreprise.Cette lecture est toutefois contestée par le rapport « Compact Energy Pays » du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Selon ce document, l’ex-Eneo affichait plutôt un endettement global de 800 milliards de FCFA à la même période, dont 500 milliards de FCFA de dettes envers ses fournisseurs, pour environ 80 milliards de FCFA de créances.

Ces divergences d’appréciation illustrent la complexité des difficultés financières accumulées par l’opérateur au fil des années.Au-delà de ces débats, le recouvrement des consommations publiques demeure l’un des principaux points de fragilité du secteur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, le directeur général d’Eneo de l’époque, Amine Homman Ludiye, indiquait que l’entreprise émettait chaque mois près de 7 milliards de FCFA de factures à destination des administrations et autres entités publiques. Les encaissements enregistrés au cours des deux premiers mois de cette année-là ne s’élevaient cependant qu’à 1,5 milliard de FCFA en janvier et 1,8 milliard de FCFA en février.

À ces difficultés s’ajoutent les pertes liées aux branchements clandestins et aux manipulations de compteurs. Selon des données recueillies auprès de l’ex-Eneo et de sources au ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces pratiques occasionneraient plus de 60 milliards de FCFA de pertes chaque année, réduisant davantage les marges de manœuvre financières du secteur.

Assurer la continuité du service malgré les contraintes

Face à cet héritage complexe, le conseil d’administration de Socadel affirme vouloir faire de la continuité du service sa priorité immédiate. « Forte du soutien des pouvoirs publics, Socadel entend poursuivre son action auprès des usagers, des employés, des fournisseurs, des bailleurs de fonds et de l’ensemble de ses partenaires afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité, tout en contribuant à la stabilité du secteur, conformément aux directives gouvernementales et en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État », indique le communiqué.

Au-delà des mesures de gestion courante, ce premier conseil d’administration marque le lancement opérationnel de la nouvelle organisation du secteur électrique camerounais. La disparition d’Eneo, le retour de l’État au cœur du dispositif et la mise en place d’une nouvelle gouvernance traduisent la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur dont les difficultés financières pèsent depuis plusieurs années sur la qualité du service et la capacité d’investissement.

Le défi de Socadel sera désormais de transformer cette feuille de route en résultats concrets. Entre restructuration financière, restauration de la confiance des partenaires, mobilisation de nouveaux financements et amélioration de l’approvisionnement des ménages comme des industriels, la nouvelle entreprise publique devra démontrer sa capacité à rétablir durablement les équilibres d’un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.

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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.

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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.
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En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Société nationale des mines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.

Le 1er juin 2026, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat) était en visite de travail dans la région de l’Est Cameroun. Le membre du gouvernement a tenu une concertation avec les opérateurs du secteur minier.

Prenant la parole au nom des opérateurs miniers lors de cette concertation, Ousmanou Aladji Hamadou, président national du Syndicat des promoteurs des bureaux d’achats de diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam) a dressé un état des lieux sans concessions, dénonçant ce qu’il qualifie de deux poids deux mesures dans la gestion du secteur aurifère national.

Entre autres dénonciations, le président national du Synaprobadiocam, un « comportement anticoncurrentiel » de la Société nationale des mines (Sonamines). « C’est la Sonamines elle-même qui délivre ou refuse de délivrer les agréments de commercialisation aux bureaux d’achat privés, tout en étant leur concurrente directe sur le marché » s’est indigné le président national du Synaprobadiocam.

En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Sonamines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.

Le Synaprobadiocam dénonce aussi le coût prohibitif des droits de sortie qui s’élève entre 300 000 FCFA et 500 000 FCFA par kg d’or, auxquels s’ajoutent les obligations fiscales, les prélèvements au titre du Programme de sécurisation des recettes des mines, et une Taxe sur la valeur ajoutée à 0 % appliquée à l’énergie autant de charges qui pèsent sur les opérateurs légaux et rendent leur compétitivité quasi nulle face aux pays voisins.

Afin de sortir définitivement de cette situation, les syndicalistes ont fait quelques propositions en direction non seulement du gouvernement mais aussi de la Sonamines. D’abord, le Synaprobadiocam propose de cantonner la Sonamines à ses missions d’exploitation et lui retirer toute prérogative de régulation.

Il demande de saisir le ministre de la Justice pour instruire les procureurs sur la répression de l’exploitation illégale et de saisir le ministre de la Défense pour que les militaires présents sur les sites conditionnent leur protection à la régularité des titres miniers des exploitants. Enfin, le Synaprobadiocam propose la création des guichets uniques dans les aéroports pour simplifier les procédures d’exportation et l’allègement de l’ensemble de la fiscalité douanière pesant sur les opérateurs en règle.

«Le Minat a effectivement eu une concertation avec ces opérateurs pendant son séjour, pendant que nous étions dans les localités» indique une source de la Sonamines.

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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises

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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises
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Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.

Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.

Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.

Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.

Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.

LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE

Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.

« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.

Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».

Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».

S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».

Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.

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