La lueur d’espoir n’est que partielle à Idabato, dans le Sud-Ouest camerounais. Alors que le sous-préfet Félix Roland Ewane, enlevé le 1ᵉʳ octobre 2023, vient de retrouver la liberté après six longs mois de captivité, son compagnon d’infortune, le 2ᵉ adjoint au maire de la localité, reste entre les mains de ses ravisseurs.
Tous deux avaient été kidnappés dans cette zone frontalière du Nigeria, réputée pour les activités de groupes pirates opérant depuis les marécages. Si le sous-préfet du département du Ndian a pu regagner son foyer, les autorités restent muettes sur les conditions de sa libération. Le ministère de l’Administration territoriale (Minat) tente de rassurer : « Des démarches identiques sont en cours pour son adjoint », promet-il dans un communiqué officiel.
Une libération en demi-teinte
Mardi, le ministre Paul Atanga Nji a reçu en audience Félix Roland Ewane, à qui il a transmis « les encouragements du président Paul Biya ». Une rencontre symbolique, mais qui ne masque pas l’urgence : l’élu local, lui, subit toujours les affres de la détention.
Dans cette région anglophone en proie à des tensions sécuritaires récurrentes, l’affaire rappelle la vulnérabilité des autorités locales. Les questions persistent : qui détient l’adjoint au maire ? Quelles négociations secrètes sont menées ? Pour l’heure, le Minat botte en touche, se contentant d’évoquer des « efforts en cours ». Un silence qui inquiète les familles, suspendues au sort de leur proche.















