Une lettre officielle adressée au procureur général met en cause Samuel Eto’o et la gestion « opaque » de subventions destinées aux championnats professionnels.
Joseph Feuteu, président du club Djiko FC de Bandjoun, et Alphonse Fometeu Loue, secrétaire général de l’Aigle Royal du Moungou, viennent de franchir un pas lourd de sens. Dans un courrier adressé au procureur général, ils accusent ouvertement Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, de détournement de deniers publics. Les faits reprochés ? Une gestion trouble de subventions étatiques censées financer les championnats Elite One et Elite Two.
Tout commence le 16 janvier 2025 : le ministre d’État, secrétaire général de la présidence, annonce une subvention exceptionnelle de910 millions de FCFAà la Fecafoot pour organiser la saison 2024-2025. Quatre jours plus tard, la fédération confirme par communiqué la réception des fonds et invite les clubs à récupérer leurs parts… sur le papier seulement. Car selon les plaignants,« aucun club n’a touché le moindre centime ». Pire : les 350 millions prévus pour la location des stades n’ont« jamais été versés »à l’ONIES, l’organisme gestionnaire. Résultat ? Les clubs doivent payer de leur poche pour jouer, alors que la Fecafoot a bel et bien encaissé l’argent.
« Subventions régulières depuis 2021, mais zéro transparence »
Les griefs ne s’arrêtent pas là. Les clubs affirment que la Fecafoot et son président bénéficient de virements réguliers liés à cette subvention« depuis 2021 », sans jamais justifier leur utilisation.« Où est passé l’argent ? Pourquoi les stades ne sont-ils pas payés ?», interrogent-ils, exigeant que le ministère des Finances fournisse les preuves des transferts.
Dans leur plainte, ils pointent une« gestion calamiteuse et opaque »et invoquent l’article 184 du Code pénal ainsi que la loi anti-corruption de 2011.« Les agissements d’Eto’o correspondent clairement à un détournement de fonds publics », martèlent-ils, joignant quatre pièces justificatives (communiqués, preuves de non-versement…).
Eto’o dans la tourmente, la Fecafoot sous pression
Cette plainte relance les questions sur la gouvernance d’Eto’o, déjà critiqué pour ses méthodes. Les clubs demandent une enquête immédiate :« Il est urgent de savoir comment cet argent a été utilisé, et pourquoi ceux qui devraient en bénéficier sont ignorés. »
Entre non-versements, opacité et soupçons de malversations, le dossier s’annonce explosif. La balle est désormais dans le camp de la justice. Les clubs, eux, attendent des actes – et surtout, des comptes.















