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Discours haineux : les patrons de presse disent STOP

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Discours haineux : les patrons de presse disent STOP
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Face aux discours haineux, la presse doit se ressaisir, l’État doit prendre ses responsabilités

En facilitant la propagation des discours haineux, les journalistes trahissent leurs codes d’éthique. En restant laxiste face aux entrepreneurs de la haine, les pouvoirs publics font le lit d’un possible déchirement de la cohésion nationale.

À qui profite le crime (car le tribalisme en est un !) ? La question se pose avec gravité, depuis que prolifèrent sur la toile et à la télévision une surenchère de discours tribalistes, stigmatisants et haineux. Désormais, c’est de manière totalement décomplexée et parfaitement docte que des compatriotes organisent des forums sur les réseaux sociaux et des débats télévisés pour conforter et enrichir leur haine, juger et condamner telle ou telle ethnie, coupable des agissements supposés ou réels de certains de ses membres.

Pourquoi est-ce un crime de tribaliser le débat politique et social ? C’est évident. Parce qu’en cultivant le rejet de l’autre et la méfiance vis-à-vis des non-membres du groupe, en les présentant comme des dangers imminents, en prêchant la haine de l’autre, que ce soit ouvertement ou à force de sous-entendus, ces discours menacent gravement la cohésion sociale de notre nation encore fragile.

Pourtant, comme l’indique la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la FIJ, « Le/la journaliste veillera à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés et fera son possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, etc. » Autant dire que certains journalistes camerounais piétinent allègrement les règles de base de leur métier.

Selon l’UNESCO, le discours de haine est défini comme « tout type de communication, orale ou écrite ou de comportement, constituant une atteinte ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire, à l’égard d’une personne ou d’un groupe, en raison de leur identité ». Or que voyons-nous à la télévision camerounaise ? Que lisons-nous sur les réseaux sociaux ? Une prolifération de discours et de sous-entendus qui cultivent la haine de l’autre. Une surenchère de poncifs tout aussi nauséabonds les uns que les autres.

Quelle gloire professionnelle peut revendiquer le journaliste ou le panéliste qui alimente les rancœurs à coups de stéréotypes ? Quelle ambition veut atteindre l’homme politique qui montre de la complaisance face à la prolifération des discours haineux et/ou de l’intolérance dans ses rangs ?

Certes, le contexte préélectoral est propice à la constitution de camps idéologiques et de chapelles partisanes. Mais la polarisation actuelle ne se fait plus sur les programmes et les idées, elle se fait à tort sur les origines ethniques.

Parmi ces gladiateurs des claviers et des petits écrans, les plus modérés appellent à la solidarité tribale en faveur des politiciens de leurs contrées (chose clairement interdite par la loi), tandis que les plus radicaux appellent purement et simplement à l’extermination d’autres groupes ethniques (une dérive sévèrement punie par la loi). Il est curieux de constater que le ton monte sans conséquence, les tribalistes invétérés en rajoutant à chaque fois une couche, assurés de leur impunité.

Il semble donc de plus en plus certain qu’au-delà de l’éducation, le terreau fertile de ces discours clivants et de ces appels au meurtre, c’est l’impunité. Pourtant, la loi prévoit des poursuites et des peines d’emprisonnement contre « celui qui, par quelque moyen que ce soit, tient des discours de haine ou procède aux incitations à la violence contre des personnes en raison de leur appartenance tribale ou ethnique ». La liberté d’expression ne peut pas être la liberté de propager la haine.

L’article 241-1 du Code pénal camerounais prévoit des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et des amendes de 300 000 à 3 000 000 FCFA pour de tels actes. Pire encore, lorsque l’auteur est un fonctionnaire, un responsable politique ou un journaliste, ces peines sont doublées et les circonstances atténuantes interdites.

Le plus écœurant est de constater que ces discours haineux émanent souvent d’intellectuels et de leaders d’opinion que l’on croyait au-dessus de ces basses considérations. Il y a quelques années, un écrivain Camerounais vivant à l’étranger appelait au meurtre d’une communauté, et nous avons tous détourné le regard, par pudeur et peut-être même par honte. Hier toujours, des Camerounais ont été pourchassés de certaines régions du pays, leurs biens pillés, impunément. Aujourd’hui, on entend journalistes et universitaires aboyer ouvertement leur rage contre d’autres communautés, toujours impunément. Et désormais, les appels au meurtre se multiplient.

Le plus glaçant, c’est le flegme des pouvoirs publics face à cette dérive qui menace la cohésion sociale et, par extension, la paix et la stabilité du pays. Bien des États, parfois voisins du nôtre, ont sombré dans le chaos sous l’effet combiné des discours haineux et du laxisme des autorités. Pourtant, l’État camerounais ne manque pas d’instruments pour endiguer cette vague délétère qui se propage à travers les médias et les réseaux sociaux. Outre les dispositions du Code pénal révisé, on peut citer les lois en vigueur contre la cybercriminalité, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), la Commission Nationale pour le Bilinguisme et le Multiculturalisme, ainsi que le Conseil National de la Communication (CNC). Chacune de ces institutions a un rôle à jouer dans la lutte contre les discours de haine. Encore faut-il que ces mécanismes soient mobilisés avec rigueur et efficacité, et non laissés à l’état d’outils dormants face à un péril grandissant.

Les hommes de médias camerounais doivent faire preuve de retenue et de responsabilité face à la tentation du sensationnalisme et de la quête d’audience. Le Cameroun est un pays composite, constitué de plus de 200 ethnies qui, depuis à peine un demi-siècle, apprennent à forger ensemble une identité nationale. Les discours clivants fragilisent ce tissu social encore en construction et attisent des antagonismes dangereux. Or, les communautés sont aujourd’hui profondément imbriquées, unies par des alliances, des mariages et des filiations qui transcendent les clivages ethniques. En soufflant sur les braises du tribalisme, certains médias ne mesurent pas les risques qu’ils font courir à l’ensemble de la société. L’histoire, notamment en Afrique, regorge d’exemples tragiques où de simples mots ont mené à l’horreur et au chaos. Les médias doivent refuser de servir de caisse de résonance à la haine et aux ressentiments, sous peine d’être complices des fractures qu’ils contribuent à creuser.

L’élection présidentielle qui s’annonce ne doit pas nous diviser ; l’enjeu certes capital ne peut pas autoriser toutes les dérives, d’autant que nous savons déjà qu’il y aura un seul vainqueur et plusieurs déçus.

Les entrepreneurs de la haine ne devraient pas se pavaner librement sur les plateaux de télévision ou sur les réseaux sociaux pour détruire les acquis encore fragiles de notre nation. Il est temps que la presse se ressaisisse et que l’État prenne ses responsabilité.

Ont signé cette tribune collective :

François BAMBOU, Directeur de publication de Défis Actuels et président de ONE NATION, Association pour l’élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble

Georges Alain BOYOMO, Directeur de publication, MUTATIONS

Séverin TCHOUNKEU, Directeur de Publication, La Nouvelle Expression, PDG Équinoxe,

HAMAN MANA, Président de la fédération des éditeurs de presse du cameroun (Fedipresse), Directeur de Publication, Le Jour

Guibaï GATAMA, Directeur de publication, L’Œil du Sahel

Émile FIDIECK, Directeur de publication, EcoMatin

Christian NGAH, Directeur de Publication, The Guardian Post

Chantal NGA, Directrice de Publication, Ladies News

Valentin Siméon ZINGA, Directeur de publication, Lignes d’Horizons, président de l’association Médias, Médiations et Citoyenneté

Nancy FAWOH, Directeur de Publication, Le Gideon

Yerima KINI NSOM, Directeur de publication, The Post

Randy Joe SA’AH, The Daily Voice

Thierry NDONG OWONA, Directeur de publication, Intégration

Jean François CHANNON, Directeur de Publication, Le Messager

Michel Eclador PECKOUA, Directeur de publication, Ouest Échos

François MBOKE, Directeur de publication, Diapason, Président du Réseau des patrons de presse

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Gagan Gupta, l’homme qui veut transformer la bauxite camerounaise en richesse industrielle

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Gagan Gupta, l’homme qui veut transformer la bauxite camerounaise en richesse industrielle 
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L’industrie africaine va exploser d’ici cinq à sept ans. » Cette prédiction, formulée en juillet 2026 dans un entretien accordé à l’AFP lors d’un passage à Paris, entre l’Afrique et Dubaï où il réside, résume la conviction qui anime depuis quinze ans le fondateur d’Arise. Né le 10 mai 1975 au Rajasthan, Gagan Gupta est diplômé en commerce de l’Université de Delhi et expert-comptable. Il débute comme contrôleur de gestion, notamment chez Reebok et Reckitt Benckiser en Inde.

En 2008, à 33 ans, il débarque au Gabon sans parler français pour diriger la filiale locale du groupe agroalimentaire singapourien Olam, où il noue des relations étroites avec le président de l’époque, Ali Bongo. Il y découvre un pays dont le bois part presque brut vers l’étranger. En 2010, alors que Libreville interdit l’exportation des grumes, il lance à Nkok, à 27 kilomètres de la capitale, une zone économique spéciale de 1 000 hectares destinée à transformer sur place cette ressource. En 2022, la zone comptait 144 entreprises réparties dans 22 secteurs industriels.

Selon son gestionnaire, les zones spéciales gabonaises ont créé depuis 2010 quelque 8 000 emplois directs et 12 000 emplois indirects. Nkok est aussi devenue la première zone industrielle d’Afrique certifiée neutre en carbone. Au Gabon, il a également porté, dans le cadre de partenariats public-privé engagés avec l’État, la plus grande plantation de palmiers à huile du continent, sur 60 000 hectares, une plantation d’hévéas de 10 000 hectares, ainsi que des projets portuaires et aéroportuaires, dont le port minéralier d’Owendo.

ARISE, OU L’INDUSTRIALISATION EN SÉRIE

En 2018, Gupta fonde Arise, groupe spécialisé dans les plateformes industrielles intégrées, les ports et les infrastructures, aujourd’hui présent dans une quinzaine de pays africains. Il s’articule autour de trois entités : Arise IIP pour les zones industrielles, Arise Ports & Logistics pour les ports, dont A.P. Moller Capital est actionnaire, et Arise Infrastructure Services. Sa méthode consiste à associer terrains aménagés, énergie, logistique, fiscalité allégée et partenariats public-privé, afin d’attirer des industriels dans des zones prêtes à produire. Sa vitrine est la zone de GloDjigbé, au Bénin, pays producteur de coton.

Filature, tissage, teinture et tricotage y sont regroupés pour fabriquer des vêtements finis plutôt que d’exporter la fibre. Les premiers articles ont été exportés en 2024 pour l’enseigne française Kiabi, puis pour d’autres marques, dont US Polo. Arise IIP revendique près de 2 milliards de dollars d’investissements cumulés et affirme que près de 100 000 personnes travaillent sur les zones qu’elle opère. En septembre 2025, la structure a annoncé une levée de 700 millions de dollars avec l’entrée au capital du saoudien Vision Invest, aux côtés d’Africa Finance Corporation, d’Equitane et de FEDA, la plateforme d’Afreximbank.

Gupta a élargi son empire par Equitane, structure d’investissement créée en 2024 pour financer sur le long terme l’industrialisation du continent, qui détient 24,08 % d’Arise IIP ainsi que Spiro, spécialisée dans les motos électriques, qui opère dans six pays africains et a annoncé en octobre 2025 une levée record de 100 millions de dollars, et Solen, producteur d’électricité solaire au Gabon, au Bénin, au Togo et au Tchad, avec 50 mégawatts de projets actifs. Avec la plateforme minière A2MP, il porte des projets sur le fer au Gabon, l’or au Mali et la bauxite au Cameroun.

UNE VISION : PRODUIRE LÀ OÙ L’ON EXTRAIT

Le raisonnement de Gupta est simple : les pays africains ne doivent plus exporter leurs matières premières pour importer les produits finis qui en sont issus. Dans une interview à fDi Intelligence, publication du groupe Financial Times, en août 2023, il le résumait ainsi : « Exporter des matières premières revient à exporter des emplois, et importer des produits finis revient à importer du chômage. Ce n’est pas durable. » Il applique ce raisonnement au textile : l’Afrique subsaharienne importe plus de 30 milliards de dollars de produits textiles par an, et leur substitution par une production locale pourrait créer, selon lui, « jusqu’à 10 millions d’emplois ».

Dans un rapport de l’Africa CEO Forum et d’Okan Partners en 2021, il posait deux conditions : travailler avec les gouvernements pour garantir un cadre stable et bâtir un écosystème industriel couvrant toute la chaîne de valeur. Il répète aussi qu’« il est impossible d’industrialiser sans investir dans le capital humain et le tissu local », et fait de la traçabilité et de la durabilité des chaînes de transformation l’autre promesse de ses parcs industriels. Marathonien, il court chaque jour à 5 heures du matin, marié et père de deux enfants, et a lancé le Marathon du Gabon. « Je crois profondément que l’endurance est la première qualité d’un bâtisseur », confiait-il à Forbes Afrique.

LE CAMEROUN, DU PORT AU COTON, PUIS AUX MINES

Le Cameroun est déjà un terrain d’action pour Arise IIP. Le 30 septembre 2024, le groupe a signé avec le Port autonome de Douala une convention en partenariat public-privé pour la zone industrialo portuaire de Dibamba, sur 517 hectares, pour un investissement d’environ 230 milliards de FCFA. Les travaux ont été lancés le 24 juillet 2025. Le 11 septembre 2025, la CNPS a signé trois conventions avec Arise, dont une usine de transformation du coton à Dibamba. Elle prend la forme de Camtex, dont le capital est réparti entre Panafritex, filiale textile d’Arise (51,1 %), Sodecoton (24,9 %), la CNPS (20 %) et Marlo Properties Fincorp (5 %), pour un investissement estimé à 180 milliards de FCFA et 12 000 emplois industriels annoncés.

Au-delà du port et du coton, cette logique l’a conduit à Minim-Martap, dans l’Adamaoua, projet de bauxite développé par l’australien Canyon Resources. Selon la décision rendue le 28 octobre 2026 par le Takeovers Panel australien, il est le bénéficiaire effectif ultime d’A2MP Investments, qui détenait avec ses associés 55,56 % des droits de vote de Canyon. Dans une lettre à AFG Bank Cameroun du 30 juillet 2026, A2MP évoque une chaîne allant de la bauxite à l’alumine, puis à l’aluminium. Pour Gagan Gupta, ce dossier prolonge ce qu’il a bâti avec le bois et le coton : faire de la bauxite de l’Adamaoua, non plus seulement un minerai exporté, mais le point de départ d’une filière de transformation locale.

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Coopération Cameroun-ONU : le gouvernement veut mobiliser 672 milliards de FCFA pour financer le développement durable

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Coopération Cameroun-ONU : le gouvernement veut mobiliser 672 milliards de FCFA pour financer le développement durable
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Le Cameroun et le système des Nations Unies disposent de cinq ans pour réunir près de 672 milliards de FCFA supplémentaires.

Signé le 30 octobre 2026 à Yaoundé, le nouveau Cadre de coopération pour le développement durable 2027-2031 prévoit une enveloppe globale de 1,465 milliard de dollars, soit environ 859 milliards de FCFA. Sur cette somme, 346,08 millions de dollars soit près de 203,3 milliards de FCFA sont déjà disponibles. Le déficit de financement atteint ainsi 1,119 milliard de dollars, équivalant à près de 671,8 milliards de
FCFA. Les ressources acquises couvrent seulement 23,6 % des besoins, laissant les 76,4 % restants à mobiliser auprès des partenaires techniques et financiers, des institutions financières internationales et du secteur privé.

Pour Issa Sanogo, coordonnateur résident du système des Nations Unies au Cameroun, les financements disponibles permettront néanmoins de lancer les premières interventions dès 2027. « 346 millions sont déjà disponibles. Cela veut dire qu’à partir de 2027, nous sommes prêts déjà à démarrer », a-t-il déclaré. Il reconnaît cependant que le financement de l’ensemble du programme nécessitera des ressources complémentaires. « Le GAP va nécessiter des efforts complémentaires qui vont nécessiter des mobilisations, des financements qui soient innovants, des financements qui soient mixtes », a-t-il précisé.

La transformation économique en quête de ressources

Le programme s’articule autour de trois priorités. La première concerne le capital humain et la cohésion sociale. Elle concentre près de la moitié des ressources prévues et vise notamment l’amélioration de l’accès aux soins, à l’éducation et à la protection sociale. À l’horizon 2031, les objectifs portent sur 95 % d’accouchements assistés et de couverture vaccinale, 100 % d’achèvement du cycle primaire et 40 % de couverture des personnes vulnérables par les dispositifs de protection sociale.

La deuxième priorité porte sur la transformation économique et la résilience. Elle englobe la diversification de l’économie, l’industrialisation, les systèmes alimentaires, les énergies propres et la création d’emplois décents. C’est aussi le volet le moins financé, avec seulement 15,7 % des ressources nécessaires déjà disponibles. Ce faible niveau de financement souligne les difficultés à réunir les capitaux destinés aux investissements productifs.

Le troisième axe concerne la gouvernance, la décentralisation et la paix. Il prévoit notamment le renforcement des institutions, l’amélioration de la gestion publique et une meilleure prise en compte des besoins des collectivités territoriales.

Pour le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, cette programmation doit permettre de mieux coordonner les interventions des différents partenaires. « Le cadre de partenariat avec le système des Nations Unies s’inscrit d’abord dans nos stratégies nationales de développement », a-t-il souligné. Le dispositif prend également en compte les Objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Le ministre appelle ainsi les partenaires à mutualiser leurs moyens et à privilégier la complémentarité des interventions. « Il s’agit aussi d’un message fort à l’ensemble des partenaires techniques et financiers du développement de mettre ensemble leurs efforts », a-t-il insisté.

Le secteur privé appelé à contribuer

Pour combler le déficit, les Nations Unies envisagent de diversifier les sources de financement. Issa Sanogo évoque notamment une collaboration renforcée avec le gouvernement, les entreprises privées et les institutions financières internationales. Les fonds climatiques, notamment le Fonds vert pour le climat, les mécanismes de financement mixte et la coopération Sud-Sud et triangulaire figurent également parmi les pistes retenues.

Le coordonnateur résident défend par ailleurs une nouvelle méthode de travail fondée sur « l’action conjointe ». Celle-ci doit favoriser des programmes communs, une meilleure coordination des partenaires et une concentration des ressources sur les projets ayant le plus fort impact. L’objectif est d’éviter la dispersion des financements et de renforcer les résultats sur le terrain.

De son côté, Alamine Ousmane Mey insiste sur la nécessité d’améliorer la sélection des projets et le suivi de leur exécution. Le gouvernement prévoit la mise en place d’un comité stratégique chargé d’orienter la mise en œuvre du cadre. Le dispositif s’appuiera sur les statistiques nationales, des indicateurs de performance et des évaluations indépendantes. Le ministre appelle également à corriger les approches qui n’ont pas produit les résultats attendus. « Il va falloir bien entendu aller vers une rupture de ce qui ne se passe pas bien », a-t-il déclaré.

Cette mobilisation financière intervient alors que le Cameroun cherche à accélérer sa croissance économique. Alamine Ousmane Mey l’estime à 3,3 % en 2026, avec des projections supérieures à 4 % à l’horizon 2030. Ces perspectives restent toutefois en deçà de l’ambition nationale d’une croissance annuelle moyenne de 8 % dans la perspective de l’émergence à l’horizon 2035.

Les femmes, les jeunes, les enfants, les réfugiés, les déplacés internes, les personnes handicapées et les populations autochtones figurent parmi les bénéficiaires ciblés. Pour Issa Sanogo, ce partenariat devra surtout être jugé à l’aune de ses résultats concrets sur les conditions de vie des populations. Une ambition qui dépendra largement de la capacité des deux parties à transformer les engagements financiers annoncés en ressources effectivement mobilisées.

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Adamaoua : Le Conseil régional prépare son Plan de développement

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Adamaoua : Le Conseil régional prépare son Plan de développement
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C’est dans le cadre du Projet gouvernance locale et communautés résilientes (Prolog).

Le Conseil régional de l’Adamaoua veut réaliser son Plan régional de développement (PRD). C’est un document unique d’orientation stratégique quinquennal fédérant l’ensemble des interventions publiques et privées à l’échelle régional, tout en assurant l’articulation entre la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) et la planification locale de basse. C’est dans le cadre du Projet gouvernance locale et communautés résilientes (Prolog).

L’objectif du Conseil régional de l’Adamaoua est de se doter d’un outil de planification stratégique quinquennal validé, fédérateur et opérationnel, traduisant les aspirations des populations locales. Il s’agit d’établir le profil vulnérabilité biophysique et climatique de la région en lien avec les données de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC).

Définir la vision prospective régionale à l’horizon 2035 et formuler les options stratégies adaptées. La durée totale d’exécution de la mission est fixée à 6 mois, soit 180 jours. Concrètement, la mission s’appui sept étapes. D’abord, le cadrage du PRD et le lancement institutionnel (arrêté de création des organes de pilotage et note de cadrage).

Ensuite, faire un diagnostic territorial intégré et la capitalisation des acquis du document de Système d’Information Géographique Communal (Sigcom) et établir une prospective territoriale et la construction de la vision régionale 2035. Le consultant retenu devra également faire la synthèse des enjeux, fixer les objectifs smart et organiser des assises départementales pour le développement régional dans les 5 départements de l’Adamaoua (Vine, Mbéré, Djerem, Mayo-Banyo, Faro-et-Déo.

Et enfin, le consultant devra formuler des programmes et un plan d’actions quinquennal, faire un cadrage budgétaire, élaborer un CBMT/CDMT et une stratégie de financement et mettre en œuvre un dispositif de suivi-évaluation qui sera adopté par le conseil régional.

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