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La Sonara évite une condamnation de 63 milliards de FCFA dans un procès contre Sahara Energy

Dans une salle comble, entouré de ses collaborateurs, Harouna Bako ne cache pas sa satisfaction. L’affaire qui menaçait de peser lourdement sur les finances de la Sonara a finalement tourné en faveur de l’unique raffinerie du Cameroun. « Nous avons évité une condamnation d’environ 100 milliards de FCFA », confie le directeur général, soulagé. Derrière cette victoire se cache une bataille juridique complexe, menée devant la Commercial Court d’Angleterre et du Pays de Galles.
Opposée au puissant trader pétrolier nigérian Sahara Energy, la Sonara a dû défendre bec et ongles sa position dans un dossier où se mêlaient retards de paiement, intérêts financiers et interprétation contractuelle. Le jugement, rendu en décembre 2024 par la juge Sara Cockerill, a rejeté toutes les demandes de Sahara Energy, estimées à 63,1 milliards de FCFA (101 millions de dollars).
Mieux encore, la cour a reconnu que les réclamations du trader nigérian étaient prescrites et que le document central du litige, un « Rapport Commun » signé en 2019, ne constituait pas un accord juridiquement contraignant.
UN DIFFÉREND NÉ D’UN CONTRAT VIEUX DE PLUS DE DIX ANS
L’origine du contentieux remonte au 14 janvier 2013. Ce jour-là, la Sonara signe avec Sahara Energy un contrat d’approvisionnement en pétrole brut. Plusieurs avenants suivront en 2014, 2015 et 2016, ajustant les modalités de livraison et de paiement. Mais la raffinerie camerounaise, en proie à des difficultés financières récurrentes, ne parvient pas à respecter ses échéances.
Alors que les paiements devaient être effectués dans un délai de quatre mois après chaque livraison, la Sonara accuse des retards conséquents. Les premiers versements n’interviennent qu’en 2016, et il faudra attendre 2019 pour solder la totalité des sommes dues. Entretemps, Sahara Energy, qui s’était appuyé sur des financements bancaires pour assurer ses livraisons, subit de lourdes pertes. Parmi les établissements impliqués figurent Access Bank et Ecobank, qui accordent au trader nigérian des lignes de crédit significatives.
À titre d’exemple, Ecobank lui octroie un prêt de 137,5 milliards de FCFA (220 millions de dollars) avec un taux d’intérêt indexé sur le Libor, majoré de 8 %. Confronté à des charges financières croissantes, Sahara Energy réclame alors des compensations pour couvrir les intérêts accumulés, les pénalités de retard et les pertes de change. C’est dans ce contexte que le différend prend une tournure judiciaire.
DEVANT LA JUSTICE BRITANNIQUE
Au cœur du litige : un « Rapport Commun » signé en 2019 à l’issue d’une réunion de conciliation entre les deux parties. Sahara Energy y voit un engagement formel de la Sonara à lui verser des indemnités supplémentaires. La raffinerie, elle, conteste cette lecture et affirme que le document n’a aucune portée juridique contraignante. Après plusieurs reports, le procès s’ouvre finalement en octobre 2024 devant la Commercial Court de Londres.
Cinq points cruciaux sont examinés. Il s’agit notamment de l’application de l’article 26 du contrat, qui traite des pénalités en cas de retard de paiement, de l’interprétation du « Rapport Commun » et sa valeur juridique ; de l’opposabilité de l’article 8, qui fixe un plafond d’indemnisation ; de la prescription des réclamations formulées par Sahara Energy ; et pour finir, de la demande reconventionnelle de la Sonara, qui accuse le trader de n’avoir pas respecté certains accords conclus en 2019. À l’issue des débats, le tribunal tranche nettement en faveur de la raffinerie camerounaise qui était représentée par par le cabinet d’avocats international Squire Patton Boggs.
Il considère que les demandes de Sahara Energy sont prescrites, faute de reconnaissance de dette par la Sonara. Il estime aussi que les pertes de change invoquées par le trader ne sont pas récupérables, car elles n’étaient pas prévisibles au moment de la signature du contrat. Enfin, la juge Cockerill juge que l’article 8 du contrat ne constitue pas un code d’indemnisation complet et que l’article 18 exonère la Sonara des pertes imprévues.
Résultat : Sahara Energy se retrouve avec des demandes intégralement rejetées. UN SOULAGEMENT POUR LA SONARA Si cette issue favorable évite à la Sonara une nouvelle saignée financière, elle ne règle pas pour autant ses difficultés. La raffinerie nationale, déjà fragilisée par l’incendie de son unité de distillation en 2019, lutte toujours pour sa survie. Son endettement, colossal, a atteint les 1 000 milliards de FCFA en 2020, poussant l’État camerounais à instaurer une taxe spéciale sur le carburant pour en financer l’apurement.
Depuis sa mise en place, cette taxe – fixée à 47,8 FCFA par litre de carburant vendu – a permis de collecter près de 353 milliards de FCFA au 31 octobre 2024. Un mécanisme qui devrait durer une décennie pour rassembler les 780 milliards de FCFA nécessaires au redressement de la société. Ces fonds sont centralisés sur un compte ouvert à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et sont strictement affectés au remboursement des créanciers de la Sonara.
En septembre 2023, par exemple, la raffinerie a pu honorer une dette de 14 milliards de FCFA envers le trader suisse Trafigura. Si la menace financière représentée par le litige avec Sahara Energy est désormais écartée, la Sonara reste sous pression. Sa viabilité repose encore largement sur le soutien de l’État et sur sa capacité à retrouver un équilibre financier
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Centrafrique : l’ambassadeur français accusé d’avoir emmené une trentaine de jeunes femmes dans sa résidence privé

Une trentaine de jeunes femmes reçues dans les appartements privés d’une résidence diplomatique, une faille de sécurité signalée, puis une enquête administrative : l’ambassadeur de France en Centrafrique se retrouve au cœur d’une affaire qui embarrasse le Quai d’Orsay.
Une procédure confirmée par le ministère
Le ministère des Affaires étrangères l’a confirmé ce mardi 11 août à l’AFP : une procédure disciplinaire a bien été engagée contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique. Le Quai d’Orsay a précisé le cheminement administratif ayant mené à cette décision : « À l’initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026. Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ambassadeur. » Le ministère n’a en revanche donné aucun détail sur les faits précis reprochés au diplomate, ni sur les suites qui pourraient être données à la procédure.
C’est Le Canard enchaîné qui a révélé l’affaire, dans une enquête devant paraître ce mercredi. Selon l’hebdomadaire satirique, Bruno Foucher aurait reçu dans ses appartements privés, au sein de la résidence de France à Bangui, une trentaine de jeunes femmes entre janvier 2024 et mars 2026. Ce ballet de visites aurait fini par attirer l’attention des services chargés de la protection de la résidence, au point de faire remonter un signalement pour faille de sécurité.
Une quinzaine de visites par mois, selon le rapport d’inspection
Face à ce signalement, le ministère a diligenté une inspection sur place en avril, dont les conclusions ont directement débouché sur l’ouverture de la procédure disciplinaire. Le Canard enchaîné, qui affirme avoir eu accès au rapport, avance un chiffre précis : l’ambassadeur aurait reçu, en moyenne, une quinzaine de visites par mois. Il aurait également donné pour instruction qu’une de ces jeunes femmes puisse séjourner sur place pendant l’une de ses absences — un détail qui, sur le plan de la sécurité diplomatique, pose question.
Interrogé à deux reprises dans le cadre de cette enquête, l’ambassadeur a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes, toujours selon l’hebdomadaire. La palette des sanctions disciplinaires possibles reste large : elle va du simple blâme à la radiation pure et simple de la fonction publique, en passant par la mise à la retraite d’office.
Un contexte géopolitique particulièrement sensible
Cette affaire tombe à un moment délicat pour la diplomatie française en Centrafrique, pays où l’influence russe reste solidement implantée. Le groupe paramilitaire Wagner y est notamment toujours présent, chargé d’assurer la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra. Paris accuse régulièrement Moscou d’attiser l’hostilité envers la France dans plusieurs pays africains, en s’appuyant notamment sur des manœuvres informationnelles menées sur les réseaux sociaux.
Or les relations entre Paris et Bangui, longtemps dégradées à mesure que l’influence russe se renforçait dans le pays, connaissaient justement un net réchauffement depuis 2024. En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement à Bangui, avait salué « la restauration complète des relations » entre les deux pays — une visite qui marquait alors le retour d’un responsable français de haut rang en Centrafrique, une première depuis 2018.
Bruno Foucher n’en est pas à sa première affectation sensible. Nommé à Bangui en 2023, ce diplomate de carrière a précédemment occupé les postes d’ambassadeur au Tchad, en Iran, puis au Liban, avant de présider l’Institut français. Un parcours qui, jusqu’à cette affaire, ne laissait rien présager d’une telle tourmente disciplinaire à ce stade de sa carrière.
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Allocution de félicitations du Président National du MPCC, Jean Blaise Gwet à l’armée Camerounaise

Un remaniement à distance, en pleine incertitude sur l’état de santé du chef de l’État. La réorganisation du haut commandement des Forces armées camerounaises, actée début août par Paul Biya, suscite déjà des prises de position dans la classe politique — à commencer par celle du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun.
Un remaniement signé en pleine absence prolongée du président
Les décrets datent du 3 août 2026. Ce jour-là, plusieurs promotions et nominations viennent redessiner le sommet de l’armée camerounaise : cinq colonels sont élevés au grade de général de brigade, quatre des cinq régions militaires interarmées changent de commandant, et le général de brigade Donatien Melingui Nouma prend la tête de la première région militaire, à Yaoundé. Ces textes ont été lus sur les antennes de la CRTV, la radio-télévision publique.
Ce qui donne à ce mouvement une résonance particulière, c’est le contexte dans lequel il intervient. Paul Biya, 93 ans, a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour ce que la présidence avait présenté comme un bref séjour privé en Europe. Deux mois plus tard, il n’était toujours pas rentré au moment de la signature des décrets — la plus longue absence de ses 43 années à la tête de l’État. De quoi alimenter les spéculations sur sa santé, dans un pays où la question de sa succession reste, à ce jour, sans réponse institutionnelle claire.
Le MPCC salue les promotions, tout en posant ses conditions
C’est dans ce climat que Jean Blaise Gwet, président national du MPCC, a choisi de réagir publiquement. Dans une déclaration officielle, il adresse d’abord ses félicitations à l’ensemble des officiers concernés, avec une mention particulière pour le nouveau commandant de la première région militaire : « Je présente mes chaleureuses félicitations et mes vœux de réussite, à un grand soldat au parcours brillant, jalonné de succès et de défis : Le Général Donatien Melingui Nouma, récemment promu, Commandant de la 1ère Région Militaire. »
Mais l’essentiel de la déclaration dépasse largement le simple exercice protocolaire. Gwet pose d’emblée un principe qu’il juge non négociable : « L’armée camerounaise appartient à la République. Un officier nommé à une haute fonction de responsabilité, ne reçoit ni un privilège personnel, ni la représentation d’une famille, d’un clan, d’une région ou d’une communauté. Il reçoit une mission au nom de la Patrie, au nom de la Nation. »
Une mise en garde contre l’instrumentalisation de l’uniforme
Le président du MPCC ne s’arrête pas aux félicitations d’usage. Il adresse un message directement aux officiers promus, formulé sans détour : « Votre grade n’est pas une récompense définitive. Votre fonction n’est pas une propriété. Votre nomination est une responsabilité. » Il poursuit en énumérant une série d’obligations : « Servez le Cameroun avec loyauté. Protégez les populations avec dignité. Respectez les institutions. Faites respecter la loi. Combattez le banditisme, le terrorisme et la criminalité avec professionnalisme. »
La formule la plus tranchante de sa déclaration concerne l’usage de la fonction militaire à des fins partisanes : « Ne permettez jamais que l’uniforme de la République soit utilisé pour défendre des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général de la Nation. » Une phrase qui prend un relief particulier dans un contexte où plusieurs observateurs, cités par la presse camerounaise, s’interrogent sur la réalité du pouvoir exercé depuis l’étranger et sur l’hypothèse d’une préparation de l’après-Biya via l’appareil sécuritaire.
Sécurité et unité nationale, les deux piliers défendus par le MPCC
Sur le fond des enjeux sécuritaires, Gwet rappelle que le pays reste confronté à des défis bien identifiés : « Les menaces terroristes dans l’Extrême-Nord, les violences et tensions persistantes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le banditisme transfrontalier, la criminalité organisée et certaines formes de violence communautaire exigent des réponses fermes, mais également intelligentes et préventives. » Il insiste toutefois sur les limites d’une réponse purement militaire : « La meilleure victoire d’une armée républicaine n’est pas seulement de vaincre une menace ; c’est aussi d’empêcher qu’elle ne naisse, de protéger les populations et de restaurer la confiance. »
L’unité nationale occupe également une place centrale dans la déclaration. Le président du MPCC y voit un rôle spécifique pour l’institution militaire : « Elle doit démontrer qu’un Camerounais du Nord peut servir avec le même engagement que celui du Sud, de l’Est, de l’Ouest, du Centre, du Littoral, de l’Adamaoua, du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest. Il ne doit pas exister une armée de communautés. Il doit exister une seule armée : l’Armée camerounaise. »
Une succession à préparer « dans le dialogue », plutôt que dans la confrontation
Sans jamais nommer directement la question de la succession présidentielle, Gwet y consacre pourtant un passage entier de sa déclaration, appelant à une transition apaisée : « Le Cameroun doit donc préparer progressivement la relève générationnelle, renforcer ses institutions et permettre l’émergence de nouvelles compétences capables d’assumer demain les responsabilités de l’État. » Il ajoute, avec une formule qui se veut rassembleuse : « Notre conviction est claire : le Cameroun ne doit pas préparer sa succession dans la confrontation, mais dans l’organisation, la compétence et le dialogue républicain. »
Le président du MPCC adresse par ailleurs des vœux de santé au chef de l’État, sans éluder pour autant la question de l’avenir institutionnel du pays : « Nous souhaitons au Chef de l’État une excellente santé, une santé de fer, ainsi que la force nécessaire pour continuer à assumer ses responsabilités à la tête de la République. Mais nous devons également avoir le courage de regarder l’avenir. »
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Pavel Durov le créateur de Télégramme veut léguer sa fortune à ses 106 enfants

Pavel Durov prépare déjà l’après. Le fondateur de Telegram, dont la fortune est estimée à 17,1 milliards de dollars, aurait décidé de transmettre son patrimoine à ses 106 enfants, y compris ceux nés de dons de sperme.
Pavel Durov veut traiter tous ses enfants sur un pied d’égalité
Le milliardaire russe aurait pris une décision peu commune concernant sa succession. Pavel Durov souhaite que l’ensemble de ses enfants bénéficient des mêmes droits sur sa fortune, indépendamment de leur mode de naissance.
Parmi eux figureraient des enfants nés de relations personnelles, mais aussi plusieurs enfants issus de dons de sperme. Une situation particulière pour l’entrepreneur, qui a révélé par le passé avoir eu recours à ce procédé.
Avec une fortune évaluée à 17,1 milliards de dollars, le patrimoine concerné est considérable. Pourtant, Durov ne souhaiterait pas que ses enfants puissent en profiter immédiatement.
Les héritiers devront attendre 30 ans
La règle fixée par le fondateur de Telegram est claire : ses enfants devront patienter 30 ans avant de pouvoir accéder à leur héritage.
La transmission ne pourrait ainsi intervenir qu’à partir du 19 juin 2055. Une décision volontairement pensée pour éviter que ses enfants ne grandissent avec la certitude de disposer un jour d’une immense fortune.
Pourquoi imposer une telle attente ?
Pavel Durov estime qu’une richesse familiale trop rapidement accessible pourrait influencer le parcours de ses enfants. Il souhaite plutôt leur laisser le temps de faire leurs propres choix, de travailler et de construire leur vie sans dépendre financièrement de leur père.
Une vision particulière de la transmission
Cette décision s’inscrit dans une conception assez personnelle de l’héritage. Pour Pavel Durov, transmettre une fortune ne signifie pas forcément permettre à ses descendants d’en disposer dès leur majorité.
L’entrepreneur voudrait que ses enfants connaissent d’abord la vie professionnelle et les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui ne disposent pas d’un patrimoine de plusieurs milliards de dollars.
Le principe concerne aussi bien les enfants nés de relations que ceux issus de dons de sperme. Tous devraient donc être placés sur le même pied d’égalité au moment de la succession.
La fortune de Pavel Durov, elle, pourrait encore évoluer considérablement d’ici 2055. Le fondateur de Telegram reste à la tête de l’une des entreprises technologiques les plus connues au monde, ce qui rend difficile toute estimation définitive du montant qui sera finalement transmis à ses héritiers.
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