Le gardien de Victoria United, Eric Parfait Djomeni, aurait été enlevé et maltraité pendant plusieurs jours par la direction de son club, qui l’accuse d’avoir vendu plusieurs matchs à des équipes adverses.
L’information circule largement sur les réseaux sociaux depuis hier soir.
D’après plusieurs lanceurs d’alerte, le président du club, Valentin Nkwain, aurait personnellement orchestré l’enlèvement du jeune gardien de 19 ans, qui évolue au sein de l’équipe de première division de Victoria United.
Selon ces mêmes sources, le président aurait d’abord porté l’affaire devant la justice. Une enquête aurait alors été ouverte, révélant finalement que les accusations portées contre le joueur étaient infondées.
C’est à ce moment-là que la direction du club aurait décidé de passer à l’action en le séquestrant et en le torturant pendant plusieurs jours, selon les informations relayées.
Une vidéo accompagnant ces révélations laisse entendre la voix d’une femme en détresse, chassée d’un domicile.
La mère du gardien sous le choc
D’après les sources ayant partagé ces informations, il s’agirait de la mère du jeune joueur, qui exigeait de voir son fils.
Interrogée par Equinoxe Télévision, elle a confirmé les faits.
« Jusqu’à présent, je ne sais pas pourquoi mon fils est retenu ici. Il est traité comme un prisonnier, il est enfermé et il a été battu. J’ai vu les marques de fouet sur ses fesses. Je ne sais pas où ils l’ont emmené, je suis bouleversée. Si je quitte cet endroit sans mon fils, je ne sais pas comment je vais pouvoir dormir […] Il m’a confié qu’il avait été frappé et qu’on lui demandait d’avouer qu’il avait truqué des matchs. Je n’ai plus aucun contact avec lui, je ne sais pas où il se trouve. Je viens de Douala et tout ce que je veux, c’est voir mon enfant », a-t-elle déclaré.
Contacté par téléphone, Valentin Nkwain a catégoriquement nié les accusations, affirmant qu’il était impossible pour lui d’emmener un joueur chez lui et de le torturer.
Il a néanmoins reconnu que son équipe avait perdu quatre matchs et qu’une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur ces défaites. Il a, en revanche, accusé la mère du joueur d’essayer de détourner l’enquête.
Mardi matin, la direction de Victoria United a publié un communiqué rejetant en bloc les accusations de torture.
« Nous nions catégoriquement ces allégations dans leur totalité. Ces accusations sont non seulement fausses, mais elles visent également à nuire à la réputation de notre club et à saper le travail acharné de nos joueurs, entraîneurs et membres du staff », peut-on lire dans le communiqué officiel du club.
Une affaire manipulée ?
Dans une vidéo enregistrée en présence de ses coéquipiers, Eric Parfait Djomeni a lui-même déclaré qu’il n’avait jamais été séquestré et qu’il se portait bien au sein du club.
Malgré ces démentis, une plainte a été déposée contre le président de Victoria United, Valentin Nkwain, auprès de la gendarmerie de Buea.
Le puissant dirigeant d’Opopo FC, qui entretient des liens étroits avec le président de la Fédération Camerounaise de Football, Samuel Eto’o, est accusé d’enlèvement, de séquestration et de torture.
Ces faits sont passibles de poursuites en vertu des articles 74, 291 et 277-3 du Code pénal camerounais.
Dans la plainte déposée, les avocats du gardien dénoncent des actes de violence inouïs.
_« Au nom et pour le compte de M. Djomeni Eric Parfait, dont nous assurons la défense, nous portons à votre attention les faits suivants. En effet, notre client est un joueur de football évoluant au poste de gardien de but au sein du Victoria United, basé à Limbé. Comme dans toute compétition, le club a subi une série de défaites lors de ses derniers matchs.
Cependant, le président du club, M. Valentin Nkwain, mauvais perdant, a estimé que ces défaites étaient de la responsabilité de notre client et l’a accusé de les avoir orchestrées à des fins purement lucratives », expose la plainte.
Elle ajoute : « C’est alors que ce dernier s’est livré à une série d’exactions à son encontre. Dans ce cadre, M. Valentin Nkwain a tenté de monter une procédure judiciaire abusive contre lui en le présentant devant le Procureur de la République compétent.
Après l’échec de cette manœuvre, il a jugé bon de le séquestrer dans un lieu inconnu, non sans lui infliger des actes de torture d’une violence inédite »,_ conclut le document.
L’affaire continue de faire grand bruit et suscite de nombreuses réactions dans le monde du football camerounais.














