La commission, instituée par le président français Emmanuel Macron pour faire la lumière sur la guerre menée par la France au Cameroun, a rendu son rapport aux chefs d’État français et camerounais. Dans ce document, la commission nie l’utilisation de NAPALM par l’armée française. Pourtant, de nombreux travaux ont prouvé que des avions français ont bel et bien utilisé du NAPALM contre les populations camerounaises.
Emmanuel MUKAM, victime du génocide des Bamiléké, témoigne : « J’ai consacré quatre heures de mon temps à cette équipe venue m’interviewer à Ngousso, à Yaoundé. Moi, orphelin d’un maquisard, j’ai perdu l’odorat depuis l’âge de sept ans.
C’est en 2009, dans un hôpital parisien, Clamart, que j’ai appris que mon handicap était dû à l’inhalation de napalm. C’était le verdict d’un médecin colonel français après examen de l’IRM de mon système olfactif.
Il y a deux ans, à Bangalore, des médecins indiens sont arrivés à la même conclusion. Quand, en préambule à la restitution de ce travail, on affirme qu’il n’y a pas eu de napalm au Cameroun pendant cette sale guerre, vous pouvez comprendre que j’ai de sérieux doutes sur tout le reste, moi qui suis handicapé depuis 65 ans ! Je comprends pourquoi mon père, le roi Bamendjou, a refusé de recevoir cette équipe envoyée, comme il disait, par le bourreau, et chargée de payer la facture.
Le NAPALM, jusqu’à présent, est interdit dans les conflits armés. Les Américains en ont utilisé au Vietnam, et les manifestations ont été similaires à celles que j’ai connues. C’est ce que m’a expliqué ce colonel médecin français pour qui j’étais une curiosité, car, disait-il, il n’y a jamais eu de guerre au Cameroun. Je n’ai pas réussi à le convaincre qu’il y a eu une guerre de libération chez nous. »














