Le président de l’Alliance Patriotique et Républicaine, Célestin Djamen, tire la sonnette d’alarme sur les dérives financières qui gangrènent la politique camerounaise. Il dénonce avec vigueur les critères d’éligibilité instaurés au sein du Social Democratic Front (SDF), notamment les exigences financières exorbitantes pour les investitures à la présidentielle de 2025.
La politique, un terrain miné par l’argent
Dans une déclaration sans concession, Célestin Djamen s’insurge contre une « mafia » qui, selon lui, gangrène les partis politiques et menace les libertés fondamentales. Il refuse de considérer ces dérives comme de simples « affaires internes » et plaide pour un droit d’ingérence morale dans tout espace politique où des pratiques liberticides émergent.
« Sérieusement, à quel moment allons-nous devenir responsables ? »
Djamen compare cette situation à un voisin violent dont les abus seraient tus sous prétexte qu’il s’agit de sa vie privée. Pour lui, tolérer des critères discriminatoires comme l’obligation d’être millionnaire, marié ou appartenant à une élite socio-économique pour être candidat, revient à fermer les yeux sur une injustice qui pourrait un jour s’étendre à d’autres sphères.
Une dérive dangereuse pour la démocratie
Le leader de l’Alliance Patriotique et Républicaine met en garde contre une éventuelle généralisation de ces pratiques, où même l’État pourrait, à terme, restreindre la candidature à la présidence aux seuls milliardaires. « Aujourd’hui, c’est dans un parti politique. Demain, ce sera une loi nationale. Qui osera dire que ce n’est pas grave ? », s’interroge-t-il.
« La politique, ce n’est pas un business »
Djamen rappelle que la politique devrait être un acte de service et non un terrain d’investissement pour des milliardaires ou des affairistes. Il déplore une politique qui exige les votes des pauvres pour élire des dirigeants, tout en écartant ces mêmes pauvres des processus de sélection à cause de critères financiers.
Un appel à réveiller les consciences
Pour Djamen, il est urgent de refuser une politique réservée aux élites financières et de défendre une vocation politique fondée sur des idées et des valeurs, et non sur le pouvoir de l’argent. « L’indifférence d’aujourd’hui pourrait coûter cher demain », conclut-il, appelant à une prise de conscience collective face à ce qu’il qualifie d’« hypocrisie institutionnalisée ».














