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L’Etat veut renforcer le potentiel de treize filières pour tenter de booster les exportations camerounaises

Le gouvernement camerounais entend structurer sa politique d’exportation autour de treize filières phares. Cette sélection repose sur plusieurs critères, notamment la performance des produits sur le marché international entre 2021 et 2023, leur inscription dans les stratégies nationales comme la SND30 ou la Stratégie nationale des exportations, la dynamique des exportations sur la dernière décennie, leur notoriété internationale et l’évolution de la demande, particulièrement dans les pays ayant des accords commerciaux avec le Cameroun.
Au terme de cette analyse, les filières retenues couvrent une large palette de produits agricoles, industriels et de services : cacao, café, hévéa, coton, banane, bois, métallurgie (aluminium), produits chimiques (savons de ménage et autres), hydrocarbures, sidérurgie, services touristiques, poivre et noix de cajou.
DES FILIÈRES À FORT POTENTIEL D’EXPORTATION
Ces filières se distinguent par leur potentiel avéré sur les marchés internationaux. « Certaines, comme le cacao et le bois, bénéficient déjà d’une reconnaissance mondiale. En 2024, les exportations de cacao transformé devraient croître de 22,2 % entre 2025 et 2030 si la tendance actuelle de la production, estimée à +1,5 % par an, est portée à +5 % grâce à une montée en puissance des unités de transformation », prédit le gouvernement.
Le secteur de la banane connaît également un rebond encourageant. Après une période de crise, « la Cameroon Development Corporation (CDC) a exporté 31 643 tonnes en 2024, soit 15 % du volume total national, contre 8,4 % en 2021. Si l’État renforce son appui, la filière pourrait retrouver son niveau d’avant-crise, où la CDC produisait plus de 113 000 tonnes en 2016 », a souligné Pedie Strafort, conseiller technique n°4 au Minepat.
Dans l’industrie, « la sidérurgie prend de l’ampleur avec des projets à Kribi qui devraient entrer en production en 2027, tandis que l’aluminium camerounais maintient son rôle stratégique. Quant aux hydrocarbures, leur compétitivité dépendra de la réhabilitation de la SONARA et de la création d’industries dérivées comme une usine de production de bitume », rappelle-t-il.
Le poivre de Penja, dont l’Indication Géographique Protégée (IGP) assure une valeur ajoutée sur les marchés internationaux, bénéficie d’un prix avoisinant 10 000 dollars la tonne, un niveau comparable à celui du cacao, révèle le gouvernement. « Une meilleure structuration de cette filière pourrait en faire un moteur d’exportation », est convaincu l’économiste Strafort.
De son côté, l’anacarde fait l’objet d’une stratégie nationale 2025- 2029 pour tirer parti des conditions climatiques favorables dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Est, sur le modèle de la Côte d’Ivoire, leader mondial avec 1,225 million de tonnes produites en 2023.
OBSTACLES ET DÉFIS À SURMONTER
Malgré leur potentiel, ces filières font face à des défis majeurs. « L’environnement des affaires reste contraignant, avec un coût du crédit élevé et un accès limité au financement, notamment pour les PME exportatrices. Le manque de structures d’accompagnement et la lourdeur des procédures administratives aux frontières freinent également leur expansion», souligne le Minepat tout en précisant que « les infrastructures demeurent un frein, le réseau routier et ferroviaire est peu fiable, les coûts des facteurs de production sont toujours aussi élevés, la logistique persiste dans la déficience avec une quasi-absence d’unités de stockage et de conditionnement des produits frais, et les infrastructures TIC sont encore peu performantes».
À cela s’ajoute un déficit au niveau de l’offre. Le même département ministériel cite notamment, le vieillissement des producteurs et des vergers, l’enclavement des bassins de production, la faible mécanisation de certaines cultures et la difficulté d’accès à la main-d’œuvre qualifiée. A en croire ce dernier, l’exportation souffre également d’un manque d’adaptation aux normes internationales et d’une absence de veille commerciale efficace sur les marchés cibles.
DES OPPORTUNITÉS À SAISIR ET DES MENACES À ANTICIPER
Malgré ces défis, plusieurs opportunités s’offrent au Cameroun. « L’évolution favorable des cours mondiaux des matières premières, la proximité de grands marchés de consommation et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvrent des perspectives intéressantes. Le développement en cours de zones industrielles à Kribi et Douala ainsi que l’actualisation des stratégies sectorielles (comme celles du coton et de l’anacarde) renforcent cette dynamique » énumère le ministère de l’Economie.
Il n’oublie pas de répertorier certaines menaces qui pèsent sur cette ambition. « Le changement climatique impacte les rendements agricoles, tandis que la montée du protectionnisme, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, pourrait affecter les échanges. À cela s’ajoutent les nouvelles exigences réglementaires de l’Union européenne, telles que la norme RDUE, qui entrera en vigueur le 30 décembre 2025, imposant des critères stricts aux exportations de produits agricoles ». La crise persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest compromet également la production de cultures clés comme le cacao et le café, tandis que l’insécurité dans certaines zones touristiques freine le développement de ce secteur.
UN PLAN D’ACTION POUR LEVER LES BARRIÈRES
Conscient de ces enjeux, le gouvernement met en place plusieurs mesures pour renforcer la compétitivité des filières exportatrices. Il prévoit d’investir «dans la formation et l’accompagnement des entreprises pour faciliter leur accès aux marchés internationaux, tout en professionnalisant les acteurs des filières stratégiques. L’adoption et la maîtrise des normes internationales sont également prioritaires, notamment pour lever les obstacles techniques imposés par les partenaires commerciaux».
Sur le plan des infrastructures, « des investissements sont prévus pour moderniser le réseau de transport et la logistique, notamment avec la création de zones de stockage et de conditionnement adaptées aux produits frais». Enfin, le gouvernement entend « stimuler le financement des filières prioritaires, en alignant les investissements sur les secteurs stratégiques et en développant des outils de gestion des risques liés au commerce international».
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Commercialisation du coton : Le Cameroun perd une opportunité offerte par l’Inde

L’Inde, deuxième consommateur mondial de coton derrière la Chine a récemment prolongé de deux mois, l’exonération des droits de douane.
Le Cameroun en tant que premier producteur de coton en Afrique Centrale, envisage une d’atteindre 600 000 tonnes d’ici 2035 dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). La Société de développement du coton (Sodecoton) avait même anticipé une production de 440 000 tonnes de coton graine au Cameroun au terme de la campagne 2025-2026, qui s’est achevée théoriquement en mai 2026.
Au cours de la campagne 2024-2025, le pays a atteint une production d’environ 284 613 tonnes, bien en deçà des prévisions initiales, contre 440 000 tonnes en 2025-2026 malgré des replis constatés dans l’ensemble de la zone FCFA.
L’Inde, deuxième consommateur mondial de coton derrière la Chine a récemment prolongé de deux mois, l’exonération des droits de douane (11 %) sur les importations de coton, en vigueur depuis le 1er juin, selon un communiqué officiel publié le 31 octobre dernier. La décision, prise par notification du ministère des Finances, maintient cette ouverture jusqu’à la fin décembre.
Selon l’information contenue agenceecofin.com, la prolongation de l’exonération offre un répit aux exportateurs africains, notamment au Mali, en maintenant temporairement l’accès au marché indien sans droits de douane. Elle préserve ainsi un avantage de coût pour leurs acheteurs, sans garantir pour autant une augmentation des commandes. Le Mali dispose déjà d’une position importante sur ce marché.
Au Cameroun, entre 2023 et 2025, les superficies cultivées sont ainsi passées de 234 000 hectares à 197 000 hectares. En 2024, 11 000 hectares ont été entièrement détruits, tandis que 17 000 hectares ont été partiellement affectés par les attaques de jassides, selon les données officielles.
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Médecine traditionnelle : L’uniformisation des acteurs à l’épreuve du délai

A seulement 1 mois du délai de conformité à la Loi du 23 décembre 2024, ces acteurs ont encore du mal dans l’organisation rationnelle du sous-secteur de la médecine traditionnelle et des acteurs impliqués ainsi que l’encadrement de sa pratique voire la mise en place d’un système efficace en faveur d’une collaboration efficiente avec la médecine conventionnelle.
Les tradipraticiens avaient 24 mois pour se conformer à la loi du 23 décembre 2024 portant exercice et organisation de la médecine traditionnelle au Cameroun. Ce délai prend fin au mois de décembre 2026. Cette catégorie de personnel de la santé a du mal à se conformer à ladite loi.
A date, l’autorisation d’obtention d’une autorisation du ministère de la Santé publique (Minsante) et la création d’un ordre national dédié à cette branche médicale ne sont pas des acquis. Ces acteurs ont encore du mal dans l’organisation rationnelle du sous-secteur de la médecine traditionnelle et des acteurs impliqués ainsi que l’encadrement de sa pratique voire la mise en place d’un système efficace en faveur d’une collaboration efficiente avec la médecine conventionnelle.
Entre autres difficultés qui freinent encore la profession la finalisation de l’avant-projet de loi portant sur l’exercice de la médecine traditionnelle au Cameroun et l’élaboration d’un plan stratégique de développement de la médecine traditionnelle ainsi qu’un plan opérationnel avec un fort accent sur le suivi-évaluation.
Toutes ces problématiques ont récemment été débattues au sein de l’ancien hémicycle de l’Assemblée national, lors de l’atelier de renforcement des capacités organisé par le Réseau des parlementaires pour la mobilisation de la santé et la valorisation de la médecine traditionnelle. Le défi est d’uniformiser les normes, de standardiser les pratiques, d’industrialiser le secteur et éventuellement d’exporter le savoir-faire local.
Selon le document «Bilan de médecine traditionnelle» paru en 2020, les insuffisances de la médecine moderne, l’insuffisance d’accès aux médicaments essentiels et le faible pouvoir d’achat des populations seraient également à l’origine de l’engouement actuel de la médecine traditionnelle. Au Cameroun, cette médecine continue à s’appuyer essentiellement sur l’observation et sur des expériences personnelles.
Le mode de transmission demeure oral et l’acquisition des connaissances continue à se faire par l’apprentissage et l’initiation dans le secret des règles métaphysiques : le tradipraticien choisit les recettes et établit ses formules de traitement en faisant appel à son intuition et à son expérience personnelle.
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Gordon Ramsay et Marco Pierre White : bagarres, scandales et histoires de toilettes, la face cachée des grands chefs

Les cuisines des grands restaurants britanniques n’ont pas toujours été synonymes de gastronomie raffinée et de service impeccable. Dans les années 1980 et 1990, Marco Pierre White, Gordon Ramsay et Heston Blumenthal ont imposé un autre style : celui de chefs médiatiques, provocateurs et parfois incontrôlables.
Un nouveau documentaire de la BBC, intitulé Rise of the Rockstar Chef, revient sur cette période mouvementée. Parmi les anecdotes racontées, certaines sont particulièrement étonnantes : une escapade présumée de Marco Pierre White dans les toilettes avec une cliente, des bagarres avec des clients et une violente altercation qui aurait fait pleurer Gordon Ramsay dans une cuisine.
Marco Pierre White, un chef aussi célèbre pour son caractère que pour sa cuisine
Avant l’arrivée de cette génération, la haute gastronomie britannique restait largement influencée par les traditions françaises. L’ouverture du restaurant Harvey’s, à Londres, en 1987, a marqué un tournant dans la carrière de Marco Pierre White.
Le chef britannique s’est rapidement fait une réputation grâce à sa cuisine, mais aussi à son tempérament explosif. Selon le quotidien The Sun, Gordon Ramsay raconte dans le documentaire une scène surprenante survenue pendant le service à Harvey’s.
Marco Pierre White aurait quitté la cuisine pour rejoindre une cliente dans les toilettes du restaurant. Après cette rencontre, il serait revenu par une fenêtre et aurait repris son travail comme si rien ne s’était passé. La cliente, elle, serait retournée à table pour terminer son dessert avec son compagnon.
Les tensions avec certains clients faisaient également partie du quotidien. Gordon Ramsay se souvient notamment d’un homme qui avait critiqué la cuisson d’un pigeon. Marco lui aurait proposé de lui offrir le repas, avant de lui lancer une remarque particulièrement humiliante sur sa tenue et celle de son épouse.
La situation aurait rapidement dégénéré en bagarre. Pendant que le client et le chef se retrouvaient au sol, le jeune Gordon Ramsay continuait de préparer le pigeon en cuisine.
Des clients expulsés et des célébrités malmenées à Harvey’s
Nick Munier, ancien maître d’hôtel de Marco Pierre White à Harvey’s, rapporte lui aussi des pratiques difficiles à imaginer dans un restaurant traditionnel.
Lorsqu’un client demandait du sel et du poivre, le personnel pouvait lui faire comprendre qu’il avait gâché son propre repas. Les serveurs débarrassaient alors la table, laissant le client sans nourriture devant les autres convives.
Munier raconte également que Marco Pierre White avait un jour lancé tout le contenu de son chariot à fromages contre un mur parce qu’il n’était pas satisfait de sa présentation. Il aurait ensuite interdit au personnel de nettoyer les dégâts afin que son équipe retienne la leçon.
Même les personnalités connues n’échappaient pas à son tempérament. L’acteur Nigel Havers affirme avoir été expulsé de The Canteen, un établissement ouvert par Marco Pierre White et Michael Caine en 1992, après avoir critiqué le temps d’attente.
Il raconte avoir attendu trois heures avant de recevoir le premier plat. Lorsque quelqu’un lui a demandé son avis sur le repas, il a répondu qu’il ne se souvenait même plus de la nourriture. Marco Pierre White serait alors intervenu pour lui ordonner de quitter le restaurant.
Gordon Ramsay accuse son ancien mentor de l’avoir frappé
La relation entre Gordon Ramsay et Marco Pierre White constitue l’un des fils conducteurs du documentaire. Le premier a longtemps considéré le second comme son mentor, avant qu’une rivalité profonde ne s’installe entre les deux hommes.
Leur rupture aurait atteint son point culminant en octobre 1989, lors du dernier service de Ramsay à Harvey’s. Le célèbre cuisinier affirme que son ancien patron l’a violemment frappé après un désaccord concernant la préparation d’un rouget.
Dans le récit de Ramsay, Marco lui aurait asséné plusieurs coups, au point de faire voler les boutons de sa veste. La scène se serait déroulée près d’une machine à café, avant qu’un récipient en verre ne tombe et se brise dans la cuisine devenue silencieuse.
« J’ai pleuré à chaudes larmes », raconte Gordon Ramsay dans le documentaire, selon les extraits rapportés par The Sun. Il affirme n’avoir jamais pardonné cet épisode et estime que son ancien mentor voulait le détruire avant son départ.
Marco Pierre White conteste toutefois cette version. Interrogé sur cette prétendue bagarre, il répond simplement : « Ce n’est pas vrai. » Il résume également sa vision des tensions en cuisine par cette formule : « Ce n’est pas personnel, c’est le service. »
Heston Blumenthal et la révolution des chefs devenus des stars
Le documentaire ne se limite pas à la rivalité entre Ramsay et White. Il retrace aussi l’ascension de Heston Blumenthal, dont l’approche scientifique et expérimentale a profondément marqué la gastronomie britannique.
Avec son restaurant The Fat Duck, dans le Berkshire, Blumenthal a lui aussi atteint les trois étoiles Michelin. Ses recherches culinaires ont contribué à faire évoluer les techniques et la présentation des plats.
La série revient également sur l’arrivée des chefs à la télévision. Gordon Ramsay et Heston Blumenthal ont largement profité de cette exposition médiatique, tandis que Marco Pierre White a longtemps critiqué les émissions de téléréalité et leur goût pour les conflits.
Il a pourtant présenté Hell’s Kitchen sur ITV entre 2007 et 2009, après avoir reproché à Ramsay de transformer la cuisine en spectacle télévisé.
Intitulé Rise of the Rockstar Chef, le documentaire compte trois épisodes. Selon la programmation de la BBC, le premier doit être diffusé le 5 novembre 2026 sur BBC Two. Le troisième épisode doit notamment réunir les trois chefs devant les caméras, pour revenir sur leurs rivalités et leur héritage.
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