Une importante quantité de médicaments illicites, estimée à 42 millions de Francs CFA, a été détruite le 27 janvier 2025 à Koumé, dans la région de l’Est du Cameroun. Cette opération, menée sur le site de décharge HYSACAM, s’inscrit dans le cadre des efforts du Comité Régional de lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des produits pharmaceutiques. La cérémonie s’est déroulée sous la supervision de Grégoire Mvongo, Gouverneur de la région, en présence du représentant du Ministre de la Santé et de plusieurs autorités locales.
Une menace persistante pour le secteur pharmaceutique
Selon les chiffres, près de 25 % des médicaments vendus au Cameroun proviennent de circuits illicites, communément appelés « médicaments de la rue ». Un phénomène autrefois limité aux zones urbaines, mais qui touche désormais également les zones rurales, où des points de vente informels prolifèrent.
D’après une étude menée par l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), ces médicaments incluent des contrefaçons, des produits de mauvaise qualité ou encore des médicaments légitimes détournés de leur circuit de distribution légal. L’ONPC précise que 40 % des médicaments de la rue sont issus de la contrebande, tandis que des professionnels de santé – pharmaciens, délégués médicaux, prescripteurs ou encore distributeurs – sont parfois impliqués dans ce commerce illégal.
Des conséquences économiques et sanitaires alarmantes
Le marché illicite des médicaments impacte durement le secteur formel, entraînant la faillite de nombreuses pharmacies légales et fragilisant un secteur crucial. Chaque année, le Cameroun importe pour environ 100 milliards de FCFA de médicaments, une somme conséquente qui se heurte à cette concurrence déloyale.
Sur le plan sanitaire, l’évolution de ce commerce, autrefois limité à des produits courants comme l’aspirine ou l’alcool, vers des substances plus complexes et potentiellement dangereuses, constitue un véritable risque pour la population.
Une lutte toujours en cours
Malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les actions concertées des autorités publiques, du Ministère de la Santé, de l’ONPC et des forces de sécurité, les résultats restent insuffisants face à l’ampleur du problème. Les « Docta », comme on les appelle localement, continuent de prospérer, mettant en évidence l’urgence d’une stratégie plus efficace pour éradiquer ce fléau.
Ce combat n’est pas seulement une question de santé publique, mais également une nécessité économique pour préserver l’équilibre du secteur pharmaceutique et garantir l’accès à des médicaments de qualité pour tous.















