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Hommage à Joko Frida : une lumière éteinte dans l’obscurité du conflit anglophone

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Hommage à Joko Frida : une lumière éteinte dans l’obscurité du conflit anglophone
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Les larmes ont coulé librement alors que les personnes en deuil se sont rassemblées pour dire adieu au maire Joko Frida, un leader bien-aimé, une mère et un symbole de résilience dans une région déchirée par le conflit.

Le chagrin, l’honneur et les appels à la paix ont marqué la cérémonie funéraire, qui s’est tenue sous haute sécurité à Bamenda vendredi. Décorée à titre posthume comme Chevalier de l’Ordre de la Valeur, la vie et le service de Joko Frida ont été célébrés au milieu de la tristesse de sa disparition prématurée.

Affectueusement appelée « Mami Joko », elle a été kidnappée dans sa résidence de Savannah Street à Bamenda le 26 octobre 2024. Les habitants disent que des combattants séparatistes étaient derrière l’enlèvement. Ils ont découvert son corps sans vie à Nchuoboh Junction deux jours plus tard.

Serrant fermement la photo de sa mère, Joko Miranda Fongyen, la fille de feu mami Joko Frida, a déploré la perte irremplaçable. « Ses prières, son amour me manquent ; « Tout me manque chez ma mère », a-t-elle déploré.

« Je suis veuve et le réconfort d’une mère me manquera. Si Dieu a permis que cela se produise, il nous montrera la voie », a-t-elle déclaré, la voix brisée par l’émotion.

Le défenseur de la société civile, Gwain Colbert, a profité de l’occasion pour demander la fin de la crise qui a fait plus de 6 000 morts depuis 2016.

« La meilleure façon d’honorer Joko Frida est de veiller à ce que cette crise prenne fin. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée dans ce conflit. Si elles ne sont pas violées, elles sont tuées. Les combattants ont transformé le corps des femmes en un nouveau champ de bataille », a-t-il déploré.

Colbert a appelé le gouvernement à mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies en impliquant davantage de femmes dans les efforts de consolidation de la paix, affirmant que la domination de la « masculinité hégémonique » perpétue le conflit.

Les responsables locaux pris pour cible

Mami Joko est la deuxième femme maire adjointe tuée par les combattants séparatistes. Les séparatistes ont blessé par balle la première adjointe au maire d’Oku, Yaah Kekuye Quinta Bongiloh, le 28 juillet 2024. Elle a été blessée et est décédée avant d’être inhumée en octobre.

Les combattants séparatistes ont également tué le maire de Belo, Ngong Innocent, le 20 mai 2024. La maire Mbuh Alice de Belo, qui a également vécu de première main le coût de la violence, a souligné l’impact de la mort de Joko sur la représentation politique des femmes.

« Le meurtre de la maire Freda Joko est une réduction du nombre de femmes maires. À une époque où les femmes luttent pour s’imposer dans les cercles politiques, j’espère que cela ne découragera aucune femme de briguer des postes politiques. Je pleure pour Ma Joko et les autres femmes qui ont été tuées », a-t-elle déclaré.

Qui était Mama Joko Frida ?

Frida N. Joko née Jing était la deuxième adjointe au maire du conseil de Bamenda II. Âgée de 67 ans et mère de cinq enfants, elle était diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature. Elle a terminé ses études en tant que contrôleur financier principal.

Après sa retraite de la fonction publique en 2016, elle s’est intéressée à la politique. Elle est devenue la deuxième adjointe au maire de Bamenda II avant sa fin brutale. Peter Chenui, le maire de Bamenda II, a évoqué les contributions de Joko à leur conseil et à leur communauté.

« Elle n’était pas seulement une maire, mais une mère et un modèle. Son décès est une grande perte pour le conseil. Nous continuerons à servir la population avec l’expérience que nous avons acquise pendant son séjour avec nous », a-t-il déclaré.

La vie de Mami Joko Frida a été une vie de service et de dévouement. Sa mort prématurée laisse un vide, mais son héritage, beaucoup l’espèrent, les incitera à poursuivre le combat pour la paix, l’égalité et la justice face à l’adversité.

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Cacao : la production commercialisée chute de 19,9 % à 247 914 tonnes en 2025-2026

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Cacao : la production commercialisée chute de 19,9 % à 247 914 tonnes en 2025-2026
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun a enregistré une production commercialisée de 247 914 tonnes de fèves de cacao au cours de la campagne 2025-2026, selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC) consultées parInvestir au Cameroun. Ce volume recule de 61 604 tonnes, soit 19,9 %, par rapport aux 309 518 tonnes comptabilisées lors de la campagne précédente.

La baisse intervient après une saison 2024-2025 exceptionnelle, au cours de laquelle le pays avait atteint son plus haut niveau historique de production commercialisée. L’ONCC avait alors également relevé des prix bord champ compris entre 3 210 et 5 400 FCFA le kilogramme.

La notion de production commercialisée désigne les volumes enregistrés dans les circuits officiels de commercialisation. Elle ne correspond donc pas nécessairement à l’intégralité des fèves récoltées dans les plantations, en raison notamment des stocks, des décalages de vente ou d’éventuels flux échappant aux circuits suivis par le régulateur.

Le plus faible volume en cinq campagnes

La campagne 2025-2026 s’est légalement déroulée du 1er août 2025 au 15 juillet 2026. Avec 247 914 tonnes commercialisées, elle affiche le plus faible résultat des cinq dernières saisons.

Avant le record de 2024-2025, le Cameroun avait commercialisé 295 163 tonnes de fèves en 2021-2022. L’ONCC avait ensuite annoncé environ 263 600 tonnes pour la campagne 2022-2023, puis près de 266 700 tonnes en 2023-2024.

Le recul de 2025-2026 efface ainsi la totalité de la progression enregistrée au cours de la campagne précédente. Le volume actuel est inférieur d’environ 47 000 tonnes à celui de 2021-2022 et de près de 19 000 tonnes au niveau observé en 2023-2024.

Les données consultées ne précisent pas les causes de cette contraction. Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer quelle part résulte d’une baisse réelle des récoltes, d’un report des ventes, d’une variation des stocks ou de mouvements de fèves non enregistrés par les circuits officiels.

Des contraintes climatiques et agronomiques persistantes

La filière camerounaise reste néanmoins confrontée à plusieurs contraintes structurelles. Les acteurs citent régulièrement l’irrégularité des précipitations, l’allongement des périodes de sécheresse, la pression parasitaire, la baisse de la fertilité des sols et le vieillissement des plantations.

Ces phénomènes peuvent affecter la floraison des cacaoyers, le développement des cabosses et la disponibilité du matériel végétal nécessaire à la création ou à la régénération des plantations. Leur contribution précise au recul de la campagne 2025-2026 reste toutefois à établir.

La Société de développement du cacao indique notamment perdre en moyenne entre 40 % et 60 % des jeunes plants dans certaines de ses pépinières en raison de la sécheresse et du manque d’eau. L’entreprise a engagé l’installation de dispositifs d’arrosage afin de réduire cette mortalité et d’accroître l’offre de plants de qualité.

Dans son centre d’Ebolowa, la Sodecao avait déjà estimé à près de 40 % les pertes de matériel végétal provoquées par l’insuffisance des systèmes d’approvisionnement en eau pendant les saisons sèches.

Ces pertes limitent les capacités de renouvellement des vergers, dans un contexte où la filière cherche à augmenter les rendements sans accélérer l’extension des plantations vers les zones forestières.

Le Centre conserve 44,54 % des achats

Malgré la baisse nationale, la région du Centre reste le principal espace de commercialisation du cacao. Elle a concentré 44,54 % des achats enregistrés au cours de la campagne, contre 45,8 % en 2024-2025.

Appliquée au volume national, cette part correspond à environ 110 421 tonnes de fèves. Le recul de son poids relatif montre cependant que les achats ont progressé plus rapidement, ou diminué moins fortement, dans certains autres bassins.

Le Sud-Ouest arrive en deuxième position avec 19,87 % des achats, soit environ 49 261 tonnes. Il est suivi du Littoral, qui représente 18,50 % du total, correspondant à près de 45 864 tonnes.

Les régions du Sud et de l’Est concentrent respectivement 6,54 % et 6,17 % des achats. L’Ouest en représente 4,14 %, devant le Nord-Ouest et l’Adamaoua, dont les parts restent marginales à 0,19 % et 0,06 %.

Cette répartition retrace les lieux d’enregistrement des achats et non nécessairement l’origine géographique exacte des fèves. Des volumes produits dans une région peuvent en effet être acheminés et commercialisés dans une autre.

La campagne 2025-2026 marque ainsi une rupture après le record de l’année précédente. Mais l’interprétation de cette chute nécessitera des données complémentaires sur les rendements, les stocks, les exportations, la transformation locale et les ventes transfrontalières. À défaut, le recul de 19,9 % mesure d’abord une baisse des volumes passés par les circuits officiels, sans permettre d’en attribuer définitivement la cause.

Brice R. Mbodiam

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