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Huit ans après le discours historique de Joseph Wirba, où en est la crise anglophone au Cameroun ?

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Huit ans après le discours historique de Joseph Wirba, où en est la crise anglophone au Cameroun ?
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Aujourd’hui, cela fait exactement huit ans que le député SDF du Cameroun, l’honorable Joseph Wirba, a prononcé son discours emblématique au parlement. Le 14 décembre 2016, le parlementaire de l’opposition a déclaré au président de la Chambre, Cavaye Djibril, qu’il était mal de discuter du budget alors que les anglophones étaient maltraités.

« Sortir dans la rue et manifester est un droit fondamental pour nous et c’est pourquoi nous disons qu’il y a deux Cameroun qui se sont réunis », a déclaré Wirba à Cavaye catégoriquement, tandis que Cavaye frappait du marteau pour indiquer que le temps de Wirba était écoulé, mais que Joseph Wirba ne faisait que commencer.

« Si vous nous dites, comme le ministre d’État qui se tenait ici l’année dernière et nous a dit que ce qui s’est passé au Cameroun, c’est comme jeter quelques morceaux de sucre dans une bassine d’eau. Qui est le sucre et qui est l’eau ? », a demandé Joseph Wirba de manière rhétorique. « Je demande au gouvernement du Cameroun », a-t-il précisé.

« Vous violez nos enfants – la fille de mon frère a été violée à Buea. Je vous jure, le gouvernement de ce pays, est-ce que le président de ce pays sait que les gouverneurs et les sous-ministres et tous les administrateurs que vous avez envoyés au Cameroun occidental se comportent là-bas exactement comme une armée d’occupation ? » a déclaré Wirba avec une cadence qui ne trahissait pas la fureur qui l’habitait.

Choisissant soigneusement ses mots et se référant aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sous le nom de Cameroun occidental – le nom que le Cameroun méridional a adopté après son unification avec le Cameroun français, Joseph Wirba essayait d’éviter de passer pour un séparatiste et espérait que le régime serait attentif à la demande des anglophones.

Son discours est intervenu quelques jours après que des étudiants de l’Université de Buea ont été malmenés par les forces de sécurité pour avoir protesté contre une augmentation des frais de scolarité qui avait été annoncée par le vice-chancelier de l’université quelques jours plus tôt.

Les manifestations étudiantes ont coïncidé avec des manifestations lancées par des avocats et des enseignants exigeant une plus grande autonomie pour l’éducation et les systèmes juridiques anglophones.

Joseph Wirba a poursuivi en disant : « Nous (les anglophones) avons fait tous les efforts possibles. Nos ancêtres et nos ancêtres vous ont fait confiance pour conclure un accord de courtoisie selon lequel deux personnes qui se considèrent comme des frères pourraient vivre ensemble et si c’est ce que vous nous montrez après 55 ans, alors ceux qui disent que nous devrions briser le Cameroun ont raison ! »

« Le peuple du Cameroun occidental ne peut pas être votre esclave. Le peuple du Cameroun occidental ne l’est pas – vous ne l’avez pas conquis par la guerre ! Si c’est ce que vous dites que nous devrions vivre, je dis simplement « Non » ! Cela ne marchera pas.

Comment pouvez-vous avoir une armée qui est censée protéger les enfants, aller là-bas, les battre et en violer certains ? On n’en entend parler dans aucun pays. Nous sommes au 21e siècle et quiconque fait cela, je ne peux pas accepter que son gouvernement en paie le prix. Nous l’exigerons de vous parce que vous nous faites croire que nous sommes allés au mauvais endroit. »

Joseph Wirba a ensuite détaillé ses expériences en conduisant de Kumbo à Yaoundé pour plaider auprès du ministre de la Justice de l’époque que « quelque chose se prépare » au Cameroun occidental, mais le ministre l’a simplement renvoyé et lui a demandé « vous aviez fait quoi ? »

Depuis que Wirba a prononcé son discours, la crise anglophone s’est transformée de simples manifestations de rue en une « insurrection armée », comme l’avait prévenu l’International Crisis Group un an après le discours prophétique de Wirba.

Alors que la crise fait 8 ans aujourd’hui, le gouvernement a fait des efforts qui, selon les critiques, ne suffisent pas à résoudre la crise. Le gouvernement a libéré certaines des personnes arrêtées dans le cadre de la crise, créé une commission du bilinguisme et organisé deux dialogues nationaux qui ont été critiqués comme étant insuffisants.

Le président Biya lui-même n’a assisté à aucune de ces réunions et a déclaré que la forme de l’État n’était pas sujette à discussion – l’une des principales revendications formulées par le Consortium de la société civile anglophone du Cameroun (CACSC), aujourd’hui interdit.

De grands groupes de défense des droits de l’homme et divers gouvernements, dont le Canada, ont proposé de servir de médiateur dans les pourparlers entre le gouvernement et les groupes séparatistes, mais les autorités camerounaises ont ensuite fait marche arrière, affirmant qu’elles n’avaient eu aucune discussion avec les responsables canadiens.

Alors que les élections présidentielles approchent en 2025, la situation sécuritaire reste désastreuse dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays et il n’est pas clair si Biya et son gouvernement seront disposés à discuter de la forme de l’État et à libérer un important leader séparatiste, Sisiku Ayuk Tabe, qui reste en détention depuis son arrestation dans un hôtel d’Abuja en 2018.

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Comores : les Cœlacanthes sont arrivés à Garoua !

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Comores : les Cœlacanthes sont arrivés à Garoua !
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La sélectionne comorienne est arrivée à Garoua ce mercredi 23 septembre, soit la veille du match contre le Cameroun au stade Roumdé Adja de Garoua.

Au Cameroun depuis dimanche dernier, les Cœlacanthes des Comores ont mis le cap sur Garoua. Parti de Yaoundé, la délégation est conduite par Abdoulatuf Abdallah et forte de 46 membres est arrivée ce jour à l’aéroport international de Garoua dans l’après-midi. Après les formalités d’usage, les Cœlacanthes ont rejoint leur quartier général à Shalom City.

À 18h au stade omnisports Roumdé Adjia de Garoua, la traditionnelle conférence de presse d’avant-match aura lieu. Jeudi, les Comores affronteront les Lions Indomptables lors de la première journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations, CAN 2027. Un match qui s’annonce déjà serré entre les deux sélections qui s’étaient affrontées lors de la CAN 2021 au Cameroun.

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le choix politique de Jean Marie Tchakui Noundie

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le choix politique de Jean Marie Tchakui Noundie
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Ce n’est pas un fait anodin dans le landerneau politique camerounais. Si de nombreux hauts commis de l’État, après leur retraite, choisissent de rejoindre le parti au pouvoir, Jean-Marie Tchakui Noundie a fait le choix inverse.

Administrateur civil principal, il est désormais militant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Il milite depuis trois ans au sein de cette formation politique très redoutée par le régime de Paul Biya.

Jean-Marie Tchakui Noundie l’a rendu public le week-end dernier lors d’un meeting dans le département du Haut-Nkam, Région de l’Ouest.

Quatre ans après son départ à la retraite en 2022, il estime n’être plus tenu par le devoir de réserve.

« Je suis venu au MRC pour donner le meilleur de moi-même »

Devant les militants, l’ancien sous-préfet est revenu sur son parcours : « Je suis le tout premier sous-préfet à avoir servi dans deux unités de la grande métropole économique du Cameroun, Douala, pendant 5 ans. […] Ceux qui m’ont côtoyé peuvent témoigner que j’ai toujours été un homme intègre. À Douala, j’ai toujours veillé à ce que les résultats sortis des urnes soient respectés. »

Sur les raisons de son engagement dans l’opposition, il assume : « Les gens pensent qu’être opposé veut dire qu’on est compromis. Vous croyez que si j’avais été avec eux, à mon âge, on m’aurait éjecté du système ? Je suis venu au MRC pour donner le meilleur de moi-même. »
Un ralliement qui ne manquera pas de faire parler dans les cercles politiques…

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PME : Access Bank et l’ITC incluent le Cameroun dans un programme africain d’accès au financement et aux marches

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PME : Access Bank et l’ITC incluent le Cameroun dans un programme africain d’accès au financement et aux marches
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun fait partie des 14 pays africains retenus par l’International Trade Centre (ITC) et Access Bank dans un partenariat de trois ans destiné à améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises au financement, aux marchés et à la formation. L’accord, annoncé le 22 septembre 2026, doit d’abord être testé au Ghana entre septembre 2026 et juin 2027, avant une extension à d’autres marchés à partir de 2027. Aucun calendrier spécifique au Cameroun, aucune enveloppe nationale et aucun nombre de bénéficiaires n’ont encore été annoncés.

Le protocole d’accord a été conclu entre l’ITC, agence conjointe de l’Organisation mondiale du commerce et des Nations unies, et The Access Africa Office, qui coordonne les filiales africaines d’Access Bank. Outre le Cameroun et le Ghana, le programme couvre l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée, le Kenya, le Mozambique, le Rwanda, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie.

Le dispositif doit intervenir sur cinq volets : l’accès au financement, notamment pour les entreprises détenues par des femmes et des jeunes, la création d’emplois par les PME, la pérennisation des entreprises, le renforcement des compétences — y compris dans le commerce numérique — et l’accès aux marchés. Les partenaires prévoient également d’accompagner les entreprises dans le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour les entreprises camerounaises, l’enjeu du financement reste mesurable. Selon la Banque des États de l’Afrique centrale, le taux effectif global moyen appliqué aux nouveaux crédits accordés aux PME au Cameroun s’établissait à 11,85 % au premier trimestre 2026, contre 7,59 % pour les grandes entreprises. L’écart atteint ainsi 4,26 points de pourcentage. Sur le même trimestre, les nouveaux concours déclarés par les banques aux PME ressortaient à 231,19 milliards de FCFA, contre 970,66 milliards de FCFA pour les grandes entreprises.

Access Bank dispose déjà d’un premier terrain d’intervention auprès des petites entreprises au Cameroun. En novembre 2025, sa filiale locale avait lancé, avec IFC et l’African Guarantee Fund, la première édition camerounaise du Womenpreneur Pitch-A-Ton. Le programme avait retenu 150 femmes entrepreneures pour des formations en gestion financière et prévoyait trois dotations de 3 millions, 2 millions et 1 million de FCFA, soit 6 millions de FCFA au total.

Le groupe bancaire a par ailleurs signé, en mai 2026, un accord-cadre avec IFC portant sur environ 500 millions de dollars de financements en monnaies locales destinés notamment aux micro, petites et moyennes entreprises, à l’agriculture, au logement et aux infrastructures. Access Bank indique que cette facilité doit couvrir plusieurs marchés africains, parmi lesquels la Cemac. Le groupe n’a toutefois publié aucune ventilation de cette enveloppe entre les pays de la sous-région.

Ce financement IFC et le nouveau partenariat avec l’ITC constituent deux accords distincts. Le communiqué du 22 septembre ne précise pas si les PME qui seront accompagnées par l’ITC pourront bénéficier des ressources du dispositif IFC. Il ne fournit pas non plus, pour le Cameroun, les conditions d’éligibilité, les volumes de crédit envisagés ou les modalités de partage des risques avec Access Bank Cameroon. Ces éléments détermineront la portée financière réelle du programme lorsqu’il sera déployé dans le pays.

BE

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