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Journées technologiques nationales : le bond vers l’innovation et l’industrialisation

« Le futur est prometteur », a déclaré avec assurance, Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt). C’était à l’occasion de la 9e édition des Journées Technologiques Nationales (JTN) couplées à la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, le 20 novembre dernier à Yaoundé. L’événement est placé sous le thème : « Innovations technologiques locales : levier de l’import-substitution », a mis en lumière le potentiel des solutions technologiques développées au Cameroun pour relever les défis économiques du pays, diminuer la dépendance aux importations et à encourager la production locale. Il a ressemblé, « les inventeurs locaux représentant l’avenir. Aujourd’hui, nous sommes très ravis de constater les talents et les ressources humaines précieuses que nous avons rassemblés. Nous comptons au moins 50 jeunes inventeurs », s’est félicité Dr Fuh Calistus Gentry.
Créées pour répondre au défi de l’industrialisation et de la création de richesses, les JTN, visent selon le Minmidt, à exposer et promouvoir les inventions locales. Elles constituent une plateforme unique où inventeurs, chercheurs, entreprises, investisseurs et grand public se rencontrent pour explorer les opportunités offertes par les innovations technologiques locales. Pendant trois jours, le savoir-faire des inventeurs camerounais a été mis en lumière, avec un accent particulier sur des secteurs clés comme l’agroalimentaire, la santé, la gestion durable de l’environnement et l’intelligence artificielle.
Le bilan de cette édition est éloquent : parmi les 50 candidats initiaux, 12 ont été sélectionnés et récompensés pour leurs inventions. Les prix, allant de 100 000 à 500 000 FCFA, ont été remis lors d’un dîner de clôture en présence de hauts responsables. Ces récompenses symbolisent l’engagement du gouvernement à encourager et à accompagner les innovateurs dans leurs démarches. Pour le ministre, c’est « un événement pour rassurer la jeunesse camerounaise sur les nombreuses opportunités qu’offre le pays. Nous pouvons développer l’Afrique, rester en Afrique, et le Cameroun est béni par sa position géographique, sa position stratégique et ses ressources naturelles pour déclencher l’industrialisation du continent » a indiqué le ministre. Et de poursuivre : Il faut que la jeunesse camerounaise soit au même niveau technologique que le reste du monde. Je suis très convaincu par ce que je vois aujourd’hui : le Cameroun est béni de talents et de ressources humaines que nous devons exploiter. C’est ainsi que les Chinois et les Indiens ont développé leur industrie. Je pense qu’il est temps pour l’Afrique, et en particulier pour le Cameroun, de prendre sa place.
L’OAPI ACCORDE 5 MILLIARDS DE FCFA POUR SOUTENIR L’INNOVATION AU CAMEROUN
Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a souligné l’importance de ces journées : « L’innovation technologique est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, notamment la transformation structurelle de notre économie et l’industrialisation, pour une création de richesse durable. » Pour garantir un suivi rigoureux, des mesures d’accompagnement ont été annoncées. Les lauréats bénéficieront d’un encadrement de proximité, notamment avec le soutien de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Les 2 premiers prix ont été sponsorisés par cet Organisme intergouvernemental africain de 17 États protégeant les droits de propriété intellectuelle et délivrant des brevets de propriété industrielle, dont le Directeur général, a accordé un appui à l’innovation de cinq milliards de FCFA au Cameroun. De plus, le Minmidt prévoit la publication d’une édition spéciale répertoriant toutes les inventions présentées, tandis que les brevets des gagnants seront financés pour assurer la protection de leurs innovations. « Nous avons produit un numéro spécial qui mettra toutes ces données à la disposition des hommes d’affaires, des industriels et des organisations internationales entre autres », confie le membre du gouvernement.
UNE VISION NATIONALE ALIGNÉE SUR LES AMBITIONS RÉGIONALES
Les JTN s’inscrivent dans une dynamique plus large, en synergie avec la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, célébrée lors de la même période. Cette convergence montre que l’innovation locale n’est pas seulement une nécessité nationale, mais aussi une opportunité pour le Cameroun de contribuer à l’industrialisation du continent. En alignant les JTN sur la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et le Plan directeur d’industrialisation, le gouvernement camerounais entend utiliser ces journées comme un levier pour concrétiser sa vision : réduire la dépendance aux importations, renforcer la production locale et transformer l’économie nationale en une économie industrialisée et résiliente.
FUH CALISTUS GENTRY, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt)
« Des Journées technologiques nationales pour bâtir un avenir avec les innovations locales »
En vue de profiter pleinement des dotations factorielles naturelles dont regorgent notre sol et notre sous-sol pour se positionner définitivement sur les sentiers de la transformation structurelle de notre économie, il est incontournable, à l’ère du temps, pour un développement plus rapide des innovations technologiques locales, qui serviront sans nul doute à une meilleure implémentation de la politique d’import-substitution, que la jeunesse camerounaise s’intéresse davantage aux techniques de l’intelligence artificielle. En effet, les technologies évoluent à un rythme effréné, redéfinissent sans cesse les frontières économiques entre les nations et les possibilités qui s’offrent à elles. Pour le Cameroun, le défi est de taille : il s’agit de bâtir un avenir où les innovations locales et la technologie endogène répondront aux besoins de notre société, réduiront notre dépendance aux importations et stimuleront la création d’emplois de qualité. La substitution des importations, loin d’être un simple concept économique, devient alors une promesse d’autosuffisance, de prospérité et de résilience pour notre nation. En encourageant nos propres solutions technologiques, nous ne faisons pas que répondre aux besoins actuels ; nous jetons les bases d’une économie plus forte, plus diversifiée et plus inclusive pour les générations futures. Suivant cet ordre d’idées, les Journées Technologiques Nationales (JTN) représentent notre volonté collective de réinventer notre tissu économique et technologique, en réponse aux aspirations de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) et du Plan Directeur d’Industrialisation (PDI), pour la construction d’un Cameroun résilient, autonome et avant-gardiste, un Cameroun capable de répondre à ses propres besoins avec ses propres ressources.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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