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Cameroun : Un grave accident devant le cortège de deux ministres fait un mort

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Cameroun : Un grave accident devant le cortège de deux ministres fait un mort
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La route a encore tué. Cette fois, l’accident mortel s’est produit juste avant le passage de deux membres du Gouvernement, dont le Ministre des Finances Loui Paul Motaze et le ministre des Travaux publics, Emmanuel Ngannou Djoumessi. Alors que le cortège interministériel s’était mis en branle, en direction de la localité de Oveng, sur la Nationale 9, sur l’axe Mbalmayo-Sangmelima, un porte-char circulant en convoi exceptionnel et roulant dans le sens Mbalmayo-Yaoundé est venu percuter mortellement un enfant qui se rendait à l’école.

Sur cette situation, le Ministère des Travaux publics a communiqué.

Lire ci-dessous, sa sortie :

« Sur le parcours de la Nationale 9, Mbalmayo-Sangmelima, notre cortège se rendant à Oveng ce Vendredi 22 novembre 2024, a été confronté à une perturbation de la circulation à l’entrée de la ville de Mbalmayo, en raison d’un accident. En effet, des informations reçues du gendarme en service, un porte-char circulant en convoi exceptionnel et roulant dans le sens Mbalmayo-Yaoundé venait de percuter mortellement un enfant qui se rendait à l’école.

Le Ministre des Travaux Publics et le Ministre des Finances ont immédiatement marqué un arrêt pour s’enquérir de la situation et manifester leur réconfort à la vue de la dépouille gisant au sol. »

Chef-Cellule Communication-MINTP.

Lebledparle.com vous propose ci-dessous quelques images de cet arccident:

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«Dans notre contexte actuel, comment maîtriser les stratégies de financement efficient des projets en Afrique ? » par Babissakana

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«Dans notre contexte actuel, comment maîtriser les stratégies de financement efficient des projets en Afrique ? » par Babissakana
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La présente note technique d’orientation et de justification est faite à l’attention des promoteurs de projets publics, privés et de la société civile, investisseurs, chefs de départements ministériels, chefs d’entreprise, chefs d’organisations publiques et de la société civile, chefs ou directeurs de projet, responsables et analystes financiers, professionnels de management de projet, etc., en vue de comprendre et de s’approprier les démarches et outils financiers utiles ainsi que les méandres techniques et les innovations financières pertinentes pour maîtriser la formulation et la mise en œuvre des stratégies de financement efficient de projets partout en Afrique.

En février 2026, la Banque Africaine de Développement a lancé la construction de la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA) en tant que «cadre commun à l’échelle du continent pour réorganiser la manière dont les capitaux et les risques sont mobilisés, structurés et déployés dans l’écosystème financier africain, en s’appuyant sur les principes de subsidiarité, de complémentarité, de coordination et de transformation des risques».

Le problème d’accès aux financements des projets se pose en fait plus du côté de la demande que de l’offre. D’où le constat et la plainte récurrente des banques de manque ou rareté des projets bancables. Dans l’optique d’accroitre la qualité de la demande des financements de projet, cette note comporte cinq (5) points : (i) le financement de projet : de quoi parle-t-on ? (ii) le concept de financement efficient d’un projet ; (iii) les défis à relever pour connaître et adopter les stratégies de financement efficient des projets dans nos pays ; (iv) l’objectif général et la finalité de la 6ème édition de la Pan-African PMC et (v) l’expérience et la réputation de la Pan-African PMC qui se construisent avec ses parties prenantes.

1. Financement de projet : de quoi parle-t-on ?

Quel que soit le pays Africain considéré, chaque projet, public, privé ou de la société civile, qu’il s’agisse en l’occurrence de lancer une entreprise, de réaliser une infrastructure, de concrétiser un investissement immobilier, ou d’acquérir un équipement, a besoin d’un élément fondamental et critique pour voir le jour : c’est le financement.

Le financement d’un projet est une technologie spécifique permettant au promoteur de réunir ou mobiliser des fonds nécessaires pour (i) préparer, (ii) réaliser et mettre en service, (iii) exploiter et maintenir le livrable d’un projet précis. Le financement du projet doit alors couvrir ces trois (3) phases qui constituent le cycle de vie du projet. Chacune de ces phases du projet requiert pour le promoteur de relever le défi de la mobilisation des ressources financières adaptées pour :

  1. financer la préparation du projet qui va de l’initiation jusqu’au closing financier ;
  2. financer l’exécution du projet qui va du closing financier jusqu’à la mise en service du livrable;
  3. financer l’exploitation et la maintenance du livrable qui vont de sa mise en service jusqu’à la réalisation effectives des bénéfices attendus du projet.

La phase de préparation du projet est celle qui détermine la pertinence et l’efficience du montage financier retenu pour le dudit projet. La préparation du projet fait référence à un processus qui comprend l’ensemble des activités entreprises pour conduire un projet de l’initiation au closing financier traduisant qu’il est prêt pour l’exécution. L’objectif principal du processus de préparation d’un projet est de développer, étudier et documenter une idée de projet au point d’attirer et d’obtenir les financements en termes de fonds propres et de dettes nécessaires pour son exécution et son exploitation réussies. Cela implique la production d’une documentation (technique, marketing, juridique, financière, économique, environnementale et sociale) du projet qui démontre sa bancabilité et ainsi motiver les décisions de financement des bailleurs de fonds et investisseurs. Ainsi, les projets bancables sont ceux qui sont développés et structurés conformément aux meilleures normes de viabilité technique, économique, financière, sociale et environnementale et respectant les exigences des investisseurs et des bailleurs de fonds.

2. Concept de financement efficient d’un projet

En fonction du type de projet (nature sectorielle), de la taille du projet (petit, moyen, grand, méga), du porteur du projet (public, privé, société civile) et de la phase du projet (préparation, exécution et mise en service, exploitation et maintenance), le montage financier efficient est généralement un mix optimal de deux (2) catégories de ressources financières : (i) les ressources financières internes ou financement par fonds propres ou encore autofinancement d’une part, et (ii) les ressources financières externes ou financement par les dettes et marginalement par aides ou subventions d’autre part. D’où l’importance du ratio fonds propres / dettes qui est la règle d’or dans le financement d’un projet.

En comparaison au financement par fonds propres, le financement par les dettes a des exigences et contraintes d’une part, de décaissement des fonds lors de la phase d’exécution du projet, et d’autre part, de remboursement des fonds reçus augmentés des intérêts (ou d’une plus-value) lors de la phase d’exploitation et maintenance du livrable du projet. D’où l’exigence des banquiers et bailleurs de fonds sur (i) le niveau approprié de rentabilité ou viabilité financière du projet (capacité prévisionnelle du projet à générer des revenus) et (ii) la disponibilité des garanties en contrepartie de l’octroi des crédits ou prêts (dettes).

Ainsi, une stratégie de financement efficient d’un projet permet au promoteur de passer de l’initiation du projet à sa réalisation et sa mise en service concrètes et, surtout in fine, à l’exploitation et la maintenance viables et durables du livrable, permettant la réalisation effective des bénéfices attendus et la solvabilité du promoteur de projet.

3. Défis à relever pour connaître et adopter les stratégies de financement efficient des projets dans nos pays

Les défis de financement efficient des projets en Afrique que doivent relever les promoteurs publics, privés et de la société civile afin de transformer les idées de projet en succès de réalisations concrètes, viables et durables, sont multiples. Il s’agit notamment de : (i) connaitre les acteurs pourvoyeurs des financements ; (ii) comprendre les sources et les mécanismes de financement ; (iii) assurer et démontrer la faisabilité technique, marketing, financière, économique, environnementale et sociale des projets ; (iv) s’entourer des bons partenaires notamment pour élaborer les montages financiers et juridiques appropriés ; (v) prendre en temps opportun les décisions stratégiques dans la conduite des projets ; (vi) mobiliser les ressources financières adéquates en fonction du type de projet, de la taille du projet et de la nature du promoteur.

Dans cette optique, la 6ème édition de la Pan-African Project Management Conference est conçue pour le transfert par les experts confirmés et l’acquisition par les parties prenantes intéressées des savoirs, savoir-faire et savoir-être sur le financement efficient des projets. Cette 6ème édition se concentre sur les conditions et modalités à remplir pour tirer avantage des multiples acteurs, sources, instruments et techniques innovantes de financement de projet disponibles dans les secteurs financiers nationaux et internationaux pour accroitre durablement le volume des investissements et le taux de succès des projets en Afrique. Il s’agit de permettre aux parties prenantes intéressées d’acquérir et de maitriser les meilleures solutions de financement efficient des projets, dans chaque pays africain.

Dans cette perspective et en se fondant sur la revue des meilleures pratiques et des innovations de financement des projets en Afrique et dans le monde, le thème retenu pour cette édition est : « Stratégies de financement efficient des projets en Afrique ». Il est décomposé en quatre (4) sous-thèmes dont un volet technique fondamental et trois (3) volets sectoriels, qui seront abordés chacun dans ses divers aspects en vue de faciliter l’acquisition et la maîtrise des stratégies de financement efficient des projets dans nos pays comme le résume le tableau ci-après les dix-huit (18) sessions à dérouler en trois jours.

A. Repères techniques de base sur le financement des projetsB. Stratégies de financement efficient des projets du secteur public
■ Définition et enjeux du financement de projet■ Types de projets publics et leurs principales caractéristiques
■ Principaux acteurs et leurs instruments classiques de financement de projet■ Instruments classiques et innovants de financement des projets publics : conditions et approches de mobilisation des fonds
■ Instruments et innovations de financement vert ou durable de projet■ Financement efficient de projets publics en mode finance publique
■ Acteurs et instruments de financement islamique de projet■ Financement efficient de projets publics en mode partenariat public-privé (PPP)
■ Préparation des projets bancables et facilités accessibles de financement
■ Principaux montages financiers de projet : mode finance publique, mode finance d’entreprise, mode finance de projet et mode partenariat public-privé
C. Stratégies de financement efficient des projets du secteur privéD. Stratégies de financement efficient des projets de la société civile
■ Types de projets privés et leurs principales caractéristiques■ Types de projets de la société civile et leurs principales caractéristiques
■ Instruments classiques et innovants de financement des projets privés : conditions et approches de mobilisation des fonds■ Instruments classiques et innovants de financement des projets de la société civile : conditions et approches de mobilisation des fonds
■ Financement efficient de projets privés en mode finance d’entreprise■ Financement efficient de projets de la société civile en mode finance d’association
■ Financement efficient de projets privés en mode finance de projet■ Financement efficient de projets de la société civile en mode finance de projet

4. Objectif général et finalité de la 6ème Edition de la Pan-African PMC

L’objectif général et la finalité de cette édition est de permettre aux parties prenantes intéressées du secteur public, du secteur privé et de la société civile d’avoir une meilleure maîtrise des stratégies de financement efficient des projets qu’elles sont susceptibles d’adopter en fonction des types et des tailles des projets ainsi que de la nature des promoteurs. Cette maîtrise concerne en l’occurrence : (i) la différenciation entre les projets publics, les projets privés et les projets de la société civile ; (ii) la règle d’or dans le financement de projet ; (iii) le principe d’efficience dans le financement de projet ; (iv) les acteurs et instruments classiques de financement de projet ; (v) les acteurs, instruments et innovations de financement vert ou durable de projet ; (vi) les acteurs et instruments de financement islamique de projet et (vii) les principaux types de montages financiers des projets.

5. L’expérience et la réputation de la Conférence se construisent ensemble avec ses parties prenantes

Depuis le lancement par la 1ère édition en 2017, la Pan-African Project Management Conference est à sa 6ème édition en 2026. En cinq (5) éditions, la Conférence a déjà rassemblée un total de 2 289 participants avec en particulier 119 experts internationaux qui ont effectivement assisté 1 697 professionnels africains d’acquérir et de maîtriser les technologies de management de projet. Pour parvenir à ce transfert de technologies, la Conférence a bénéficié de 4 participations du MINEPAT comme Partenaire Stratégique, les contributions déterminantes de 27 traducteurs-interprètes, 48 partenaires médias, 23 partenaires institutionnels, 47 partenaires d’appui et sponsors, 14 partenaires technologiques, 42 exposants et 267 prestataires de services.

Au total les cinq (5) thèmes suivants ont abouti à des rapports publiés par des éditeurs internationaux : (i) Accélérer la transformation économique de l’Afrique par le Management de Projet ; (ii) Réussir la préparation des projets bancables en Afrique ; (iii) Comment réussir l’organisation des projets en Afrique ; (iv) Comment développer l’ingénierie de projet en Afrique et (v) Normes et qualité pour la réussite des Projets en Afrique.

Le thème de la 6ème édition qui aura lieu du 18 au 20 novembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé est : « Stratégies de financement efficient des projets en Afrique ». Nous convions nos parties prenantes à la poursuite de la construction de notre sentier de développement des compétences, d’expérience et de réputation dans l’optique d’atteindre à terme une masse critiques de leaders et professionnels en management de projet jouant ainsi un rôle central dans la transformation structurelle des économies et sociétés africaines.

Babissakana, PMP, PMO-CP, CSSp Chairman & CEO, Prescriptor Ltd Director, Development Office of CSSp – Cameroon Province, President of the Pan-African Project Management Conference et Member of 2026 PMI PMO Global Awards Judging Committee

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Cameroon Business Forum : le gouvernement promet des réformes, le patronat réclame des actes

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Cameroon Business Forum : le gouvernement promet des réformes, le patronat réclame des actes 
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Après six ans d’interruption, le Cameroon Business Forum, plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, s’est réuni à Douala les 22 et 23 octobre 2026, sous la présidence du Premier ministre. Face au patronat conduit par son président, Célestin Tawamba, Joseph Dion Ngute et les membres du gouvernement présents ont pris connaissance des préoccupations des milieux d’affaires et convenu d’un ensemble de réformes destinées à stimuler le secteur privé et à renforcer la compétitivité des PME camerounaises.

Après six années d’interruption, le Cameroon Business Forum (CBF), plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, a repris ses activités les 22 et 23 octobre 2026 à Douala. Placée sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, cette 12e session a réuni près de 300 participants, parmi lesquels des membres du gouvernement, des représentants du patronat, des chambres consulaires et des partenaires techniques et financiers. Les travaux se sont déroulés autour du thème « ZLECAf et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ».

L’objectif affiché était de définir les réformes susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises camerounaises et de leur permettre de tirer profit du marché continental africain. Mais les échanges ont rapidement mis en évidence les préoccupations immédiates des opérateurs économiques, confrontés à la dégradation des infrastructures, aux difficultés d’accès au financement, aux contraintes fiscales et aux lenteurs administratives. À l’ouverture des travaux, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer l’environnement des affaires et d’accélérer la transformation productive de l’économie.

Le Premier ministre a notamment insisté sur la nécessité de développer la transformation locale des matières premières, de promouvoir l’import-substitution et de valoriser les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a également mis en avant la position géographique du Cameroun et ses infrastructures portuaires, susceptibles de soutenir son ambition de devenir un pôle industriel et commercial régional.

LE PATRONAT DRESSE UN RÉQUISITOIRE

Face au gouvernement, le président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a dressé un tableau préoccupant du climat des affaires. Son intervention a notamment porté sur la dégradation du réseau routier, les délestages électriques, la pression fiscale, les difficultés d’accès au crédit, les retards de paiement de l’État et l’insécurité juridique et foncière. Pour illustrer les difficultés logistiques, le président du patronat a évoqué des trajets pouvant atteindre six à huit heures entre Douala et Yaoundé, et huit à dix heures entre Douala et Bafoussam.

Des délais qui renchérissent les coûts de transport et pénalisent la compétitivité des entreprises. Sur le plan énergétique, il a indiqué que 65 % des entreprises recourent à des groupes électrogènes pour faire face aux insuffisances de l’approvisionnement électrique, tandis que les coupures représenteraient un coût économique équivalant à 2 à 4 % du produit intérieur brut. La fiscalité a également occupé une place importante dans son intervention. Célestin Tawamba a notamment relevé le décalage entre l’objectif d’augmentation des recettes fiscales de 12,5 % en 2026 et une croissance économique attendue autour de 3,5 %.

Une situation qui, selon le patronat, accentue la pression sur les entreprises formelles. Mais au-delà du diagnostic, le président du GECAM a surtout insisté sur la nécessité de rompre avec les précédentes éditions du forum, dont de nombreuses recommandations seraient restées sans suite. Il a demandé que les engagements retenus soient limités en nombre, assortis de responsables clairement identifiés, d’échéances et d’indicateurs mesurables. Le patronat souhaite également qu’un bilan public soit présenté dans un délai de six mois. Deux autres revendications ont été formulées : une loi de finances 2027 accordant une progression plus importante aux dépenses d’investissement qu’aux dépenses de fonctionnement, ainsi qu’un calendrier public d’apurement des arriérés de l’État, accompagné du remboursement des crédits de TVA dans les délais légaux.

SIX ATELIERS POUR IDENTIFIER LES RÉFORMES

Les travaux techniques ont été organisés autour de six ateliers consacrés au patriotisme économique et au Made in Cameroon, à la facilitation des échanges, au financement du commerce et de l’industrialisation, à la logistique et à l’énergie, à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’à la réforme du dispositif de dialogue public-privé. Ces discussions ont permis aux administrations, aux organisations patronales et aux partenaires au développement d’examiner les contraintes qui limitent la capacité des entreprises camerounaises à produire, à investir et à exporter. Le financement des PME a particulièrement retenu l’attention.

Lors d’un atelier consacré aux jeunes et aux femmes entrepreneurs, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a évoqué une ligne de crédit de 200 milliards de FCFA mise en place environ trois ans auparavant. Il a souligné la nécessité pour les promoteurs de présenter des projets bancables et rappelé l’importance des mécanismes de garantie publique pour faciliter l’accès au crédit des entrepreneurs ne disposant pas de garanties suffisantes. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a également participé aux échanges consacrés à l’innovation, à l’incubation et à l’accompagnement des entreprises.

Parmi les pistes examinées figuraient la création de guichets uniques pour les start-up, l’amélioration des dispositifs de financement et le renforcement de l’encadrement des jeunes entrepreneurs. Le président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, Christophe Eken, a pour sa part défendu six priorités, notamment la promotion du Made in Cameroon, la réduction du coût des intrants, l’accès aux financements productifs de long terme, la sécurité juridique, l’opérationnalisation de la ZLECAf et la consolidation du dialogue entre l’État et les entreprises. Les partenaires internationaux ont également apporté leur contribution.

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique a présenté les perspectives du commerce intra-africain et les opportunités de développement industriel du Cameroun. La Société financière internationale a, de son côté, exposé les exigences du dispositif Business Ready, qui évalue notamment la qualité de la réglementation, des services publics et des conditions opérationnelles des entreprises.

QUATRE RECOMMANDATIONS ET UNE PROMESSE DE SUIVI

À l’issue des deux journées de travaux, quatre grandes recommandations ont été annoncées. Elles portent sur la fluidification des procédures administratives, l’accélération des projets d’infrastructures énergétiques et routières, l’amélioration de l’accès des PME au financement et le renforcement de la compétitivité des entreprises camerounaises. Le gouvernement a également annoncé la mise en place d’une matrice de suivi précisant les administrations responsables, les échéances et les indicateurs de réalisation des réformes retenues.

À la clôture, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de traduire les conclusions du forum en actions concrètes, ministère par ministère. Toutefois, les recommandations générales rendues publiques ne permettent pas encore d’établir le sort réservé à plusieurs revendications précises du patronat, notamment le calendrier d’apurement de la dette intérieure, le remboursement des crédits de TVA, la réorientation des dépenses publiques vers l’investissement ou encore la sécurisation foncière et judiciaire.

Les documents de synthèse consultés par Défis Actuels ne permettent pas davantage de déterminer si ces préoccupations ont été intégrées dans la matrice détaillée annoncée à la clôture. La question de l’application effective des recommandations demeure donc entière. D’autant que la longue interruption du Cameroon Business Forum et le bilan contesté des engagements précédents ont alimenté les interrogations des opérateurs économiques sur l’efficacité de ce cadre de concertation. Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à démontrer que les réformes annoncées peuvent produire des résultats tangibles sur les coûts de production, l’accès au financement, la qualité des infrastructures et les délais administratifs.

Pour les entreprises, il s’agit de disposer d’un environnement permettant d’investir et de rivaliser avec les producteurs des autres pays africains. Au terme de cette 12e session, le dialogue institutionnel a donc repris, mais sa crédibilité dépendra de la mise en œuvre des engagements annoncés. Comme le montrent les conclusions examinées par Défis Actuels, la prochaine étape sera moins celle de nouvelles concertations que celle de la publication d’un calendrier précis et de résultats vérifiables.

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Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie

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Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie
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La 12ème édition du Cameroon Business Forum s’est tenue les 22 et 23 octobre 2026 à Douala, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Le patronat avait quitté la table depuis 2021, dénonçant des promesses non tenues et un faible taux d’exécution des recommandations.

Autour du thème « ZLECAf et transformation productive », environ 300 participants ont travaillé sur le climat des affaires, la compétitivité et le commerce intra-africain. Quatre résolutions en sortent : patriotisme économique et industrialisation, facilitation des échanges transfrontaliers, financement de l’économie et de l’innovation, restructuration et suivi du forum lui-même.

Les participants ont aussi réclamé des engagements assortis d’échéances et d’indicateurs de résultats. Je ne veux pas discuter de ces résolutions qui me semblent élitistes ; je ne comprends pas comment la préoccupation des gens peut tourner vers la ZLECAf dans un pays déficitaire où les entreprises ne produisent pas encore suffisamment pour exporter. Je veux plutôt m’intéresser à un seul aspect des préoccupations élémentaires de l’investissement privé dans leur quotidien au Cameroun.

Une enquête présentée sur place donne le ton : 63,5 % des entreprises citent le poids de la fiscalité, 45 % le coût de l’énergie, 33,5 % les difficultés de recouvrement. Le droit de propriété n’apparaît, dans les comptes rendus consultés, qu’au détour d’une liste de suggestions, avec l’accès facile à la terre et une justice équitable.

Les dossiers récents montrent pourtant l’ampleur du problème. Disons-le de façon formelle : il n’y a pas de promotion de l’investissement privé, et donc de la création locale des richesses, sans garantie de la propriété privé et sans attribution des mesures incitatives. C’est ce qui m’intéresse dans cette chronique.

Djeuga Palace : l’affaire qui résume tout

Dans l’actualité, l’Etat du Cameroun montre ses muscles et toute sa puissance contre un investisseur privé que l’on accuserait d’être véreux. Je n’entre pas dans ce dossier. Je regarde les choses du point de vue de la promotion de l’investissement privé au Cameroun et je me dis : quel énième gâchis ! Quelle image le Cameroun renvoie-t-il aux investisseurs privés ? Un immeuble de onze niveaux a été construit au giratoire Joss, à Douala, sur un terrain de l’Etat.

Question : Où était l’Etat pendant toutes les phases de ce projet ? Qui paie l’addition ? Que dit la justice ? Quel juge a-t-il tranché la fraude ? Quel que soit le cas, le message aux investisseurs ne dépend pas de l’issue du procès : l’État a vendu, encaissé et laissé construire un immeuble de 11 niveaux pendant 10 ans avant de contester son propre acte. C’est une faute de gestion.

Quel autre investisseur viendra jouer la loterie au Cameroun dans un cadre administratif et judiciaire aussi instable et incertain ? Dans les pays qui attirent le plus les investisseurs privés, la propriété privée est sacrée. Et en cas de fraude, toutes les parties s’en remettent à la justice. Pire, quel investisseur sérieux viendra dans un pays où les membres du gouvernement disent n’être pas tenus par les décisions de justice ?

En 2026, un décret ou un arrêté est supérieur à la loi : c’est une dérive ! L’on note la multiplication des dérives politico-judiciaires et administratives qui plombent les espoirs de la réussite de toute promotion de l’investissement privé au Cameroun : Du Port Autonome de Douala aux aéroports du Cameroun en passant par les litiges fonciers dans nos quartiers, l’on observe que le droit de propriété n’est pas garanti, ce qui est largement défavorable à l’investissement privé.

La Cour suprême s’alarme

Cette situation est dénoncée au plus haut niveau judiciaire. À la rentrée solennelle de février 2026, la Cour suprême a décrit des titres retirés puis rétablis, jusqu’à quatre fois pour certains. Elle a aussi mis en doute le pouvoir de l’administration de constater la nullité de ses propres actes, relevé la cohabitation d’arrêtés authentiques et contrefaits, et signalé plusieurs titres sur une même parcelle du domaine de l’État. En 2022 déjà, la Chambre judiciaire parlait d’une banalisation injustifiée du titre foncier, qui expose l’acheteur de bonne foi.

Gagner en justice ne suffit pas non plus. En 2021, la Cour suprême relevait que l’exécution des décisions, y compris les siennes, se heurte aux lettres circulaires des ministres qui exigent leurs accords préalables. Du jamais vu ! Par exemple, Me Benjamin Matip, victorieux le 24 octobre 2012, attendait encore l’exécution de la décision de justice après la notification ; il affirmait qu’un projet de 10 000 logements sociaux, adossé à 226 milliards de FCFA de financement, était ainsi bloqué. À Soa, les titres de Dieudonné Atangana, réhabilités par une décision irrévocable, avaient été annulés de nouveau.

La situation est dramatique. Le ministère agit par lots : 90 titres retirés dans le Nkam en 2023, 127 déclarés nuls le 10 juillet 2023 dans la zone du projet de fer de Lobé, près de 163 dans l’affaire MAGZI. Je ne parle là que des cas documentés et médiatisés. Certaines mesures répondent à de vraies fraudes, mais Greenpeace rappelait qu’elles ne vaudraient que suivies de sanctions contre fraudeurs et agents complices.

Je répète : la propriété privée doit être sacrée si le Cameroun veut promouvoir les investissements privés. Le ministère présente lui-même le titre comme « intangible, inattaquable et définitif » mais, malheureusement, ce n’est pas la seule décision contradictoire de la justice qui en constate la nullité.

Le Cameroun détruit ses propres citoyens talentueux

Question : le gouvernement camerounais n’a-t-il pas toujours intégré qu’il peut donner gratuitement le terrain aux investisseurs privés pour créer localement la richesse ? Cela fait partie de ce que l’on appelle sous d’autres cieux, « mesures incitatives ». Comment veulent-ils emmener les gens à investir dans notre pays lorsqu’ils ne leur donnent rien ?

L’affaire Djeuga Palace fait jaser à l’étranger : L’Etat est-il incapable de donner un hectare de terrain pour la construction d’une infrastructure hotellière et touristique de classe internationale ? Il semble que l’homme d’affaires incriminé ne soit pas sérieux : regardons-nous dans les yeux et répondons objectivement à la question de savoir quel homme d’affaires au monde est sérieux !

Pourquoi sommes-nous toujours aussi durs envers les nôtres ? Ceux que nous allons chercher à l’étranger sont-ils sérieux ? Je crois que le problème est systémique : le système camerounais est fait pour compliquer la vie à ses citoyens. Prenons même l’exemple du système d’évaluation à l’école : le Cameroun bloque ses propres enfants.

Je retiens donc que même le patronat réclame visibilité et sécurité juridique. La numérisation du titre foncier, promise en 2011, reste une promesse pompeuse du gouvernement. Le forum de Douala a posé des principes, des engagements datés et mesurables.

Reste à y inscrire le foncier : titres, exécution des décisions de justice, cadastre. Sans cela, les appels à l’investissement privé auront peu d’effet, car un titre obtenu régulièrement peut toujours être contesté des années plus tard.

Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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