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Le vice-président du Sénat appelle à un meilleur niveau de vie, mais son village sombre dans la pauvreté

Par Claude Kenfack
Le Premier Vice-Président du Sénat, Aboubakary Abdoulayequi est également Lamido de Rey Bouba, a appelé à des réformes gouvernementales pour améliorer le niveau de vie des Camerounais dans un contexte de pauvreté atroce dans le pays.
L'honorable Aboubakary Abdoulaye a prononcé ce discours lors de l'ouverture de la session de novembre du Parlement.
S'exprimant au nom du président du Sénat Marcel Niat Njifenji, Abdoulaye a appelé à des efforts intensifiés pour améliorer la gestion des finances publiques, lutter contre l'inflation et fournir des services essentiels comme l'eau potable, les soins de santé et des infrastructures fiables.
« La réponse du gouvernement à ces défis a été louable, mais il faut faire davantage pour garantir que chaque Camerounais puisse répondre à ses besoins fondamentaux », a-t-il déclaré.
Mais si le discours d'Abdoulaye exprimait le souci du bien-être national, le contraste entre ses paroles et les réalités au sein de sa juridiction, le lamidate de Rey Bouba, est saisissant.
Abdoulaye n'est pas seulement sénateur mais aussi le dirigeant traditionnel de Rey Bouba, une région embourbée dans la pauvreté, le sous-développement et une gouvernance traditionnelle stricte que certains qualifient de quasi-autocratique.
Un aperçu de Rey Bouba
Situé dans la région nord du Cameroun, Rey Bouba est dirigé par le Lamido, Abdoulaye lui-même, un titre qui lui confère une immense autorité sur la région.
Malgré ses exhortations publiques à de meilleures conditions de vie, les rapports et témoignages de Rey Bouba suggèrent une situation désastreuse.
L'accès aux services fondamentaux reste un défi important ; l’éducation, les soins de santé et même les infrastructures de base sont rares, voire totalement absents.
Les résidents locaux et les militants de la société civile ont exprimé leur frustration face au décalage entre le rôle politique de haut rang d'Abdoulaye et les conditions de vie dans sa ville natale.
Comme l’a déclaré un habitant de Rey Bouba, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat : « Il parle de l’importance de l’éducation et de la santé à Yaoundé, mais ici à Rey Bouba, les enfants marchent des kilomètres pour se rendre à l’école et les soins de santé les plus proches sont à quelques heures. »
Appel à une amélioration nationale, ignorant les réalités locales
Malgré l'appel d'Abdoulaye à un meilleur assainissement des comptes publics et fiscaux, à une réduction de l'inflation et à un meilleur accès aux services de base, les habitants de Rey Bouba affirment que sa gouvernance a conduit à un développement limité.
Les rapports de la société civile suggèrent que les règles traditionnelles éclipsent les lois nationales à Rey Bouba, l'autorité du Lamido dictant la vie quotidienne.
Les critiques affirment qu’Abdoulaye a utilisé son pouvoir de sénateur pour renforcer son influence locale sans mettre en œuvre les réformes qu’il préconise au niveau national.
Un rapport de Mimi Mefo Info met en lumière cette disparité, décrivant Rey Bouba comme « une région où les structures traditionnelles éclipsent la gouvernance moderne et où les habitants se sentent largement oubliés ».
Le rapport souligne que « les infrastructures de base font défaut, les établissements de santé sont quasiment inexistants et les services éducatifs sont rares et manquent de ressources ».
Les propres déclarations d'Abdoulaye lors de la session du Sénat, où il a souligné la nécessité de « réponses crédibles et efficaces » aux questions liées à la sécurité, à l'éducation, à la santé et au pouvoir d'achat des Camerounais, semblent creuses lorsqu'on les regarde à travers le prisme des réalités de Rey Bouba.
Gouvernement et responsabilité publique
Le double rôle d'Abdoulaye en tant que sénateur et chef traditionnel illustre un dilemme plus large au Cameroun, où les responsables plaident fréquemment en faveur d'une réforme nationale mais ne parviennent pas à améliorer les conditions dans leurs circonscriptions.
Les militants de la société civile soutiennent que les dirigeants occupant de hautes fonctions devraient montrer l’exemple, en commençant par apporter des changements au sein de leurs propres sphères d’influence.
« Si le vice-président du Sénat ne peut pas améliorer la vie dans son propre village, quel espoir avons-nous d'amélioration nationale ? » a remarqué un militant de Douala.
L’opinion publique s’oriente de plus en plus vers une plus grande responsabilité.
Le statut visible d'Abdoulaye rend les défis de Rey Bouba d'autant plus flagrants qu'il est clair que des ressources pour l'amélioration existent, mais elles n'atteignent peut-être pas ceux qui en ont le plus besoin.
L'analyste politique Dr Henri Ngwafor a noté : « Lorsque les dirigeants parlent de lutter contre l'inflation ou de promouvoir la santé, ils doivent d'abord veiller à ce que ces efforts atteignent les zones les plus défavorisées. Autrement, ces déclarations risquent d’être considérées comme de la simple rhétorique.»
Appel à une réforme localisée
Alors qu’Abdoulaye plaide en faveur d’une réforme nationale, des voix de Rey Bouba l’appellent à s’attaquer aux problèmes intérieurs.
Pendant des années, la gouvernance traditionnelle sous l'autorité d'Abdoulaye aurait maintenu les habitants dans des conditions strictes, où la dissidence est étouffée et où les initiatives de développement restent minimes.
« Il connaît les problèmes ici ; c'est lui, notre chef. Nous avons besoin de routes, de cliniques et d’écoles », a déclaré un aîné de la région.
Cette contradiction révèle un niveau complexe de gouvernance au Cameroun : les fonctionnaires contrôlent à la fois les structures traditionnelles et politiques mais peinent à équilibrer les deux.
Le double rôle d'Abdoulaye soulève des questions sur la responsabilité des dirigeants qui, bien qu'ils plaident en faveur de réformes au niveau national, ne parviennent pas à mettre en œuvre des changements similaires au sein de leurs propres juridictions.
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Conseil constitutionnel: Remy Nama pour succéder à Clément Atangana

Le Conseil constitutionnel a un nouveau chef. Le président de la République a jeté son dévolu sur Remy Nama. Le nom du successeur de Clément Atangana a été dévoilé par un décret présidentiel signé ce 16 octobre 2026. Au moment où la dépouille du premier président de l’institution atterri à Yaoundé, en provenance de Paris où le natif du Nyong et So’o a poussé son dernier soupir, Paul le remplace par son voisin de département. Le nouvel homme fort du Conseil constitutionnel est originaire de la Mefou et Akono. Jusqu’ici chargé de mission à la présidence de la République, ce magistrat hors échelle a ete préféré aux autres juristes de la maison dont les noms circulaient déjà, comme Adolphe Minkoa She.
« Ma réaction à chaud, c’est une expression de gratitude à l’endroit du chef de l’État, qui m’a jugé digne d’être nommé au Conseil constitutionnel, qui est, comme vous le savez, une assemblée des sages appelée à réfléchir sur la Constitution. C’est vraiment un sentiment de gratitude et de reconnaissance, et je peux lui dire que la confiance qu’il a placée en moi, je vais tout faire pour la mériter», a réagi le nouveau président du Conseil constitutionnel au micro de PRC TV.
Rémy Nama est donc le 2ème président de cette institution. Clément Atangana en a posé les jalons entre 2018 et 2026. Jusqu’à ce que la mort en décide autrement le 4 octobre dernier. L’homme ne reviendra pas vivant de son évacuation sanitaire en France. La suite de la vie de cette institution suprême en charge des élections au Cameroun se fera avec Rémy Nama aux commandes.
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CEMAC : Beac-FMI-Motaze-Ebola-Nigeria – News du Cameroun

Echanges Cameroun-Nigéria : Des exportateurs annoncés
Une délégation de l’Assemblée des exportateurs nigérians sera au Cameroun du 18 au 24 octobre 2026. Ils viennent discuter des opportunités de partenariats entre secteurs privés des deux pays dans les domaines d’import/export des produits agricoles, manufacturés et de service. Il s’agit aussi d’identifier de potentiels distributeurs Camerounais afin de renforcer et faciliter les relations commerciales entre les deux pays et d’explorer les possibilités de joint-ventures dans les domaines de la logistique et de l’industrie.
Assemblées annuelles du FMI : Louis Paul Motaze en Thaïlande
Louis Paul Motaze, ministre en charge des Finances est actuellement à Bangkok en Thaïlande. Il y prend part aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Le Cameroun cherche à conclure un nouveau programme à conclure un nouveau programme avec le FMI, après l’achèvement en juillet 2025 de l’accord couvrant la période 2021-2025. Les discussions en vue d’un nouvel engagement se poursuivent depuis plus d’un an. Dans son communiqué, le Minfi indique que les audiences menées en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale constituent des occasions de dialogue avec des interlocuteurs susceptibles d’éclairer les options de financement du pays.
Intégration régionale : Environ 130 milliards décaissés par la BEAC pour accélérer les décaissements
La Banque de développement des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a levé 222 millions de dollars (environ 130 milliards FCFA) le 13 octobre 2026 lors de sa première émission obligataire sur les marchés internationaux, à échéance octobre 2029. L’Africa Finance Corporation a joué le rôle d’investisseur d’ancrage. Selon africa-news-agency.com, l’opération vise à diversifier ses sources de financement et accélérer les décaissements pour l’intégration régionale, les infrastructures, l’agriculture et l’industrie dans ses six États membres. L’institution est notée Ba3 par Moody’s, avec une perspective stable.
Lutte contre Ebola : Les pays de la Cemac harmonisent une série de protocoles
Les six pays membres de la CEMAC harmonisent leurs plans de prévention de la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo. La réunion s’est tenu le 15 octobre 2026 à Brazzaville. C’est au total, 8 protocoles qui ont été harmonisés et axés, entre autres, sur la surveillance épidémiologique, le suivi et la gestion des contacts, le contrôle aux frontières d’entrée ou encore la communication sur les risques. L’objectif est de prévenir, de détecter tôt et de répondre efficacement, en cas d’apparition de la maladie à virus Ebola dans la communauté.
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Cameroun : La Douane adopte une feuille de route pour maximiser les recettes en 2026

Au cours de la réunion hebdomadaire du Comité de direction, tenue le lundi 5 octobre 2026, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a engagé ses collaborateurs des services centraux et déconcentrés à maintenir une performance haussière, en vue d’atteindre les objectifs budgétaires et non budgétaires escomptés.
À trois mois de la fin de l’exercice budgétaire 2026, la Direction générale des Douanes a défini une feuille de route stratégique visant à maximiser la collecte des recettes et à surpasser les résultats de 2025. À cette fin, plusieurs propositions d’actions fortes ont émergé de la réunion du Comité de direction.
Il s’agit notamment de l’harmonisation des méthodes de travail et des bases de taxation des marchandises, de la ponctualité et de l’assiduité des personnels des Douanes, de l’anticipation sur les procédures de dédouanement, de la rationalisation de la dépense fiscale induite par l’octroi de certaines facilités douanières, ainsi que du renforcement des contrôles à la détention et à la circulation des marchandises.
Sont également prévus le renforcement de la collaboration avec les opérateurs économiques et les banques, l’amélioration de la mobilisation des recettes spontanées, le traitement diligent des dossiers contentieux, le renforcement de la discipline, le suivi des marchandises à fort potentiel de recettes et le renforcement de la collaboration avec les autres acteurs de la chaîne logistique et du commerce extérieur.
La feuille de route prévoit enfin la facilitation des opérations douanières, l’apurement des dettes dues par les opérateurs économiques, l’organisation des ventes aux enchères publiques des marchandises, la consolidation des acquis de certaines réformes à impact fiscal, la sécurisation des marchandises en transit, l’amélioration de la prise en charge des marchandises à l’importation et à l’exportation, ainsi que l’amélioration de la rentabilité fiscale par conteneur.
Le FMI préconise un resserrement budgétaire
Le Comité de direction s’est ouvert par la restitution de la mission d’évaluation du Fonds monétaire international (FMI) post-financement au Cameroun, menée du 17 au 30 septembre 2026. Dirigée par Christine Dieterich, cette mission faisait suite à l’achèvement du précédent programme économique et financier, en juillet 2025. Elle s’est concentrée sur la situation macroéconomique et l’analyse de la viabilité de la dette du pays.
À l’issue des consultations, le FMI a relevé que la croissance est restée stable à 3,5 % en 2025. Pour 2026, l’accélération attendue pourrait être freinée par la baisse continue de la production d’hydrocarbures et les tensions internationales.
Le FMI préconise donc un resserrement budgétaire, une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières et une accélération des réformes structurelles pour soutenir le secteur privé.
Pendant cette mission, la Direction générale des Douanes, informe-t-on, a mis en relief plusieurs actions majeures, notamment la mise en œuvre du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques, l’accentuation de la lutte contre la fraude et la contrebande, la mise en œuvre du concept d’Opérateur économique agréé (OEA), ainsi que l’apurement des dettes dues par les marketeurs et celles consécutives au bénéfice des régimes suspensifs.
Il convient de relever que le Cameroun n’est actuellement plus sous programme économique et financier avec le FMI. Bien que les autorités camerounaises plaident activement pour la conclusion d’un nouveau partenariat à moyen terme, les discussions indiquent que la signature d’un nouvel accord économique et financier n’interviendrait qu’au cours de l’année 2027.
Le rapport d’évaluation de septembre sera officiellement examiné par le Conseil d’administration du FMI en décembre 2026.
Mention honorable pour la surveillance douanière
Faisant le point de l’opération HALCOMI IV, mission spéciale lancée officiellement le 8 septembre dernier, Alain Parfait Eba’a Efandene, chef de la Division des enquêtes douanières et de la surveillance et superviseur délégué de cette opération, a indiqué qu’en moins d’un mois après son entrée en scène, le bilan est positif, avec 170,3 millions de FCFA dans les caisses publiques.
La zone 1, couvrant les régions du Littoral, du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Nord-Ouest, a engrangé 104,7 millions de FCFA, soit 69,7 millions de FCFA de droits compromis et 35 millions de FCFA d’amendes, pour 29 affaires bouclées.
La zone 2, qui couvre les régions du Centre, du Sud et de l’Est, a comptabilisé 31,02 millions de FCFA, soit 21,57 millions de FCFA de droits compromis et 9,45 millions de FCFA d’amendes, pour 31 affaires.
La zone 3, regroupant les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, a enregistré 34,61 millions de FCFA, soit 22,46 millions de FCFA de droits compromis et 12,15 millions de FCFA d’amendes, pour 19 affaires.
Des résultats salués par le DG des Douanes, qui a adressé ses félicitations aux équipes spéciales HALCOMI IV et aux unités organiques de surveillance, notamment celles du Secteur des Douanes du Sud-Ouest, qui s’illustrent dans le dynamisme du renseignement et la multiplication des saisies majeures.
La variété et la densité des saisies dénotent, selon la Direction générale des Douanes, une vigilance accrue et un engagement constant, conformément aux lignes directrices de l’Organisation mondiale des douanes pour l’année 2026.
Le DG des Douanes a en outre encouragé ses collaborateurs opérationnels à maintenir la cadence au cours de ce dernier trimestre de l’année. Un conclave des coordinations des zones HALCOMI IV est envisagé dans les prochains jours à Yaoundé.
La surveillance et la sécurité douanières demeurent pleinement actives aux frontières et à l’intérieur du territoire national, apprend-on.
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Regards vers l’avenir
Les mesures douanières à inclure dans le projet de loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2027 et l’impact de l’intelligence artificielle (IA) en matière douanière ont également figuré au centre des travaux du Comité de direction.
Particulièrement, l’IA est devenue un levier stratégique pour les administrations douanières modernes, en se posant comme un vecteur de performance, de conformité et de sécurité. Pour obtenir de meilleurs résultats opérationnels, elle intervient à plusieurs niveaux de la chaîne logistique et réglementaire. Son exploitation est recommandée aux services centraux comme aux services opérationnels.
Les travaux se sont achevés par la présentation du monitoring des éléments de taxation des marchandises du 28 septembre au 3 octobre 2026. Il en ressort, comme de tradition, les cohérences, les dysfonctionnements, les mesures correctives, la dépense fiscale et le transit communautaire des marchandises.
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Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 06/10/2026
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