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L’affaire Longué Longué révèle l’hypocrisie politique

Je ne suis pas Longue Longue
Depuis quelques heures, circule une vidéo de l’artiste Longkana Simon, dans ce qui ressemble à un domicile privé, subissant des sévices corporels d’individus qui appartiennent selon toute vraisemblance à une antenne de la Sécurité Militaire.
La scène, filmée se serait déroulée en 2019, et pour des raisons que l’opinion publique ignore, apparait aujourd’hui.
Face à l’intransitivité des images, les camerounais sont mis en demeure de suspendre leurs jugements pour faire parler leurs émotions. Il faut réprouver la torture/la scène -mais sont-elles isomorphes ?- faute de quoi, on manquerait d’humanité.
En visionnant cette scène, je me suis souvenu qu’il y a 25 ans, jeune bachelier, je tenais un petit commerce sur le bord de la route à Elig Edzoa. Nous habitions alors une petite masure au Carrefour Safca, du côté où se trouve l’usine. Un soir, ma maman me demande de l’accompagner dit-elle pour rencontrer un oncle à la Direction de la Police judiciaire à Elig Essono. Il est 18 heures passés lorsque nous nous engouffrons dans un taxi qui cinq minute plus tard, gare devant un bâtiment qui ne paye pas de mine.
Dès que nous entrons dans le bâtiment, la mine de ma maman change. Elle me demande où j’ai mis ses 500 000 Fcfa. Face à mon incrédulité, elle me rappelle impassible que je finirai, bien par dire, où se trouve « son argent ».
Sur ces entrefaites, un monsieur en tenue de policier la reconnait et vient vers elle. Elle lui certifie que je suis celui dont elle lui a parlé précédemment.
Nous sommes conduits au fond à droite et là, elle sort, un carnet de cotisation dans lequel, j’ai mis 120 000, l’épargne correspondant à un mois de mon activité. Un échange qui avait visiblement commencé entre elle et le monsieur se poursuit. La découverte de ce carnet, que je gardais sous mon lit, l’aurai convaincu de ce que j’ai probablement pris dans sa chambre 500 000, dont une partie se trouve sur le carnet.
On me demande ce que j’ai fait du reste. « Il a probablement mangé ça avec ses amis ». Comme je ne suis pas très coopératif, je suis laissé là par ma mère qui prend rdv avec le monsieur pour le matin suivant 6 heures. Le monsieur me promet que dans un moment, je lui dirai tout et répondrai à toutes les questions qu’il me posera.
Quelques heures plus tard, autour de 22 heures, notre monsieur revient. Manifestement les patrons ont quitté les lieux et plus rien ne s’oppose au « traitement que je dois recevoir ».
Je suis menotté des pieds et des mains, ensuite un baton est passé entre les 02 paires de menottes. Le monsieur et un de ses collègues me suspendent entre 02 chaises.Pour ceux qui ont été dans les services de sécurité à une certaine époque, c’est la technique de la balancoire.
Dans cette position très inconfortable, je l’avoue, je suis fouetté à la machette de pratiquement 22 heures à 05 heures du matin. On me verse de l’eau sur la plante des pieds de temps à autre. Vers 05 heures, je suis descendu de la balancoire, et ordre m’est donné de sauter, exactement comme à Longue Longue. « Cela doit permettre au sang qui s’est accumulé de recommencer à circuler ».
Malgré mes sauts, repetés de mauvaise grace, je fus dans l’incapacité de marcher pour rentrer chez moi. Je fus donc transporter dans un porte-tout.
Lorsque l’on a probablement vécu pire que ce qu’a vécu Longue Longue, ses sévices ne semblent pas durer très longtemps d’après ce que laissent entendre la vidéo, on a une raison personnelle, supplémentaire de condamner énergiquement le traitement qu’il a subi. Mais, cette tentation qui traduit l’emprise des émotions sur notre raison, je n’y cèderai pas. Je ne suis donc pas Longue Longue et voici pourquoi.
Condamner toutes les violences sur artistes ou n’en condamner aucune
Le Cameroun sort à peine d’un moment particulier de son histoire, né de la contestation du résultat de l’élection présidentielle d’octobre 2018. Pendant plusieurs années de nombreux artistes ont été victimes de terrorisme culturel en Occident, simplement pour n’avoir pas pris leurs distances vis-à-vis de Paul Biya ou pour n’avoir pas soutenu Maurice Kamto. Des activistes dont certains peinent aujourd’hui a caché leur proximité avec le MRC ont assumé le sabotage de leurs spectacles.
Pendant que nous dénoncions une inacceptable atteinte à la liberté de penser, ceux qui, aujourd’hui exigent à tout le monde de condamner ce qu’a subi Longue Longue avaient-ils condamné ces sévices ? Bien sûr que non, bien au contraire, ils expliquaient pince-sans-rire que le terrorisme culturel est indispensable pour contraindre ceux qui ne partagent pas leurs vues à réviser leurs positions. Mais au nom de quoi, si ce n’est, un deux poids deux mesures, condamner ce qu’a subi Longue Longue alors qu’on a fait preuve de mansuétude à l’endroit du terrorisme culturel exercé par la galaxie Mrc à l’endroit des artistes camerounais pendant la période ou Longkana Simon a été entre les mains de la Sémil ?
Soit nous condamnons toutes les violences à artistes, d’où qu’elles viennent, soit nous n’en condamnons aucune et je préfère ne pas m’associer à ceux qui choisissent leurs combats et activent leur fonction de dénonciation suivant non pas des principes auxquels s’ordonnent leurs position, mais en rapport avec le pôle politique auxquels ils appartiennent.
Je ne ferais donc pas chorus avec Kamto, le MRC et l’ensemble des camerounais qui hier, trouvaient acceptable qu’on terrorise certains artistes, mais réprouvent aujourd’hui les sévices subis par Longue Longue. La condamnation de la violence à artiste doit être globale ou alors ne pas être.
Pire, ceux qui s’indignent aujourd’hui des violences subies par Longue Longue sont les chantres de l’ambazonie dont ils louent les exactions depuis plusieurs années déjà. Il y en a, membre du MRC qui ont publiquement considéré que Field Marshall était leur père. Ils n’ont jamais eu un mot pour Florence Ayafor, mais ils se découvrent des élans d’humanité pour Longue Longue. Ce pharisaisme d’apparence ne doit tromper personne. Ils n’ont pas plus de principe hier qu’aujourd’hui.
Ne pas imputer l’acte de quelques brebis galeuses à l’institution militaire, voire au Gouvernement
Dès la publication de la vidéo des sévices subis par Longue Longue, une certaine opposition, Kamto Maurice bille en tête a condamné « un barbarisme d’Etat », pardon pour le barbarisme, mais c’est ainsi que son texte était formulé avant qu’il ne le modifie, suggérant par là, que les actes subis par Longue Longue s’inscrivent dans un cadre institutionnel, jetant volontairement, l’opprobre sur toutes les forces de défense et de sécurité et enjoignant les soutiens du gouvernement de condamner sans délai « cette barbarie ». Il s’agit donc pour ceux-là de démontrer que les sévices subis par Longue Longue ne sont pas un acte isolé, celui de brebis galeuses qui n’ont reçu aucun ordre, mais qu’elles s’inscrivent dans un chaîne qui remonte jusqu’au Gouvernement. Il ne m’est pas possible de m’associer à pareilles prise de position pour différentes raisons, la première étant que mon expérience personnelle à la DPJ m’a fait comprendre que l’usage de sévices se fait généralement à l’insu de la hiérarchie, raison pour laquelle j’ai été supplicié entre 22 heures et 05 heures. C’est probablement ce qui explique le décor dans lequel se trouve Longue Longue, un domicile et non les bureaux de la Semil. Il est donc extrêmement difficile de démontrer que la hiérarchie avait connaissance de ces actes –il faut cependant attendre les résultats de l’enquête pour se faire une idée exacte-qu’elle les ait ordonnés ou couverts. Et, quand bien même cela serait démontré, il s’agit ici, d’une antenne Semil, peut-on incriminer toutes nos Forces de Défense et de Sécurité ?
Si être Longue Longue, c’est procéder par amalgame, pour accuser indistinctement toute l’institution sécuritaire, alors, je ne suis pas Longue Longue.
Si être Longue Longue, c’est se donner le droit d’accuser sans aucun élément le Gouvernement, alors, je ne suis pas Longue Longue.
Il convient donc de ramener ce qui s’est passé à sa juste proportion, c’est-à dire une action manifestement illégale, de brebis galeuses qui ne saurait d’aucune façon entaché le blason de nos Forces de Défense et de Sécurité dont le travail, le dévouement jusqu’au sacrifice suprême, sur différents fronts garantit la sécurité commune.
Ni pharisaïsme, ni idéalisme
On ne peut pas faire le procès de calculs politiques à tous les Camerounais qui ont eu un haut le cœur en entendant les cris de Longue Longue. Ils ont donc à bon droit condamné ces sévices. La question se pose cependant de savoir si ladite condamnation est hypocrite et participe de l’expression d’une spirale de la clameur sociale qui se paie de bons sentiments. En effet, nous sommes nombreux à condamner publiquement ce que nous chérissons en secret. Cette bipolarité n’est qu’apparente car en réalité, la condamnation publique participe de l’expression d’une face socialement désirée. Nous exprimons, non pas ce que nous pensons, mais ce que nous pensons que les autres attendent que nous pensions dans les circonstances présentes.
C’est probablement ce qui explique que nombre d’individus qui aujourd’hui condamnent les violences subies par Longue Longue, se livreront demain à la violence la plus crasse sur leurs congénères, oubliant que si l’on condamne par principe la violence, aucune circonstance ne doit nous y contraindre. Il apparait donc curieux dans un pays où la justice populaire, qui se fait en dehors de toute regle procédurale est devenue un sport collectif, il est donc curieux que dans ce pays-là, ceux qui souvent se sont livrés à la justice populaire condamnent la violence émanant des autres, affranchies de toutes les règles.
Enfin, ce dont Longue Longue a été victime pose la question de l’usage de la torture par les Forces de Défense et de sécurité. Faut-il y mettre fin totalement ou limiter son usage à des cas limites qui la légitiment ?
Pour ma part, je considère que l’on ne peut pas proscrire de manière totale l’usage de la torture dans les rangs des Forces de défense et de Sécurité car on amputerait alors nos éléments d’un instrument permettant d’obtenir de précieuses informations. Sur des affaires de terrorisme, et même de grand banditisme, un usage contrôlé de la torture devrait être possible. Il va de soi que l’affaire Longue Longue n’entre pas dans ces catégories. Cet usage doit être strictement encadré et n’être pas autorisé dans les affaires de droit commun.
En attendant les conclusions de l’enquête prescrite par le Mindef et dont le résultat sera rendu public sous 72, je n’assisterai au concert des condamnations hypocrites qui ne sont lestees d’aucun principe.
Les auteurs des sévices sur Longue Longue doivent être retrouvés et punis avec sévérité sans que le spectacle éhonté auquel on assiste ne se poursuive.
— Dr Patrick Rifoé
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Maastricht : un corps retrouvé près de la gare, la police soupçonne un décès non naturel

Une découverte macabre a mobilisé la police samedi matin à Maastricht, aux Pays-Bas. Un corps a été retrouvé dans un bosquet situé près de la gare, tandis que les enquêteurs cherchent à comprendre les circonstances du décès.
Un corps retrouvé dans un bosquet à Maastricht
La découverte a eu lieu samedi 19 septembre 2026 vers 7 h 30, dans un bosquet de la Noormannensingel, à proximité de la gare centrale de Maastricht.
Selon la police néerlandaise, une personne a été retrouvée sans vie sur place. Les circonstances entourant son décès ont immédiatement conduit les enquêteurs à envisager la possibilité d’un décès non naturel.
Interrogé par L1 Nieuws, un porte-parole de la police a indiqué que les circonstances dans lesquelles la victime avait été retrouvée justifiaient cette hypothèse. Pour autant, les enquêteurs n’écartent pas à ce stade les autres scénarios.
L’identité de la personne décédée n’a pas encore été communiquée.
Les enquêteurs analysent les images et interrogent les témoins
Un important périmètre de sécurité a été installé autour de la zone. Les spécialistes de la police scientifique procèdent à des relevés afin de recueillir les éventuelles traces utiles à l’enquête.
La police examine également les images des caméras de surveillance installées dans le secteur. Des riverains et d’éventuels témoins sont interrogés afin de déterminer ce qui a pu se passer avant la découverte du corps.
Les enquêteurs ont aussi utilisé un drone pour obtenir une vue plus complète du lieu où la personne a été retrouvée et de ses alentours. Cette opération doit notamment permettre de documenter précisément la scène et de faciliter les recherches.
Pour l’heure, aucune information officielle ne permet d’établir les circonstances exactes du décès, ni de confirmer l’intervention d’une tierce personne.
La police poursuit donc ses investigations à Maastricht. Les analyses médico-légales, les témoignages recueillis dans le quartier et l’exploitation des images de vidéosurveillance pourraient apporter de premiers éléments sur les dernières heures de la victime.
La police néerlandaise précise que tous les scénarios restent ouverts. Les autorités devraient communiquer de nouvelles informations si l’enquête permet de déterminer les circonstances du décès.
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Transferts de fonds des migrants : Les Camerounais moins performants en 2025

Le pays arrive à la 19ème place sur 20 pays africains classés, avec des envois estimés à 960 millions de dollars, soit 548 milliards FCFA. Sans donner les causes précises, FIDA informe que ces transferts des migrants camerounais sont globalement en baisse par rapport à 2024.
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a publié le 14 septembre 2026, les résultats d’un rapport sur les transferts de fonds des migrants africains vers leurs pays d’origine en 2025.
Le rapport intitulé : «Sending Money Home 2026. Beyond remittances : From lifeline to resilience – one family at a time», indique que l’Égypte arrive en tête des pays africains bénéficiaires des transferts de leur diaspora. Le pays le plus peuplé du monde arabe a reçu 41,51 milliards de dollars de ses migrants en 2025. Ce montant le place au 4e rang mondial, derrière l’Inde (150,7 milliards de dollars), le Mexique (64,4 milliards) et les Philippines (41,6 milliards).
Pour le cas du Cameroun, le pays arrive à la 19ème place sur 20 pays africains classés, avec des envois estimés à 960 millions de dollars, soit 548 milliards FCFA. Sans donner les causes précises, FIDA informe que ces transferts des migrants camerounais sont globalement en baisse par rapport à 2024.
En 2024 par exemple, les migrants camerounais ont transférés 652 milliards FCFA dans l’économie nationale et ce flux constaté en 2024 avait alors enregistré une progression de 8% par rapporte à 2023. Selon le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), ces envoies ont aidé à soutenir les ménages et les petites initiatives dans les secteurs de l’agriculture, du commerce et l’artisanat.
Les migrants camerounais installés en France avaient le plus contribué en 2024 avec 35% des transferts effectués, les Etats-Unis ( 20%) ; la Belgique (12%) ; le Royaume-Unis (8%) ; l’Allemagne (7%) ; le Canada (5%) ; l’Italie (3%) et 5% pour les autres migrants installés dans d’autres pays européens.
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Extrême-Nord : L’exportation de certains produits vers les pays voisins interdite

La décision du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord intervient au moment où cette partie du pays fait face à des défis agricoles liés à une pluviométrie insuffisante, susceptibles d’affecter la production agricole dans cette partie du pays et par conséquent, l’approvisionnement des marchés.
Il est désormais interdit d’exporter du riz paddy et certains produits de grande consommation dans la région de l’Extrême-Nord Cameroun. La décision a récemment été prise par Midjiyawa Bakary, gouverneur de ladite région. En effet, ce dernier justifie sa décision suite à un constat fait sur le terrain, celui selon lequel, l’on observe une persistance de sortie frauduleuse de ces produits vers les pays voisins.
La décision du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord intervient au moment où cette partie du pays fait face à des défis agricoles liés à une pluviométrie insuffisante, susceptibles d’affecter la production agricole dans cette partie du pays et par conséquent, l’approvisionnement des marchés.
Le communiqué de Midjiyawa Bakary indique que «sont également interdites de réexportation vers les pays voisins, les produits de grande consommation importés par notre pays sous le régime de l’allègement des droits et taxes de douane pour des besoins exclusifs du marché national, à l’instar du riz et du sucre» tout en précisant que les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par réglementation en vigueur.
«Les autorités administratives, les forces de maintien de l’ordre ainsi que les services régionaux du ministère en charge du Commerce, de l’Agriculture, des Transports et des Douanes sont chargés de l’application de cette mesure» mentionne le communiqué. Cette mesure a pour but de garantir la disponibilité des denrées essentielles pour les populations locales, tout en renforçant la surveillance des circuits commerciaux dans cette partie du pays, confrontée à plusieurs difficultés alimentaires et sécuritaires.
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