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Au Cameroun, la Bdeac enchaîne deux financements pour porter les capacités du cimentier EGIN SA à 500 000 tonnes par an

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Au Cameroun, la Bdeac enchaîne deux financements pour porter les capacités du cimentier EGIN SA à 500 000 tonnes par an
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(Investir au Cameroun) – Dans son rapport annuel de 2023, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac) annonce avoir financé un projet d’extension des capacités de production de la société camerounaise Entreprise générale industrielle SA (EGIN SA). Cette cimenterie, située dans la zone industrielle du port de Douala, dans la capitale économique du pays, va ainsi accroître sa production.

« Au titre des secteurs de l’industrie et de l’agro-industrie, quatre projets structurants ont été financés pour un montant total de 11,1 milliards de FCFA (…). Le premier projet concerne l’extension de la cimenterie EGIN SA au Cameroun. Il s’agit de porter sa capacité de production de 200 000 à 500 000 tonnes par an, ainsi que ses capacités de stockage. Ce projet d’envergure, évalué à 19 milliards de FCFA, permettra de produire un ciment de qualité supérieure à un coût compétitif, afin de répondre à la demande soutenue du marché camerounais », précise le rapport.

Bien que la Bdeac ne mentionne pas le montant exact de son financement pour ce projet, une analyse des documents de cette institution révèle qu’il s’agit du deuxième financement consécutif accordé à cette cimenterie. En effet, dans le cadre de son Plan stratégique 2017-2022, la Bdeac avait déjà approuvé en 2019, puis confirmé en 2020, un financement de 3,5 milliards de FCFA pour EGIN SA. À l’époque, il s’agissait« d’accompagner cette entreprise à augmenter sa capacité de production installée de 100 000 à 300 000 tonnes par an, afin de mieux répondre à la demande croissante de ciment »sur le marché camerounais.

Incitations à l’investissement

Avec ces augmentations successives des capacités de production, il est probable que le ciment 42.5 de la marque« Lion »d’EGIN SA soit désormais plus visible dans les quincailleries du Cameroun. Bien qu’il soit théoriquement produit sur les berges du fleuve Wouri depuis 2017, selon les déclarations faites à l’époque par ses promoteurs, ce ciment est encore peu visible sur le marché local.

Cette faible visibilité s’explique principalement par la capacité de production relativement modeste de cette cimenterie, comparée à celle de ses concurrents sur le marché. Parmi eux, on compte notamment Cimencam (2,3 millions de tonnes, grâce à sa nouvelle ligne à Figuil), Dangote Cement (1,5 million de tonnes), Cimaf (1,5 million de tonnes après l’extension de son usine à Douala), Medcem (600 000 tonnes), Mira Co (1,5 million de tonnes avec sa nouvelle ligne mise en service en juin 2022), et plus récemment Cimpor (1 million de tonnes).

Pour rappel, dès son lancement en 2017, le projet de cimenterie d’EGIN SA a bénéficié des avantages prévus par la loi de 2013 (modifiée en 2017) sur les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun. Une convention a été signée à cet effet le 29 août 2017 à Yaoundé, entre les porteurs de ce projet et l’Agence de promotion des investissements (API). Cette structure publique est chargée de l’implémentation de la loi, qui permet aux investisseurs de bénéficier d’exonérations fiscales et douanières pendant des périodes allant de 5 à 10 ans, tant lors de la phase d’installation que durant celle d’exploitation.

Brice R. Mbodiam

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Fraude pétrolière : le MINEE saisit 36 000 litres de gasoil à Boumnyebel

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L’OAPI déboute l’AFP de son opposition contre la marque « AFO + Logo » du journaliste camerounais Alain Foka

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L’OAPI déboute l’AFP de son opposition contre la marque « AFO + Logo » du journaliste camerounais Alain Foka
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(Investir au Cameroun) – L’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) a rejeté l’opposition de l’Agence France-Presse (AFP) contre la demande d’enregistrement de la marque « AFO + Logo » déposée par le journaliste camerounais Alain Gueo Foka. Dans sa décision n° 2059 du 19 mai 2026, l’office estime que les deux signes peuvent coexister sans risque de confusion.

La décision concerne la demande n° 32024002148, déposée le 19 juin 2024 dans les classes 35, 38 et 41, couvrant notamment la publicité, la gestion commerciale, les télécommunications, la formation, le divertissement et les activités culturelles.

Publiée le 27 septembre 2024 dans le Bulletin officiel de la propriété industrielle, la demande a fait l’objet d’une opposition de l’AFP le 9 décembre suivant. L’agence invoquait sa marque antérieure « AFP + Logo » n° 122013, déposée le 10 décembre 2020 dans les classes 9, 16, 35, 38 et 41.

L’AFP était représentée par le cabinet Alphinoor & Co, sans mention des avocats intervenus individuellement. Alain Foka était assisté par Me Christian Dudieu Djomga, du cabinet Dudieu Avocats, et Me Nicole Mbella Gom.

L’AFP invoquait la proximité des services et des signes

L’AFP soutenait que les deux marques couvraient des services identiques ou similaires dans la communication, les télécommunications, la publicité, l’éducation, la formation, la gestion commerciale et le divertissement. Elle estimait aussi que les signes AFP et AFO présentaient des ressemblances visuelles, phonétiques et conceptuelles susceptibles d’induire le public en erreur.

L’agence mettait en avant les lettres communes « A » et « F », des majuscules stylisées et une construction graphique comparable. Elle a également indiqué que le directeur général de l’Institut national de la propriété industrielle en France avait rejeté une demande d’enregistrement de « AFO + Logo » dans une procédure opposant les mêmes parties. La référence, le contenu et la portée de cette décision française ne figurent toutefois pas dans les pièces consultées.

Me Christian Dudieu Djomga et Me Nicole Mbella Gom ont soutenu que la marque AFO renvoyait au nom d’Alain Foka et à ses activités médiatiques.« Ces marques constituent la reprise, de bonne foi et sans intention de créer une association avec l’opposante, des initiales et du patronyme de Monsieur Alain Foka, personnalité identifiée et célèbre du paysage audiovisuel des États membres de l’Organisation », affirment-ils dans un communiqué.

Les conseils ont ajouté que « AFO + Logo » associe des lettres stylisées à un élément figuratif propre et ne partage avec AFP que ses deux premières lettres. Sur les plans phonétique et conceptuel, AFO renverrait à Alain Foka et à ses activités médiatiques, AFP à une agence internationale de presse.« Ces deux signes véhiculent donc des évocations conceptuelles distinctes, ce qui réduit d’autant le risque d’association dans l’esprit du consommateur moyen », soutiennent-ils.

Ils avaient aussi contesté la recevabilité de l’opposition, estimant que les marques citées dans leur communiqué avaient déjà été enregistrées et que le directeur général de l’OAPI n’était plus compétent. Cet argument n’a pas été retenu.

L’OAPI écarte le risque de confusion

L’OAPI considère que, sur le plan conceptuel, AFP renvoie à l’Agence France-Presse, tandis qu’AFO désigne une plateforme numérique consacrée à la documentation et à l’actualité africaines. Elle relève que le consommateur des services concernés fera preuve d’« une attention élevée ».

Pour l’office,« les ressemblances autour des lettres “A” et “F” ne sauraient créer un risque de confusion ». Il en conclut que« les marques peuvent coexister sans risque de confusion dans l’espace OAPI ».

La décision distingue néanmoins la recevabilité de la procédure de son examen au fond. Son article premier indique que l’opposition est « reçue en la forme », tandis que l’article 2 la rejette au fond. L’OAPI ne s’est donc ni déclarée incompétente ni fondée sur une irrégularité formelle : elle a comparé les services et les signes avant d’écarter le risque de confusion.

La décision porte uniquement sur « AFO + Logo » et la demande n° 32024002148. Elle ne permet pas d’étendre automatiquement cette conclusion aux autres marques citées par les conseils d’Alain Foka, notamment « AFO Media », qui peuvent relever de procédures distinctes.

Le communiqué de Dudieu Avocats présente par ailleurs Alain Foka comme un ancien employé de l’AFP. Cette affirmation ne figure pas dans la décision de l’OAPI et n’est étayée par aucune pièce communiquée. Les informations publiques disponibles documentent surtout sa longue carrière à Radio France internationale, quittée en 2023. Une ancienne relation de travail avec l’AFP ne peut donc être tenue pour établie sur cette seule base.

Un enjeu commercial, mais un recours reste possible

La décision présente aussi un enjeu commercial pour AFO. Les classes concernées couvrent plusieurs revenus potentiels d’un média numérique : publicité, services numériques, télécommunications, contenus, formation, divertissement et activités culturelles.

Le rejet de l’opposition réduit, à ce stade, le risque d’un changement contraint de marque dans les États membres de l’OAPI. Il ne signifie toutefois pas que le contentieux est définitivement clos ni que toutes les formalités d’enregistrement sont achevées.

L’article 3 accorde à l’AFP un délai de 60 jours à compter de la notification pour saisir la Commission supérieure de recours de l’OAPI. La date de notification n’apparaissant pas dans les documents consultés, il n’est pas possible d’établir si ce délai a expiré ni si l’agence a introduit un recours.

Approchés, Me Christian Dudieu Djomga et Me Nicole Mbella Gom ont indiqué qu’ils ne souhaitaient pas commenter davantage l’affaire tant qu’elle restait susceptible de contestation. La position de l’AFP sur la décision et sur un éventuel recours n’a pas été communiquée.

Baudouin Enama

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