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Crise anglophone : au moins neuf chefs traditionnels tués en huit ans de conflit

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Crise anglophone : au moins neuf chefs traditionnels tués en huit ans de conflit
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Lorsque Fon Yakum Kelvin a été élu en 2020 comme premier président pionnier de la Chambre des chefs du Nord-Ouest et comme vice-président de l'Assemblée régionale du Nord-Ouest, il n'aurait pas pu imaginer que les séparatistes s'approcheraient de lui, encore moins de l'enlever, étant l'un des chefs traditionnels les plus populaires du Cameroun anglophone.

Mais en 2022, il tombe aux mains des séparatistes malgré sa protection militaire et devient captif jusqu'en juillet 2023, date à laquelle il est libéré.

Des pairs malchanceux

Fon Kevin, chef traditionnel de Bambalang, a obtenu sa libération après avoir été captif des séparatistes, mais ses pairs qui ont vécu la même situation n'ont pas eu de chance.

Depuis que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a dégénéré en conflit armé en 2017, plus de neuf chefs traditionnels ont été tués.
Le dernier incident de ce type est le meurtre d'Obon Ekpoh Philip Nkwoi, chef du village d'Erat à Mundemba, division de Ndian, région du Sud-Ouest.
Les combattants Amba n’ont pas seulement tué ; ils ont également ôté la vie à sa femme, Akwai Ambang Mburu.

En plus de les tuer, leurs corps ont été réduits en cendres. Cela s'est produit le 10 septembre.

L’assassinat du chef Erat s’ajoute au nombre de chefs qui ont perdu la vie à cause du conflit armé en cours au Cameroun anglais.
Selon les conclusions du MMI, au moins neuf chefs ont été tués par des combattants séparatistes, des soldats gouvernementaux et des éleveurs peuls depuis l’escalade du conflit en 2017.

Deux d’entre eux étaient originaires de la région du Nord-Ouest et les sept autres étaient des résidents de la région du Sud-Ouest.

Sud-Ouest très ciblé

Le premier chef traditionnel à être tué dans le conflit était le chef William Nji Mbanda du village de Lysoka Moliwe, dans la subdivision de Buea. Il faisait partie des huit chefs enlevés par des combattants séparatistes à Fako en 2018. Il est mort en captivité le 27 juillet 2018 et son corps a été retrouvé plus tard dans son palais.

Deux semaines plus tard, le 12 août 2018, le chef Motia Ofonda Esoh Itoh, chef suprême du peuple Balondo et chef traditionnel d’Ekondo Titi dans la division de Ndian, a été tué. Des hommes armés l’ont enlevé dans une église et l’ont abattu.

Deux ans plus tard, les massacres ont repris. Le 6 novembre 2020, des hommes armés non identifiés ont attaqué Liwu La-Malale, un village près de Buea, et ont tué le chef Francis Molinga.
En 2020, les séparatistes ont enlevé trois chefs de Mile 16, 15 et 14 lors d’un événement à Buea. Le chef Ekome Ngale de Mile 14 est décédé en captivité.

Pendant ce temps, à Lebialem, trois chefs d’Essoh-Attah ont été exécutés en public le 13 février 2021 par le commandant séparatiste autoproclamé Oliver Lekeaka, également connu sous le nom de « Field Marshall ». Leur crime était d’avoir participé à des élections organisées par le gouvernement. Leurs corps ont ensuite été jetés dans une rivière.
Dans la région du Nord-Ouest, la situation est la même.

Deux morts dans le nord-ouest

En mars 2022, le Fon Kum Achou Kawzuh Albert Chi, dirigeant d'Esu dans la Menchum, a été tué alors qu'il revenait de l'installation d'un nouveau Fon à Weh. Des bergers peuls armés sont soupçonnés d'avoir perpétré l'attaque.

Cela n’a pas duré longtemps : un autre chef traditionnel de la région a été tué. En juillet 2023, des soldats du gouvernement auraient pris d’assaut Mejang à Belo, dans la division de Boyo, tuant la reine mère de la communauté locale et incendiant plusieurs maisons.

La plupart de ces chefs ont été tués parce qu’ils se trouvaient dans une situation de choix entre le gouvernement et les combattants d’Amba.

Les survivants sont désormais des déplacés internes

Ceux qui ont survécu aux massacres sont aujourd’hui des déplacés internes dans les régions francophones.

Lorsque le chef Johnson Njombe, du village de Wokaka à Buea, a été libéré de sa captivité à Amba, il a immédiatement quitté le palais. Il est aujourd'hui déplacé à Kribi.
La même chose est arrivée au Fon de Nso, qui passe désormais la plupart de son temps à Yaoundé parce qu'il est en désaccord avec les combattants d'Amba.

Les attaques contre les institutions traditionnelles depuis le début de la crise en 2016 sont alarmantes. Au-delà des institutions traditionnelles, les citoyens ordinaires ont également ressenti les dommages.
Les chiffres officiels des Nations Unies font état de plus de 6 000 morts, ainsi que d'énormes destructions matérielles et de déplacements de population.

En juin de cette année, le Conseil norvégien pour les réfugiés a classé le Cameroun comme la deuxième crise la plus négligée au monde, après le Burkina Faso.

Ce qui est aujourd’hui un conflit dans la quête de l’indépendance a commencé comme une crise en 2016 lorsque des enseignants et des avocats ont décidé de faire grève en raison de la marginalisation des anglophones. Mais en 2017, la situation s’est transformée en conflit armé et les séparatistes ont voulu créer une nation indépendante appelée Ambazonie.

Édité par Mimi Mefo Takambou et D. Daniel

Mimi Mefo Info

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC
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Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.

En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).

Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.

DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME

Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.

Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.

Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.

Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.

Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.

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