Actualités locales
Entreprise : la détérioration de l’outil de production s’accentue au Cameroun, malgré la hausse des investissements (19%)

(Investir au Cameroun) – Selon le rapport sur «la situation économique et financière des entreprises en 2023 », document publié le 10 septembre 2024 par l’Institut national de la statistique (INS), les dépenses d’investissement des entreprises en activité au Cameroun ont cru de 19% au cours de l’année 2023. Cependant, « malgré cela, la détérioration de l’outil de production se poursuit, passant de 59,6% en 2022 à 60,1% en 2023 », révèle le rapport.
En d’autres termes, malgré la progression plus vigoureuse des investissements des entreprises en 2023, en comparaison avec l’accroissement de 13% enregistré au cours de l’année 2022, six équipements de production sur 10 recensés dans les entreprises du pays sont en mauvais état de fonctionnement. Cette réalité, qui peut s’expliquer par des difficultés liées à la maintenance, entraîne généralement des pertes de productivité, avec toutes les conséquences économiques y afférentes (perte de chiffre d’affaires, pénuries sur le marché, chômage technique, etc.).
Pourtant, les dépenses d’investissement effectuées par les entreprises en 2023, souligne le rapport de l’INS, sont les plus volumineuses depuis la reprise observée en 2021, année précédée par une période de ralentissement desdits investissements entre 2018 et 2020. Il est à noter que cette dernière année a notamment été marquée par la pandémie du covid-19, qui avait induit des perturbations majeures dans les activités économiques à travers le monde, en raison du confinement.
Crédit bancaire
A en croire l’organisme en charge de l’élaboration de la statistique officielle au Cameroun, l’embellie observée en 2023 en matière d’investissement est portée par les entreprises opérant dans deux principaux secteurs d’activités. «Les secteurs primaire (86,9%) et secondaire (36,9%) se sont distingués par une hausse de leurs dépenses d’investissement», précise l’INS. Cette analyse est confirmée par les données contenues dans le rapport sur le commerce extérieur du Cameroun en 2023, publié le 4 mai 2024 par le même organisme. Cet autre document révèle, en effet, une augmentation de plus de 26% des dépenses d’importation des équipements et autres machines en 2023, en glissement annuel.
« Les machines et appareils mécaniques ou électriques jouent un rôle crucial dans le développement économique du pays. Les importations de cette catégorie de biens représentent 13,2% du total des dépenses d’importation en 2023, et se chiffrent à 656 milliards de FCFA, en hausse de 26,5% par rapport à 2022. Ce qui illustre la détermination du Cameroun à renforcer ses capacités en équipements technologiques », peut-on lire dans le dernier rapport cité.
L’on peut également observer que ces dépenses totalisant 656 milliards de FCFA ont été réalisées dans un contexte d’augmentation dans le pays, du volume et de la valeur des crédits bancaires de moyen et long termes, mieux adaptés aux investissements dans les infrastructures et le secteur productif. En effet, selon le rapport d’activités 2023 de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), les crédits bancaires de moyen terme ont cru au Cameroun de 4,9% entre 2022 et 2023, tandis que les crédits de long terme, eux, ont bondi de 48,2% sur la même période.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
10-09-2024 – Cacao, café, thé, sucre, TIC et secteur financier tirent à la hausse le bénéfice cumulé des entreprises en 2023 (INS)
11-09-2024 – Entreprises : hausse des emplois permanents au Cameroun en 2023, tirée par le primaire et le tertiaire
Actualités locales
Autoroute Kribi-Lolabé : le trafic atteint 25 % des prévisions, pour 4,42 milliards de FCFA de péages depuis 2022trav

(Investir au Cameroun) – L’autoroute Kribi-Lolabé reste très en dessous des hypothèses de trafic retenues lors de la signature de son contrat de partenariat public-privé (PPP). Au 15 septembre 2026, 870 598 véhicules avaient emprunté cette infrastructure de 38,5 km depuis sa mise en service en juillet 2022, contre 3 482 392 véhicules prévus sur la même période. Le taux de réalisation atteint ainsi exactement 25 %. Les recettes de péage s’élèvent, elles, à 4,42 milliards de FCFA, contre 7,36 milliards attendus, soit 60,1 % des prévisions.
Ces données ont été présentées le 18 septembre 2026 à Yaoundé lors d’une réunion du comité de suivi du PPP, présidée par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Le contrat lie l’État à China Harbour Engineering Company Ltd (CHEC), qui contrôle Kribi Highway Management (KHM), la société chargée de l’exploitation et de la maintenance de l’autoroute. Le partenariat court sur 30 ans.
Le ministère attribue l’écart de trafic à plusieurs hypothèses économiques qui ne se sont pas matérialisées au rythme attendu : occupation lente de la zone industrielle de Kribi, absence de certaines activités minières envisagées lors du montage du projet, retard de plusieurs infrastructures portuaires et routières et difficultés d’approvisionnement en électricité. S’y ajoutent notamment le retard des axes Bingambo-Grand Zambi, Ebolowa-Kribi et Lolabé-Campo ainsi que la dégradation de la route Edéa-Kribi.
Environ 90 millions de FCFA de péages par mois
Le faible trafic se répercute directement sur l’équilibre financier du contrat.Cameroon Tribune, qui rend compte de la réunion du 18 septembre, chiffre les recettes collectées à environ 90 millions de FCFA par mois, pour des charges mensuelles d’exploitation annoncées à 509,7 millions. Ce décalage est au centre des discussions engagées depuis plusieurs années entre l’État et KHM pour revoir les conditions d’exploitation.
Le dispositif lui-même a déjà été réduit. Selon Ndé Victor Chi, directeur des études techniques routières et d’ouvrages d’art au ministère des Travaux publics, seuls deux ou trois des douze postes de péage initialement prévus sont actuellement ouverts, le trafic ne justifiant pas le fonctionnement de l’ensemble du dispositif.
La partie publique a proposé de ramener le budget mensuel d’exploitation autour de 115,8 millions de FCFA hors taxes. KHM estime cependant qu’une telle enveloppe couvrirait essentiellement le fonctionnement des postes de péage et contraindrait plusieurs autres prestations : patrouilles, dépannage, interventions d’urgence, entretien des équipements de sécurité, nettoyage ou débroussaillage.
Le déséquilibre n’est pas nouveau. Après les dix premiers mois d’exploitation, jusqu’à fin mai 2023, l’écart entre les recettes de péage et les charges d’exploitation et de gestion atteignait déjà environ 3,5 milliards de FCFA. Le ministère expliquait alors que l’État avait également fixé les tarifs de péage en dessous des niveaux envisagés lors de la négociation du PPP afin de préserver la compétitivité du port de Kribi et l’acceptabilité des tarifs pour les usagers.
33,3 milliards de FCFA de loyer d’investissement déjà réglés
La réunion du 18 septembre a également fait le point sur le remboursement du préfinancement apporté par le partenaire privé. Le ministère chiffre ce loyer d’investissement à 66,6 milliards de FCFA TTC, à verser en 14 échéances semestrielles d’environ 4,75 milliards chacune. Sept échéances, représentant 33,3 milliards de FCFA, avaient été réglées et une huitième, de 4,75 milliards, était en cours d’engagement.
Cette enveloppe de 66,6 milliards ne représente toutefois qu’une composante financière du PPP. Dans l’annexe à la loi de finances 2026 consacrée aux grands projets d’investissement, la Direction générale du Budget chiffre à 270 milliards de FCFA les loyers globaux que l’État s’est engagé à verser au partenaire privé sur les 30 années du contrat. Le même document faisait encore état, lors de la préparation budgétaire de 2026, de 18 milliards de FCFA d’arriérés accumulés sur les loyers alors exigibles.
La révision en cours du contrat doit donc traiter deux paramètres liés : ramener les coûts d’exploitation à un niveau correspondant au trafic réellement observé et redéfinir un montage financier conçu à partir d’hypothèses de fréquentation qui, quatre ans après l’ouverture de l’autoroute, ne se sont pas réalisées.
Frédéric Nonos
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22-05-2025 – Port de Kribi : un géant endormi par le mauvais état de la voie de desserte et l’absence du chemin de fer
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13-06-2023 – Autoroute Kribi-Lolabé : les premiers mois d’exploitation révèlent une surévaluation des charges à 408 milliards de FCFA
30-05-2023-Autoroute Kribi-Lolabé : les tarifs élevés du péage sont un obstacle à l’attractivité du port, selon les entreprises
28-10-2022-Autoroute Kribi-Lolabe : le chinois KHM face aux premières difficultés d’exploitation
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Michel Kaham mise sur le « douzième homme » de Garoua
À quelques jours de l’entrée en lice du Cameroun dans les éliminatoires de la CAN 2027, le choix de Garoua pour recevoir les Comores suscite déjà de nombreuses réactions. Invité de l’émission FOU FOOT sur CRTV Sports, Michel Kaham estime que le public du Nord pourrait jouer un rôle déterminant dans cette rencontre.
« Garoua a le douzième homme. Je pense que ça va apporter tout son poids, comme d’habitude, et on ne doute pas que cela va certainement aider les Lions à remporter ce match face aux Comores, jeudi », a déclaré l’ancien international camerounais.
Pour Michel Kaham, l’ambiance du stade de Garoua et le soutien populaire pourraient ainsi constituer un véritable atout pour les Lions indomptables. Face aux Comores, le Cameroun pourra compter sur un public réputé pour sa ferveur, alors que cette première sortie dans les éliminatoires de la CAN 2027 revêt déjà une importance particulière.
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10 ans de guerre, des milliers de morts et toujours aucune issue

Dix ans après que des avocats, des enseignants et des élèves sont descendus dans la rue dans les régions anglophones du Cameroun pour protester contre ce qu’ils décrivaient comme une érosion du système de Common Law et du système éducatif anglophone, le conflit qui a suivi continue de faire des victimes et de provoquer le déplacement de populations.
Les manifestations ont débuté en octobre 2016, lorsque des avocats ont contesté la nomination de magistrats francophones et l’application de certains aspects du système juridique francophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Des enseignants se sont ensuite joints au mouvement, exprimant leurs inquiétudes quant au système éducatif dans ces deux régions. La répression gouvernementale qui a suivi a contribué à l’escalade de la crise.
Dès 2017, la crise s’est transformée en un conflit armé opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes réclamant l’indépendance des deux régions anglophones.
Dix ans plus tard, la violence reste une réalité quotidienne dans certaines zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il n’existe pas de bilan humain faisant l’unanimité. Toutefois, des estimations récentes évaluent à plus de 6 500 le nombre de personnes tuées depuis le début du conflit. L’International Crisis Group et d’autres sources ont également fait état de centaines de milliers de personnes déplacées en raison du conflit.
La violence s’est poursuivie en 2026
Le 8 septembre, des hommes armés ont attaqué l’École normale d’instituteurs (ENI) de Wum, dans la région du Nord-Ouest, tuant le commissaire principal de police Mbah Tobie Damase et enlevant cinq enseignants, selon le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique. L’attaque a eu lieu alors que les autorités évaluaient le déroulement de la rentrée scolaire 2026-2027.
Cet incident est survenu dans un contexte de préoccupations renouvelées concernant l’insécurité scolaire et les blocages imposés par les groupes séparatistes au début de l’année scolaire.
Un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) portant sur le mois d’août indiquait que la situation sécuritaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest restait instable, citant des attaques, des enlèvements, des opérations de type « ville morte » (blocages forcés) et des actes visant le personnel religieux.
Le conflit a eu un impact majeur sur l’éducation
Human Rights Watch a documenté des attaques perpétrées par des groupes séparatistes armés contre des écoles, des enseignants et des élèves, incluant des meurtres, des enlèvements, des menaces et la destruction d’infrastructures scolaires. L’organisation de défense des droits humains a indiqué avoir recensé plus de 70 attaques contre des écoles depuis 2017.
Les civils ont également été victimes d’exactions commises par les deux camps du conflit.
Human Rights Watch a documenté des allégations d’homicides illégaux, de détentions arbitraires et d’autres abus imputables aux forces gouvernementales, tandis que les combattants séparatistes ont été accusés de meurtres, d’enlèvements, d’extorsions, d’attaques contre des civils et d’imposition de boycotts visant les écoles et les commerces.
L’impact humanitaire dépasse la simple perte de vies humaines
Des milliers de familles ont été contraintes de quitter leur foyer, tandis que le fonctionnement des écoles, des établissements de santé, des exploitations agricoles, des entreprises et des réseaux de transport a été perturbé. De nombreux habitants ont rejoint d’autres régions du Cameroun, alors que d’autres ont trouvé refuge au Nigeria voisin.
La crise a également divisé les communautés et accru la pression sur les enseignants, le personnel de santé, les chefs religieux, les autorités traditionnelles et les organisations humanitaires opérant dans les zones touchées.
Le gouvernement a pris des mesures pour répondre à certaines des revendications exprimées lors des manifestations. En septembre et octobre 2019, il a organisé le Grand Dialogue national, axé en grande partie sur la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’une des décisions issues de ce dialogue a été d’accorder un statut spécial à ces deux régions dans le cadre du processus de décentralisation du Cameroun. Ce statut spécial reconnaît, entre autres, les spécificités linguistiques et culturelles de ces régions et leur confère des compétences accrues, notamment en ce qui concerne le système éducatif anglophone et les autorités traditionnelles.
Ces mesures n’ont toutefois pas mis fin au conflit armé
Les combats, les meurtres et les enlèvements se sont poursuivis, les civils se retrouvant souvent pris en étau entre les séparatistes armés et les forces gouvernementales.
Ce qui a débuté en 2016 par des manifestations liées à des revendications juridiques et éducatives a ainsi évolué en un conflit bien plus vaste et enraciné. Depuis lors, les groupes séparatistes poursuivent des objectifs politiques et militaires divergents, tandis que le gouvernement maintient sa position en faveur de l’unité du pays.
Dix ans plus tard, le conflit reste sans issue
Pour les familles ayant perdu des proches, les communautés déplacées et les enfants dont la scolarité a été interrompue à maintes reprises, cet anniversaire est moins l’occasion de marquer une date que celle de réfléchir à une crise qui dure depuis une décennie entière.
Le défi majeur demeure inchangé : trouver une solution politique capable de répondre aux griefs au cœur de la crise tout en mettant fin aux violences qui continuent de coûter la vie à des civils.
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