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Affaire Jato Sonita : le secret du viol est un problème profondément enraciné au Cameroun

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Affaire Jato Sonita : le secret du viol est un problème profondément enraciné au Cameroun
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Jato Sonita, 16 ans, chanteuse principale des Forest Children, un groupe musical de la région du Nord-Ouest du Cameroun, a été victime d'abus sexuels. Elle et son manager, Bayong Emmanuel Che, ont déclaré lors d'une conférence de presse que Sonita avait été violée par des hommes armés non identifiés en 2021. L'abus n'a été signalé que le 28 août 2024, et même lorsqu'il a été rendu public, aucune action en justice n'a été engagée.

Jato, son groupe de musique et sa famille ont déclaré avoir caché les abus pendant plus de trois ans, vivant avec eux en silence parce qu'elle ne voulait pas être ridiculisée ou que cela nuise à sa carrière musicale. Elle a déclaré qu'elle était allée nager avec ses amies et que des hommes armés les avaient attaquées et maltraitées. Jato a déclaré lors d'une conférence de presse qu'elle avait été tirée et violée par deux hommes armés. Cela a abouti à une grossesse, et l'enfant a deux ans.

Elle est restée silencieuse.

Elle est rentrée chez elle honteuse et effrayée, incapable d’en parler à ses parents. Ce n’est qu’un des nombreux cas de viol non dénoncés au Cameroun. Les victimes de viol au Cameroun ne se sentent pas suffisamment en sécurité pour se confier, ce qui est un problème de longue date. Soit personne ne les croit, soit les gens leur font des a priori. Le silence devient la meilleure option.

Selon le Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), il reçoit des informations sur au moins un cas de viol par jour, sans parler des nombreux autres qui ne sont pas signalés.

« Le phénomène est devenu si répandu que les femmes vivent désormais dans la peur constante pour elles-mêmes et leurs enfants. »

Ces abus ont lieu dans les maisons, dans les buissons et sur les lieux de travail, entre autres. Les auteurs sont parfois des membres de la famille, des patrons ou des partenaires intimes, ce qui rend difficile pour les victimes de révéler leur situation.

« La peur de l'agression sexuelle ou du viol fait désormais partie de la vie de chaque femme. De multiples façons, cela restreint la mobilité et le mode de vie des femmes », a ajouté la CHRDA.

Rien qu’en 2023, l’UNFPA a recensé 2386 cas de violences basées sur le genre dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord du Cameroun. Sur ce nombre, les violences sexuelles représentaient 15,5 %, dont 9,1 % de viols et 6,5 % d’agressions sexuelles. Le rapport indique que 69,5 % des femmes ont été maltraitées par leur partenaire intime. Même 4,3 % des enfants ont été victimes d’abus sexuels.

Il a ajouté que 97,1 % des incidents signalés concernaient des femmes, 17,9 % des enfants de moins de 18 ans et 82,2 % des adultes de 18 ans et plus.

Dans les deux régions anglophones où la guerre fait rage, les abus ont considérablement augmenté, les femmes étant les principales victimes.

Human Rights Watch documenté une attaque menée par des soldats camerounais le 1er mars 2020, à Ebam, dans la région du Sud-Ouest, au cours de laquelle des soldats auraient violé au moins 20 femmes, dont quatre handicapées.

Dans ce cas, il devient difficile pour les victimes d’obtenir justice.

Dans la région de l’Extrême-Nord, où la guerre contre l’insurrection de Boko Haram se poursuit, les exactions demeurent les mêmes. La Commission camerounaise des droits de l’homme a déclaré que la violence contre les femmes est l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues et les plus dévastatrices, notant que ce type de violation reste parmi les moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et de la honte.

« La Commission note qu’au Cameroun, 3 403 cas de femmes et de filles victimes de violences basées sur le genre (agressions sexuelles, mariages précoces, violences psychologiques, négligences, etc.) ont été portés devant les juridictions des régions de l’Extrême-Nord et du Nord. »

Les chiffres présentés par le Nkafu Policy Institute montrent une situation de viol plus grave et plus grave au Cameroun anglophone, où les femmes sont devenues vulnérables au viol. En 2019, il a enregistré 1 065 cas de violences sexuelles liées au conflit, dont 289 impliquaient des viols ou des agressions sexuelles.

Une étude sur la santé sexuelle et reproductive menée dans la région du Nord-Ouest en 2023 a indiqué que le conflit avait accru la vulnérabilité des adolescents et des jeunes à la violence sexuelle et aux rapports sexuels transactionnels, entraînant des effets tels que « des grossesses non désirées, des infections sexuellement transmissibles, des avortements à risque, la mortalité maternelle et la détresse psychosociale ». Elle a également signalé 72 cas de viol dans la région du Nord-Ouest.

Tout cela se produit sans que le gouvernement ne prenne de mesures concrètes pour aider les victimes.

Le L'Institut politique Nkafu a déclaré que la protection et l'assistance aux victimes est principalement fournie par des organisations humanitaires et non gouvernementales.

« À cet égard, de nombreuses femmes et filles ont fui ces régions et vivent désormais comme déplacées dans d’autres régions du pays, tandis que celles qui sont restées vivent dans l’anxiété et la peur persistante de la violence sexuelle et d’autres formes de violence », a-t-il déclaré.

Mimi Mefo Info

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Opérateurs de vidange : On peaufine l’entrée dans le secteur formel

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Opérateurs de vidange : On peaufine l’entrée dans le secteur formel
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Outre les tracasseries policières régulières, du fait de leur appartenance au secteur informel, les professionnels de la vidange n’ont pas accès aux grands contrats ou aux crédits bancaires.

Selon l’Association des professionnels de la vidange de Douala, environ 95% des acteurs exercent encore de façon informelle. C’est ce qui ressort de la session de sensibilisation et de renforcement des capacités organisée au cercle municipal de la ville de Douala, capitale économique du Cameroun par Fédération des acteurs de l’assainissement du Cameroun (Faac), avec l’appui de l’Association des professionnels de la vidange de Douala (Aproval).

Le métier comporte des risques souvent méconnus par les acteurs. Ils ont été formés sur comment partir du secteur informel vers le secteur formel à travers la structuration et la transformation de leur activité ; l’hygiène et la sécurité des opérateurs de la vidange ; la maintenance des camions hydrocureurs et leur système de pompe.

Dans la ville de Yaoundé par exemple, l’on compte plus de 3 millions d’habitants mais l’assainissement y est essentiellement autonome et les services de vidange, assurés par le secteur privé, sont rendus difficiles par la vétusté des camions et l’absence de site de traitement. Les boues de vidange sont ainsi déversées sans traitement, à l’extérieur de la ville ou dans les « bas-fonds », zones basses inondables.

«C’est une opportunité pour nous de rassembler les opérateurs de vidange afin de pouvoir les former et les entretenir. Ces professionnels sont l’avant-garde de l’économie de la ville mais c’est malheureusement quelque chose de très négligé» a indiqué Bertrand Tidang Nogho, président de l’Association des professionnels de la vidange de Douala.

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La compétitivité des PME au cœur du nouveau partenariat

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La compétitivité des PME au cœur du nouveau partenariat
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Après dix ans d’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne et une succession de programmes d’appui, le défi reste le même pour les PME camerounaises. Réduire leurs coûts, gagner en productivité et accéder aux marchés pour transformer l’ouverture européenne en véritable avantage économique.

Le partenariat Cameroun-UE entre dans une nouvelle phase. Reçu le 19 août à Yaoundé par le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, l’ambassadeur de l’Union européenne, Jean-Marc Châtaigner, a fait le point sur plusieurs années de coopération. La Bourse de sous-traitance et de partenariat (BSTP), les Centres de formalités de création d’entreprises (CFCE), le projet e-régulation avec Mybusiness.cm, le Programme d’appui au développement des PME agricoles et agroalimentaires (PMEAA), le Dispositif d’appui à la compétitivité du Cameroun (DACC), le Programme d’appui et de soutien à l’Accord de partenariat économique (PASAPE) et, plus récemment, le Programme d’appui au développement économique par la promotion des chaînes de valeur et de l’initiative privée (PAD-CV), lancé en 2024, composent un dispositif étoffé. S’y ajoutent le Programme d’accélération numérique du Cameroun et Digital Business Boost for Africa, introduits en 2026.

Mais le ministre veut désormais des résultats en matière de transformation productive. Il plaide pour davantage de productivité, d’innovation, de digitalisation et de conformité aux standards internationaux. Dans le cadre du PAD-CV, un appel à projets lancé le 10 juillet 2026 par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) prévoit la sélection de 200 projets à fort potentiel. Ces derniers bénéficieront d’un accompagnement technique et financier destiné à accélérer leur développement. Les candidats doivent exercer dans les filières retenues par le programme, notamment le cacao, le manioc, le maïs, le mil, le sorgho, le riz, l’anacarde, le coton-textile, le cuir et le bois.

Cette ambition se heurte toutefois aux contraintes quotidiennes des entreprises. Le coût de l’énergie, le renchérissement du crédit, la pression fiscale, l’accès limité aux équipements, le déficit de compétences et les coûts logistiques pèsent sur les charges de production. L’informalité limite également l’accès au financement et aux marchés. La sous-traitance industrielle reste peu développée, tandis que l’accès aux marchés publics et privés demeure difficile pour de nombreuses PME.

L’EUROPE COMME TEST GRANDEUR NATURE

Entré en vigueur le 4 août 2016, l’APE place cette question de la compétitivité au cœur des échanges. Le Cameroun bénéficie d’un accès au marché européen, qui compte parmi ses principaux débouchés et représente environ 40 % de ses parts de marché. Mais le dispositif a également un coût pour le Trésor public. Les pertes fiscales liées à la mise en œuvre de l’APE sont passées de 700 millions de FCFA en 2017 à 19,6 milliards de FCFA en 2025, soit 103,6 milliards de FCFA cumulés en dix ans.

L’Union européenne défend toutefois le bilan commercial de l’accord. Stéphane André, chef de la section commerciale de la Délégation de l’UE au Cameroun, estimait en août 2025 que l’APE avait permis au Cameroun d’enregistrer un excédent commercial avec l’Europe. « Cet excédent pourrait même être plus important » si le Cameroun améliorait son environnement des affaires et attirait davantage d’investissements européens, déclarait-il dans Cameroon Tribune.

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Dans cette logique, l’UE a proposé au Cameroun de négocier un Accord sur la facilitation des investissements durables (AFID), destiné à favoriser l’implantation d’investissements européens et la constitution d’une base industrielle plus solide.

VERS UN MARCHÉ RÉGIONAL

Pour Jean-Marc Châtaigner, le prochain enjeu dépasse le seul cadre camerounais. Lors de la quatrième édition de la Finance Week organisée par EcoMatin, le 30 avril 2026 à Yaoundé, le diplomate regrettait l’absence d’un APE couvrant l’ensemble des six États de la CEMAC. « Je regrette par exemple qu’il n’y ait qu’un accord de partenariat économique avec le Cameroun, et pas avec l’ensemble de la CEMAC », avait-il déclaré. Selon lui, un accord régional permettrait au Cameroun de mieux peser dans ses relations avec les partenaires européens.

Dix ans après l’entrée en vigueur de l’APE, la question n’est donc plus seulement celle de l’accès aux marchés. Elle porte aussi sur la capacité des entreprises camerounaises à produire à moindre coût, à respecter les normes, à innover et à livrer régulièrement. C’est sur ce terrain que les nouveaux instruments de coopération devront désormais faire leurs preuves.

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Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 24/08/2026

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Marcelin Vounda Etoa : « Le plus nocif de ces éditeurs clandestins est PEPCAM »

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Marcelin Vounda Etoa : « Le plus nocif de ces éditeurs clandestins est PEPCAM »
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A quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le Secrétaire permanent du Conseils national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques se dit préoccupé par l’indisponibilité de quatre manuels d’anglais dont trois du second cycle de l’enseignement général édités par Cambridge et un de l’enseignement primaire de NMI.

Pour la rentrée scolaire 2026-2027, le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques (CNAMSMD) indique que 398 manuels scolaires, livres et livrets d’activités sont officiellement inscrits sur les listes du ministère de l’Education de base (Minedub) et du ministères des Enseignements secondaires (Minesec).

Pour l’année scolaire qui débutera dans quelques jours, 52 éditeurs, dont 6 étrangers sont concernés par la production des manuels scolaires. Dans une interview accordée au quotidien Cameroon Tribune de ce mardi 25 août 2026, Marcelin Mvounda Etoa, secrétaire permanent du CNAMSMD se dit préoccupé par l’indisponibilité de quatre manuels d’anglais dont trois du second cycle de l’enseignement général édités par Cambridge et un de l’enseignement primaire de NMI.

«Des éditeurs nous ont signalé que leurs commandes de manuels de la maternelle et du primaire de l’éditeur Nathan n’ont toujours pas été satisfaites, mais deux distributeurs ont des quantités importantes des manuels de cet éditeurs» rassure Marcelin Mvounda Etoa.

Ce dernier rappelle que les manuels scolaires de la liste officielle font l’objet d’une évaluation rigoureuse et d’une bonification préalable de leur contenu. Ce qui n’est pas le cas des manuels que des éditeurs clandestins imposent à l’achats aux parents directement dans les écoles, avec la complicité de certains chefs d’établissements.

«Là aussi, on est en violation de la loi qui interdit formellement la vente des manuels scolaires dans l’enceinte des écoles. Le plus nocif des éditeurs clandestins est PEPCAM qui a développé une vraie industrie de faux manuels scolaires tous émaillées de fautes et d’incorrections diverses» explique Marcelin Mvounda Etoa.

Ce dernier indique également que depuis 3 ans, le CNAMSMD a relevé une tendance à l’augmentation régulière des prix des cahiers mais surtout une propension des importateurs de cahiers à s’en servir pour diffuser des messages divers par des images et par des textes.

Pourtant, à l’occasion d’une session tenue en 2025 entre CNAMSMD, les représentants du ministère du Commerce (Mincommerce) et de l’Agence des normes et de la qualité (Anor), un cadre normatif avait été organisé afin de tabler sur un certain nombre de problèmes. «Les cahiers comportant des notions scientifiques erronées, des textes contenant des fautes ne devraient conséquemment pas être mis en vente par leurs importateurs» regrette le secrétaire permanent du CNAMSMD.

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