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le Cameroun et la BAD misent sur une mobilisation accrue des ressources

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Réunis le 22 septembre 2026 à Yaoundé, les acteurs publics, financiers et économiques ont examiné les moyens de mobiliser davantage de ressources pour accélérer le développement du Cameroun et de l’Afrique centrale. Les échanges, organisés autour des rapports 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), ont notamment porté sur les financements, la dette et la diversification des sources de revenus.

Le financement du développement était au cœur des discussions à Yaoundé. Le 22 septembre 2026, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Paul Tasong, a présidé un séminaire consacré à la dissémination des rapports 2026 de la Banque africaine de développement sur les perspectives économiques de l’Afrique centrale et du Cameroun.

Organisée au siège de la BEAC, la rencontre a réuni notamment Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, ainsi que des représentants des administrations publiques, du secteur privé, des institutions régionales, du monde académique et des partenaires techniques et financiers.

Placés sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour financer le développement dans un monde fragmenté », les travaux ont permis d’examiner les perspectives de croissance et les défis liés au financement du développement. La mobilisation des ressources domestiques, l’accès aux financements, la gestion de la dette et la diversification des sources de financement figuraient parmi les principaux sujets abordés.

Pour le Cameroun, les échanges ont mis en avant la résilience de l’économie, notamment portée par le dynamisme du secteur non pétrolier. Les participants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer les mécanismes de mobilisation et d’allocation des ressources afin de soutenir les priorités nationales.

Prenant la parole, Paul Tasong a souligné l’importance d’une utilisation stratégique des ressources mobilisées. Selon lui, chaque franc engagé doit contribuer à des résultats concrets, mesurables et en cohérence avec les priorités nationales.

À l’échelle de l’Afrique centrale, les rapports de la BAD mettent en évidence l’importance des besoins de financement nécessaires à la transformation structurelle des économies. La diversification des sources de financement, le renforcement de la mobilisation des ressources internes et une meilleure valorisation des potentialités régionales apparaissent ainsi comme des leviers majeurs.

Cette réflexion s’inscrit dans les ambitions de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui vise notamment à accélérer la transformation économique du Cameroun. L’enjeu demeure désormais de mobiliser des ressources suffisantes et de garantir leur utilisation efficace pour financer durablement les projets de développement.

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Pierre Emmanuel Binyam nomme Marie Flore Mboussi porte-parole de sa campagne

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Dans la course à la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Pierre Emmanuel Binyam renforce son équipe de campagne. Le candidat annonce la nomination de Marie Flore Mboussi au poste de porte-parole, à quelques semaines de la convention élective prévue le 17 octobre 2026.

Pierre Emmanuel Binyam a choisi Marie Flore Mboussi pour porter le message de sa campagne à la présidence nationale du MRC. Dans un communiqué publié ce samedi 26 septembre, le candidat présente cette dernière comme une militante engagée, ancienne membre du Directoire national et ex-prisonnière politique.

Selon le communiqué, sa mission consistera notamment à expliquer les propositions de la candidature, à répondre aux préoccupations des militants et à assurer la communication avec les délégués et l’opinion publique.

Pierre Emmanuel Binyam dit compter sur son expérience et ses capacités de communication pour accompagner sa campagne et favoriser le rassemblement au sein du parti.

Cette nomination intervient alors que le MRC prépare sa convention extraordinaire du 17 octobre 2026. La Commission électorale du parti a officiellement retenu deux listes pour cette élection, celles conduites par Tiriane Balbine Nadège Noah et Pierre Emmanuel Binyam. Le vainqueur succédera à Maurice Kamto, qui a démissionné le 8 septembre contre toute attente.

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Banane : comment 31,6 milliards de FCFA de l’UE ont renforcé une filière menacée par la libéralisation

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Banane : comment 31,6 milliards de FCFA de l’UE ont renforcé une filière menacée par la libéralisation
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(Investir au Cameroun) – Les 48,1 millions d’euros, soit environ 31,6 milliards de FCFA, mobilisés par l’Union européenne entre 2013 et 2024 ont permis à la filière banane camerounaise d’améliorer ses rendements, de réduire ses pertes et de moderniser une partie de ses infrastructures au moment où l’érosion des préférences tarifaires renforçait la concurrence des producteurs latino-américains. C’est ce qui ressort du rapport d’évaluation finale externe du Programme Mesures d’Accompagnement Banane (MAB), consulté par Investir au Cameroun.

Le risque auquel devait répondre le programme avait été clairement identifié avant son lancement. Dans la fiche d’action adoptée en 2012, la Commission européenne estimait que « la survie de la filière est possible moyennant l’intensification des investissements ». Elle avertissait également qu’une nouvelle baisse des droits de douane appliqués aux bananes concurrentes pouvait « mettre à mal la survie des plantations africaines ». L’enveloppe européenne alors programmée atteignait précisément 48,29 millions d’euros.

Le MAB devait accompagner l’adaptation du Cameroun aux nouvelles conditions du marché européen après l’Accord de Genève de 2009, qui a organisé la baisse progressive des droits sur les bananes des pays bénéficiant de la clause de la nation la plus favorisée. Dans le même temps, l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne permettait aux bananes camerounaises de conserver un accès au marché européen sans droits de douane.

Les financements ont principalement bénéficié aux Plantations du Haut Penja (PHP), à la Cameroon Development Corporation (CDC) et à Boh Plantations Limited (BPL), ainsi qu’à l’Association bananière du Cameroun (Assobacam) et au Centre africain de recherches sur bananiers et plantains (CARBAP).

Chez PHP, filiale de Compagnie fruitière, l’évaluation relève une stabilisation des rendements à 46 tonnes à l’hectare et une baisse des pertes post-récolte de 22 % à 11 %. Le prix à l’exportation a progressé de 15 %. L’entreprise a également enregistré 1 703 emplois directs supplémentaires, soit une progression de 31 %, tandis que l’emploi féminin augmentait de 66 %.

BPL a presque doublé ses volumes exportés, avec une hausse de 96 %, et créé 250 emplois directs ainsi que plus de 1 000 emplois indirects. À la CDC, les rendements sont passés de 27 à 40 tonnes à l’hectare et les pertes de 21 % à 8 %.

Au total, 2,533 millions de tonnes de bananes ont été exportées pendant la période de mise en œuvre du programme, selon les données présentées le 23 septembre 2026 lors de la restitution de l’évaluation finale à Yaoundé.

L’évaluation relève aussi un effet de levier sur l’investissement privé, particulièrement chez BPL, où le co-investissement privé a atteint 95 %. Les taux d’absorption des financements ressortent à environ 99 % pour PHP, 95 % pour BPL et 71 % pour la CDC.

Les investissements communs ont notamment porté sur le Terminal mixte fruitier de Douala. Selon le rapport, le nombre de prises frigorifiques y a augmenté de 169 % et une centrale électrique de 3 MW a été installée.

Aucun résultat sur la diversification des marchés

La principale défaillance concerne l’accès à de nouveaux débouchés. L’Axe 6, consacré à la logistique et à la valorisation commerciale, n’a connu aucun début d’exécution pour ses trois composantes portant sur la recherche d’une nouvelle option logistique, la conquête de marchés supplémentaires et la création d’un label « Banane Afrique ».

Cette absence est d’autant plus notable que le document de programmation de 2012 avait réservé 2,73 millions d’euros à cet axe. Il prévoyait explicitement la recherche de solutions logistiques moins coûteuses, la pénétration de nouveaux marchés afin de réduire l’exposition à une crise européenne et la création d’un label africain avec la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Plus d’une décennie plus tard, entre 98 % et 99 % des exportations camerounaises de bananes restent dirigées vers l’Europe, selon l’évaluation. La modernisation de l’appareil productif n’a donc pas été accompagnée d’une diversification comparable des débouchés.

Le volet recherche a lui aussi été interrompu. Le contrat de subvention accordé au CARBAP est arrivé à son terme le 6 octobre 2018, après environ 329 147 euros de décaissements. Les difficultés institutionnelles rencontrées par le centre à partir de mai 2018 ont interrompu les activités financées par le MAB.

Cette rupture réduit la capacité de recherche directement financée par le programme face notamment au risque posé par la fusariose TR4, ou maladie de Panama. Il serait toutefois excessif d’affirmer que la filière camerounaise est « sans défense » : la FAO a notamment associé des représentants camerounais à ses programmes africains de formation à la prévention, au diagnostic et à la surveillance du TR4. L’organisation rappelle que la prévention et la détection précoce restent essentielles, l’éradication du champignon une fois les sols contaminés étant extrêmement difficile.

La CDC concentre, de son côté, le principal recul social relevé par l’évaluation. Plus de 3 500 emplois ont été perdus et plus de 2 000 salariés placés en chômage technique dans le contexte de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le périmètre actif de l’entreprise publique a été réduit de 65 %. Les évaluateurs recommandent une restructuration externe de l’entreprise.

Des subventions directes vers les infrastructures

L’Axe 7, consacré à l’accompagnement de la filière par l’État et à la réduction des charges non productives, a été mis en œuvre sous une forme différente de celle envisagée initialement. Il s’est traduit notamment par des exonérations fiscales et douanières et par des investissements publics dans les routes desservant les bassins de production.

Pour la suite, les évaluateurs recommandent de ne plus concentrer l’appui européen sur des subventions directes à la production. Ils proposent de privilégier des investissements d’infrastructure susceptibles d’être financés dans le cadre du Global Gateway.

Trois opérations sont notamment avancées : une étude de faisabilité pour un quai bananier à Limbé, le raccordement haute tension des plantations exploitées jusque-là par BPL et la réhabilitation des corridors routiers du Sud-Ouest ainsi que de l’axe reliant le Moungo à Douala. Le rapport estime que les coûts logistiques représentaient 40 % des charges de BPL.

La diversification commerciale revient également parmi les priorités. L’évaluation recommande une étude des débouchés dans la CEMAC, la CEDEAO, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi que la création d’un label « Banane du Cameroun » adossé aux certifications déjà obtenues par les producteurs. La ZLECAf est citée parmi les instruments pouvant faciliter cette diversification.

Les évaluateurs préconisent parallèlement un programme d’urgence de recherche variétale contre le TR4 et un projet commun avec la Côte d’Ivoire et le Ghana, sous l’égide d’AFRUIBANA, pour rechercher de nouveaux financements européens.

Depuis la mission d’évaluation, la structure de la filière a changé. BPL n’a pas été rachetée par PHP. Le 22 octobre 2025, ses actifs bananiers ont été répartis entre deux filiales de Compagnie fruitière : PHP a repris la plantation de Mbonjo et la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM) celle de Missaka. BPL continue juridiquement d’exister. Le marché compte donc trois opérateurs exportateurs — PHP, CDBM et CDC — mais deux pôles de contrôle.

Cette concentration intervient alors que la solidité financière du premier opérateur reste à surveiller. Les comptes de Compagnie fruitière montrent que PHP a cumulé environ 10,4 milliards de FCFA de pertes en 2024 et 2025, dont 5,78 milliards en 2025, malgré 67,3 % des volumes de bananes exportés par le Cameroun cette année-là.

Ludovic Amara

Lire aussi:

24-09-2026 – Filière banane : PHP cumule 10,4 milliards de FCFA de pertes en deux ans avec 67 % des exportations camerounaises

23-09-2026 – Caoutchouc, pâte de cacao, bananes : le Cameroun gagne une place dans trois classements mondiaux en 2025

31-07-2026 – Bananes : les exportations du Cameroun culminent à 122 001 tonnes au premier semestre 2026, en hausse de 17,6%

23-12-2025 – Filière banane : PHP et CDBM, filiales de la Compagnie fruitière de Marseille, rachètent les actifs de Boh Plantations

10-07-2026 – Bananes : la baisse des ventes de la CDC fait reculer les exportations du Cameroun à 15 554 tonnes en juin 2026

11-08-2026 – Bananes : les exportations du Cameroun bondissent de 34,1% en juillet 2026, à 20 577 tonnes

04-06-2026 – Bananes : les exportations de PHP tombent à 9207 tonnes en mai 2026, son niveau le plus bas depuis le début de l’année

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cinq Colonels élevés au grade de Général de Brigade

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Au Cameroun, cinq Colonels, dont quatre de l’Armée de Terre et un de la Gendarmerie nationale, ont reçu leurs attributs de Général de Brigade le 25 septembre 2026 à Yaoundé. La cérémonie, présidée par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, fait suite aux nominations prononcées par décret présidentiel le 3 août dernier.

La Cour d’honneur de la Brigade du Quartier Général (BQG) a servi de cadre, vendredi 25 septembre, à la cérémonie de remise des attributs aux Officiers généraux récemment promus. Sous une fine pluie, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, représentant le président de la République, chef des Forces armées, a procédé à la remise des insignes de Général de Brigade aux cinq promus.

La cérémonie s’est déroulée en présence notamment du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé de la Gendarmerie nationale, Galax Etoga, du directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République, de membres du gouvernement, du Parlement et du Conseil constitutionnel, ainsi que de chefs traditionnels et de hauts responsables militaires.

Parmi les nouveaux Généraux de Brigade figure le Colonel Eloundou E. Mesmin Magloire Aristide. Il doit prochainement prendre ses fonctions de Directeur central de l’Administration et de la Logistique (DCAL) de la Gendarmerie nationale. Ces promotions interviennent dans le cadre des nominations effectuées par décret présidentiel le 3 août 2026 au sein des Forces armées camerounaises.

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