Actualités locales
« votre fonction ne vous donne pas le droit d’accuser sans preuve »

Le journaliste Adolarc Lamissia demande au ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire Alamine Ousma Mey de présenter des excuses aux journalistes François Essomba, Igor Amos Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djikam interpellés pour ses lunettes.
Dans une sortie datant de ce mercredi 23 septembre 2026, notre confrère Adolarc Lamissia interpelle le ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire Alamine Ousma Mey. Il lui demande des excuses à l’endroit des quatre journalistes François Essomba, Igor Amos Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djikam accusés du vol de ses lunettes.
« Monsieur le Ministre, Ici, il n’est pas question de médias. Il est question d’une fausse accusation portée contre des journalistes dans l’exercice de leur métier. Votre fonction vous confère des responsabilités, mais elle ne vous donne pas le droit d’accuser sans preuve, encore moins d’user de votre position pour intimider ou discréditer des professionnels de la presse. Vous n’êtes pas devenu ministre après avoir passé un concours pour intégrer le gouvernement. Cette fonction est une responsabilité publique, et toute responsabilité publique commande humilité, retenue et respect des citoyens.
Redescendez sur terre. Reconnaissez publiquement ce qui s’est passé et présentez vos excuses aux journalistes injustement mis en cause. Ce geste ne vous diminuera pas. Au contraire, la capacité à reconnaître une erreur et à s’excuser publiquement est aussi une marque de grandeur. Le pouvoir est temporaire. La dignité, elle, devrait rester », a-t-il écrit.
À titre de rappel, les journalistes François Essomba, Igor Amos Guinweth Bibey, Pierre Mouchili et Solange Djikam ont été relâchés le 21 septembre 2026 après 5 jours de détention. Le ministre de l’Économie Alamine Ousman Mey, réagissant à cette affaire, a indiqué avoir du respect pour les journalistes qui assument leur responsabilité.
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« Alamine Ousmane Mey doit s’expliquer. Il doit reconnaître l’erreur »
Selon l’universitaire et homme politique, le ministre n’a pas seulement commis « une erreur d’appréciation. Il a porté atteinte à une corporation entière ».
Lire ici sa tribune :
Il y a des jours où une profession entière devrait déposer ses outils. Non par caprice. Non par colère. Mais par dignité.
Aujourd’hui, les journalistes du Cameroun ont été humiliés. Humiliés non par un débat, non par une critique, non par une contradiction — ce qui fait partie de la vie démocratique — mais par un acte d’une absurdité telle qu’il interroge la solidité même de nos institutions : faire arrêter quatre journalistes pour le prétendu vol d’une paire de lunettes, retrouvée ensuite dans la voiture de celui qui les accusait.
Ce n’est pas une anecdote. Ce n’est pas un incident. C’est un symptôme.
Un symptôme de ce que devient un État lorsqu’un ministre oublie que son autorité n’est pas un privilège personnel, mais une charge publique. Un symptôme de ce que devient une administration lorsqu’elle confond la puissance de l’État avec les émotions d’un homme.
Un symptôme de ce que devient une République lorsqu’elle laisse la force remplacer la raison. Le Ministre Alamine Ousmane Mey n’a pas seulement commis une erreur d’appréciation. Il a porté atteinte à une corporation entière.
Et une corporation, ce n’est pas un groupe d’individus : c’est une institution sociale, un pouvoir de vigilance, un contre‑poids démocratique, un bien commun.
Les journalistes ne sont pas des sujets. Ils ne sont pas des subalternes. Ils ne sont pas des accessoires. Ils sont les gardiens de la parole publique, les témoins du réel, les artisans de la transparence.
Les arrêter pour une paire de lunettes, puis découvrir que ces lunettes étaient dans la voiture du plaignant, c’est infliger à la presse une humiliation que rien ne justifie. C’est exposer l’État à la dérision. C’est fragiliser la confiance publique.
C’est abîmer l’image du Cameroun.
Dans un pays où un journaliste — Martinez Zogo — a été enlevé, torturé et assassiné, où la presse vit sous tension, où les mots peuvent coûter la vie, on ne joue pas avec la liberté des journalistes. On ne les arrête pas pour un objet perdu.
On ne les enferme pas pour un caprice. On ne les humilie pas pour un malentendu.
Ceux qui sont en cellule devraient refuser de sortir sans excuses officielles. Non par orgueil. Non par provocation. Mais pour rappeler à l’État que la liberté de la presse n’est pas négociable.
Qu’elle n’est pas un cadeau. Qu’elle n’est pas une faveur.
Qu’elle est un pilier de la République.
Le Ministre Alamine Ousmane Mey doit s’expliquer. Il doit reconnaître l’erreur. Il doit réparer l’humiliation. Il doit restaurer la confiance.
Car un ministre n’est pas seulement responsable de ses actes : il est responsable de l’exemple qu’il donne.
La presse camerounaise a été blessée.
Elle a été humiliée. Elle a été traitée comme un corps sans dignité.
Mais elle peut, aujourd’hui, redevenir une corporation : unie, solidaire, debout, refusant que l’on touche à l’un de ses membres sans que tous ne se lèvent. La République ne se défend pas seulement dans les tribunaux.
Elle se défend dans les gestes. Dans les symboles. Dans les excuses. Dans la reconnaissance des fautes. Aujourd’hui, c’est au Ministre de parler. Et c’est à la presse de se tenir debout.
Professeur Vincent Sosthène Fouda
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Nganou Djoumessi évalue 18 projets dans le Grand-Nord
Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, conduit ce 23 septembre 2026 une revue de 18 projets routiers à financement conjoint dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. L’objectif est de faire le point sur l’avancement des travaux et les difficultés rencontrées.
Le ministère des Travaux publics passe au crible les principaux projets routiers à financement conjoint en cours dans le réseau Nord. La revue porte notamment sur les projets du Programme d’Appui au Secteur des Transports, phases II et IV, ainsi que sur des projets d’aménagement territorial et d’amélioration de la connectivité dans l’Extrême-Nord.
Dans l’Adamaoua et le Nord, les échanges concernent principalement les différentes sections de la route Ngaoundéré-Garoua. Dans l’Extrême-Nord, l’examen porte sur les axes Maroua-Moutourwa, Magada-Guidiguis, Guidiguis-Yagoua, ainsi que sur plusieurs sections du corridor Mora-Dabanga-Kousséri.
Avec les équipes techniques du MINTP, les entreprises et les missions de contrôle, le ministre examine la situation de chaque chantier, notamment les délais, le niveau d’exécution et les éventuelles contraintes. Certains projets sont proches de l’achèvement, tandis que d’autres présentent un niveau d’avancement jugé satisfaisant ou viennent tout juste de démarrer.
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Bicec : un arrêt français révèle le rejet de 16,4 milliards de FCFA réclamés sur des crédits à Producam, Delta et Argia

(Investir au Cameroun) – La Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec) n’obtiendra pas, au stade actuel de la procédure, les 16,402 milliards de FCFA de dommages et intérêts qu’elle réclamait dans un contentieux lié à des crédits accordés aux opérateurs camerounais du cacao et du café Producam, Delta Industries International et Argia. Dans un arrêt du 29 janvier 2026, rectifié le 24 février, la cour d’appel de Paris a rejeté ses demandes indemnitaires contre Unicontrol Commodity Cameroun (UCC), chargé du contrôle des stocks servant à sécuriser les financements, et Katoen Natie-Commodities BV, solidairement responsable des obligations du tiers détenteur.
L’enjeu financier doit toutefois être précisément délimité. Les 16,402 milliards de FCFA correspondent au préjudice que la Bicec disait avoir subi et au total des sommes dont elle réclamait parallèlement le paiement à Producam, Delta et Argia au Cameroun. La cour d’appel n’a pas fixé le montant des dettes restant effectivement dues par ces trois entreprises et n’a pas jugé qu’elles étaient libérées de leurs obligations envers la banque.
L’arrêt prive également la Bicec des 300 000 droits de tirage spéciaux (DTS) de dommages et intérêts que le tribunal de commerce de Paris lui avait accordés en première instance, le 25 novembre 2021. La banque est en outre condamnée à verser 20 000 euros à Katoen Natie-Commodities et 20 000 euros à AIG Europe au titre des frais de procédure, ainsi qu’à supporter les dépens prévus par la décision.
Des crédits de campagne sécurisés par des stocks de cacao et de café
Le litige trouve son origine dans des financements de campagne accordés par la Bicec aux trois entreprises. Producam, implantée à Kékem et associée à l’homme d’affaires Emmanuel Neossi, également promoteur de Neo Industry, était active dans le négoce du cacao et du café. Delta Industries International de Moïse Diabé et Argia – représentée par Bruno Betat – opéraient également dans cette filière. Les trois sociétés figuraient parmi les exportateurs camerounais de cacao recensés au cours de la campagne 2018-2019.
Pour sécuriser une partie de ses concours, la Bicec s’appuyait sur des marchandises entreposées chez ses clientes. Des conventions de tierce détention ont été conclues le 16 janvier 2017 avec Producam et Delta, puis le 3 octobre 2017 avec Argia. UCC devait contrôler les entrées et sorties des marchandises et superviser leur gestion pour le compte de la banque.
Les difficultés apparaissent en 2019. La Bicec faisait état de 444 à 771 tonnes de cacao manquantes chez Argia ; de 661 à 1 802 tonnes de cacao et de 1 605 à 2 529,4 tonnes de café chez Delta ; et de 7 300 tonnes de cacao « considérées comme perdues » chez Producam. Ces volumes correspondent aux pertes alléguées par la banque : la cour ne les a pas reconnues comme des pertes établies.
La Bicec avait parallèlement entrepris de recouvrer ses crédits auprès des emprunteurs au Cameroun. Une assignation a été signifiée à Delta en août 2019, tandis que Producam et Argia ont reçu des mises en demeure en septembre de la même année.
Le dossier donne une indication sur l’exposition revendiquée à Producam, sans permettre de la considérer comme définitivement établie. Dans ses conclusions, Katoen Natie indique que la Bicec faisait valoir une créance de 9,96 milliards de FCFA sur l’entreprise associée à Emmanuel Neossi. La société néerlandaise contestait ce montant et soutenait que la créance n’excédait pas 670,9 millions de FCFA. La cour d’appel n’avait pas à départager ces deux montants dans cette procédure. La ventilation des 16,4 milliards de FCFA entre Producam, Delta et Argia ne peut donc pas être reconstituée avec certitude à partir de l’arrêt.
La preuve des pertes fait tomber la demande de la Bicec
Le rejet ne repose pas sur l’absence de conventions entre la banque et le tiers détenteur. La cour examine au fond la responsabilité invoquée par la Bicec, mais estime que les éléments produits ne permettent pas d’établir que les pertes alléguées résultent de manquements d’UCC.
Elle relève notamment l’impossibilité de relier suffisamment les lettres de tierce détention aux financements effectivement accordés aux lots concernés. Aucun contrat écrit de gage conclu entre la Bicec et Producam, Delta ou Argia n’a par ailleurs été produit devant la cour.
Une autre difficulté concerne la nature même des marchandises. La convention conclue avec Delta portait sur du cacao destiné à l’exportation, alors que la banque invoquait aussi des pertes de café. Celle de Producam concernait du café, tandis que les 7 300 tonnes déclarées perdues étaient du cacao. La Bicec n’a pas produit d’avenant démontrant que les conventions avaient été étendues à ces produits.
La cour relève aussi que la banque réclamait le solde total de ses crédits de campagne alors que les pertes de marchandises invoquées étaient présentées comme partielles. Les constats et rapports produits ne permettaient pas davantage d’identifier des lots précis disparus à une date déterminée.
Deux rapports du cabinet K2C faisaient notamment état d’une porte défectueuse dans un entrepôt de Delta et de possibles sorties irrégulières de marchandises. La cour observe cependant que plusieurs de ces éléments reposaient sur des propos de tiers ou des allégations non corroborées. Elle relève aussi que la Bicec pouvait demander une expertise judiciaire contradictoire des stocks chez les trois opérateurs, ce qu’elle n’a pas fait.
La banque avait pourtant fait pratiquer, le 16 mai 2019, une saisie conservatoire dans un entrepôt de Delta sur la base d’une ordonnance rendue le 18 février à Nkongsamba. Selon la cour, cette opération n’a pas davantage donné lieu à un constat contradictoire permettant d’établir précisément les marchandises présentes.
Les procédures de recouvrement contre les emprunteurs restent distinctes
L’arrêt ne signifie donc pas que Producam, Delta et Argia ne doivent plus rien à la Bicec. La cour distingue expressément l’action en responsabilité engagée en France contre UCC et Katoen Natie des démarches entreprises au Cameroun pour obtenir le remboursement des crédits accordés aux trois entreprises.
La décision du 24 février 2026 est venue corriger une erreur matérielle dans le dispositif de l’arrêt du 29 janvier, qui désignait initialement la mauvaise partie comme déboutée. Le texte rectifié précise que c’est la Bicec qui est déboutée de ses demandes indemnitaires contre UCC et Katoen Natie.
L’incidence comptable de ce revers sur la banque n’est pas déterminable à partir des documents judiciaires consultés. Les 16,4 milliards de FCFA constituaient une indemnisation réclamée, et non une somme déjà acquise à la Bicec. Les décisions disponibles ne précisent ni les provisions constituées sur les crédits concernés, ni les montants éventuellement récupérés depuis auprès de Producam, Delta ou Argia.
Amina Malloum
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