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Sur le barrage des agriculteurs de l’A15, une soirée entre causette et tartiflette | TV5MONDE

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La bière n’a plus de bulles mais la tartiflette chauffe dans des poêlons et la sono tourne aux tubes des années 80: sur leur barrage d’Argenteuil (Val-d’Oise), les agriculteurs occupant l’A15 passent leur deuxième nuit entre ciel et chaussée.

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Il est 19h mardi, la nuit est tombée sur l’autoroute. Des cuistots font cuire les patates au milieu des lardons en vue du dîner. Des jeunes débitent à la tronçonneuse des palettes pour alimenter des braseros qui offrent un répit bienvenu face au froid de l’hiver.

Depuis l’installation de ce convoi de 47 tracteurs à cet emplacement lundi après-midi, soit “le cortège le plus proche de Paris” comme le revendiquent fièrement ses participants, une petite place de village a poussé sur l’autoroute au pied d’une grande bâche annonçant “Notre fin sera votre faim”.

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“On a voulu faire un petit carré un peu base vie, convivial, où on peut se retrouver tous ensemble”, confie à l’AFP Fabrice Mauger, qui s’apprête à passer la nuit sur place à l’arrière d’une fourgonnette.

Avec ces occupations d’axes routiers autour de Paris, ce céréalier de Vigny espère surtout obtenir la suppression de l’obligation de 4% des terres en jachère. “Sur ces 4% je continue à payer un loyer au propriétaire, à payer des charges et je n’en tire rien”, regrette-t-il.

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L’atmosphère est bon enfant. Axelle Red ou Jean-Jacques Goldman ronronnent en fond sonore. On refait le plein à la tireuse à bière, on s’allume une cigarette, on taille le bout de gras pour passer le temps qu’on trouve quand même un peu long. “On est bien sur l’A15, non ?”, s’enthousiasme un jeune agriculteur qui n’en revient toujours pas.

Pour ménager l’opinion publique locale, les protestataires n’occupent qu’une portion limitée de l’autoroute. À dessein, une sortie permet de contourner facilement leur dispositif. Le trafic est donc seulement ralenti et non bloqué.

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L’autoroute n’est pas non plus coupée dans l’autre sens, contrairement à ce qui se fait ailleurs. Les coups de klaxons de soutien sont nombreux dans le flot des usagers passant sur la voie en face.

Rotations d’équipes

Traversant le Val-d’Oise, l’A15 constitue la colonne vertébrale du département. Elle est empruntée chaque jour par des dizaines de milliers d’automobilistes pour aller travailler à Paris ou ses environs. Conscients de la sensibilité de cet axe, les agriculteurs manifestant relativisent la rhétorique guerrière du “siège” de la capitale.

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“Pour l’instant, on n’a pas l’impression d’être mal perçus. Mais c’est une inconnue. C’est sûr qu’au bout d’un moment les gens en auront assez, nous c’est pas le but de nous éterniser”, concède Denis, un cultivateur de 55 ans, casquette de l’équipe F1 Renault sur le crâne.

Pour économiser les hommes et les forces, les syndicats ont organisé deux rotations d’équipes par jour. Des voitures assurent la navette entre le campement et les fermes de la région. Vingt-cinq personnes restent sur place chaque nuit, contre une cinquantaine présentes en journée.

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À 21H45, un cri retentit: “A table !”. Les copieuses rations de tartiflette dégagent une vapeur chaude dans l’air froid, les groupes s’installent aux tables installées sous des barnums.

Habitante d’Enghien-les-Bains, Laetitia a bataillé avec son fils au milieu des ronces derrière la glissière de l’autoroute pour rejoindre en pleine nuit à pied le campement.

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Par solidarité pour les agriculteurs, cette experte immobilier arrive les bras chargés de monceaux de crêpes, confitures, gâteaux au chocolat. Et même une petite fleur jaune pour la déco.

“Vous êtes la genèse, vous êtes la vie. Si vous ne nous nourrissez pas, on meurt !”, lance cette dynamique femme grisonnante qui avait aussi amené des chouquettes dans les casernes et commissariats pendant les émeutes de juin.

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Les agapes de la première nuit du blocage, couplées à une nuit inconfortable dans le tracteur, ont laissé des petits yeux à certains.

Pendant que l’équipe du 13H-22H monte en voiture pour retrouver son lit, les volontaires de la nuit se glissent dans les tentes ou gonflent leurs matelas. Jusqu’à la relève, à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne.

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Européennes: l’écologiste Marie Toussaint refuse un débat sur CNews | TV5MONDE

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L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, tête de liste pour les européennes, a annoncé dimanche qu’elle déclinait l’invitation de CNews pour un débat avant les élections, refusant de “participer à l’effort de trumpisation de l’espace médiatique” mené selon elle par la chaîne.

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“Je répondrai à tous les médias respectueux de la déontologie de leur occupation. Votre antenne n’entre malheureusement plus dans cette catégorie”, écrit la candidate dans un courrier à Serge Nedjar, directeur général de CNews, et au milliardaire Vincent Bolloré, qui contrôle Vivendi, propriétaire du groupe Canal+.

Elle explique avoir été invitée pour un “grand débat” des élections européennes le 30 mai prochain, mais refuser de mettre sa “parole au service d’un équilibrage acrobatique des temps de paroles des médias du groupe Bolloré”.

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L’eurodéputée indique avoir pris sa décision après avoir observé la chaîne considérer, dans une infographie, l’avortement comme une des principales causes de mortalité dans le monde. CNews avait présenté ses excuses après cette séquence diffusée dimanche.

“Votre chaîne n’est désormais qu’une easy officine de propagande au service d’un fight civilisationnel”, ajoute Marie Toussaint, regrettant que l’antenne du canal 16 de la TNT, classée deuxième chaîne d’information de France, invite “80% d’intervenants politiques teintés à droite ou à l’extrême droite”.

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Les vedettes de CNews, Pascal Praud, Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, étaient auditionnées cette semaine à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une fee d’enquête sur les fréquences TNT.

La chaîne est déjà régulièrement boycottée par de nombreux élus de gauche, notamment issus de la France insoumise (LFI) et des écologistes.

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CNews, ainsi que l’autre chaîne du groupe Canal+, C8, ont souvent été mises en demeure et sanctionnées d’amendes pour non-respect de leurs obligations en matière de pluralisme et d’indépendance de l’data par l’Arcom, le régulateur des médias.

L’appel à candidatures pour 15 fréquences de la télévision numérique terrestre a été lancé mercredi, avec pour enjeu pour ces deux chaînes de conserver leur place sur la TNT, quelques jours après une décision très commentée du Conseil d’Etat sommant l’Arcom de muscler son contrôle de CNews.

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Européennes de juin : l’extrême droite française, en tête des sondages, lance sa campagne | TV5MONDE

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A cent jour des élections européennes, le parti d’extrême droite Rassemblement nationwide (RN) est donné largement favori en France, emmené par sa jeune tête de liste, Jordan Bardella.

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A 28 ans, il va donner dimanche le coup d’envoi de sa campagne, par un premier assembly géant à Marseille (sud), pour tenter d’asseoir une dynamique que rien ne semble pour l’instantaneous pouvoir enrayer.

Jusqu’ici, le RN s’impose inlassablement en tête de tous les sondages sur les intentions de vote – 30% selon une étude BVA Xsight pour la radio RTL paru mercredi.

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En moins de cinq ans, Jordan Bardella, président du RN depuis 2021 alors que Marine Le Pen se tient en réserve pour une candidature à la prochaine élection présidentielle, s’est imposé dans un paysage politique en plein renouvellement.

Dimanche à Marseille, dans une salle où plus de six mille personnes sont attendues, il aura droit à un honneur inédit: une prise de parole en dernier, après Marine Le Pen.

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Tout un symbole, cinq ans après une première candidature en tant que tête de liste du RN pour les Européennes, où il était apparu davantage comme un prête-nom, voire une warning jeune pour la patronne de l’extrême droite française.

Arrivé en tête (23,34%), il a ensuite méthodiquement investi le paysage politique et médiatique, porté par un expertise de débatteur et une télégénie certaine. En 2022, lors de la troisième candidature à l’Elysée de Marine Le Pen, il était l’un de ses porte-parole les plus dévoués.

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Le scrutin européen du 9 juin doit parachever cette ascension fulgurante, avec une double situation: “arriver en tête et avec un rating supérieur à celui de 2019” (23,34%), résume l’un de ses proches.

Une ambition que les sondeurs et les specialists jugent tous raisonnable.

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Mais les stratèges du parti de Marine Le Pen s’autorisent en privé à viser la barre des 30% et espèrent surclasser d’au moins dix factors le parti du président Macron, avec lequel ils avaient fait jeu quasi-égal en 2019.

En assumant de “nationaliser” le scrutin pour en faire des “élections de mi-mandat” contre l’exécutif et la majorité, ces européennes doivent être le marche-pied à une quatrième candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle dans trois ans.

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Selon l’institut de sondages BVA, un tiers des Français entend utiliser son bulletin de vote aux Européennes pour “exprimer (son) opposition à la politique actuelle”.

Mais certains s’inquiètent d’un statut de favori qui pourrait démobiliser l’électorat – un talon d’Achille historique du RN, qui l’avait notamment empêché de remporter la moindre région aux élections régionales de 2021, au mépris des pronostics.

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pab/sde/dch/mm/cls/roc

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L’édition 2024 du Salon de l’agriculture sous le sceau de la colère | TV5MONDE

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Le Salon de l’agriculture ferme ses portes dimanche au terme d’une 60e édition marquée par la colère des agriculteurs, qui restent circonspects face aux multiples annonces gouvernementales et fiers d’avoir présenté leur travail aux centaines de milliers de visiteurs.

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Le syndicat agricole majoritaire FNSEA avait donné le ton dès la veille de l’ouverture, le 23 février, en organisant une marche, achevée en veillée d’armes devant l’entrée du Parc des expositions à Paris.

Au petit matin, des dizaines de manifestants forcent une grille et entrent, décidés à se faire entendre du chef de l’Etat.

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Au milieu des allées du Corridor 1, l’incontournable pavillon des vaches, cochons et ovins, des empoignades ont lieu entre la sécurité – visiblement dépassée – et des militants arborant des signes distinctifs de trois syndicats, FNSEA, Jeunes agriculteurs et Coordination rurale.

Le programme de la visite d’Emmanuel Macron est chamboulé. Après une rencontre avec les représentants officiels des syndicats et filières, il débattra finalement avec quelques agriculteurs choisis dans les rangs des syndicats.

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Le Salon ouvre au public avec une heure de retard, et le Corridor 1, plus de six heures plus tard. “Du jamais vu” pour ses organisateurs.

L’habituelle déambulation du président est maintenue, mais dans des stands vidés de leurs visiteurs, bloqués par des cordons de CRS, et parfois sous des huées.

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“On montre les muscle groups une fois de plus contre un peuple qui souffre et qui en a marre”, tempête Moïse Blin, éleveur en Bretagne.

Moins d’excès

Après cette première journée tumultueuse, la vie du Salon reprend dans une ambiance bon enfant mais ponctuée jusqu’au bout de sifflets ou “coups de gueule”.

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Les visiteurs s’empressent autour de son égérie, la vache Oreillette, s’attendrissent devant l’éclosion de poussins ou s’étonnent devant les attributs d’un taureau Aubrac. Ils se régalent des spécialités régionales, grimpent dans la moissonneuse-batteuse, assistent aux concours d’animaux.

La fête donne, comme toujours, lieu à certains débordements mais loin des excès constatés l’an dernier. Si bars à vin, stands de brasseries et de cocktails commencent les dégustations à 11h, mini gobelets aux bords des comptoirs, la vente d’alcool est interdite à 18H45 et les pintes de bières, bannies le week-end.

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Un premier bilan chiffré sera donné dimanche soir, mais les organisateurs sont d’ores et déjà “très satisfaits du nombre de visiteurs”.

Après des semaines de mobilisation dans la rue et d’engagements gouvernementaux, allant de centaines de tens of millions d’aides d’urgence à la promesse d’un choc de simplification, le Salon a été l’event de présenter de nouveaux gages.

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Jet d’oeufs

Accédant à une demande forte de la FNSEA, Emmannuel Macron s’est engagé à reconnaître l’agriculture “comme un intérêt général majeur de la nation française”, répondant à la Coordination rurale, il a évoqué “un plan de trésorerie d’urgence”, et à la Confédération paysanne, a ouvert un débat sur des “prix planchers”.

Cette dernière annonce a fait bondir la FNSEA, qui y voit le risque d’aboutir à des “prix plafonds” et une contrainte de plus dans certaines filières où cela n’a pas de sens, comme les céréales destinées à l’export.

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Attendu de pied ferme au salon, le gouvernement a multiplié les annonces: plans pour l’élevage et le blé dur, 40 tens of millions d’euros supplémentaires pour l’agriculture bio, 100 tens of millions de plus pour la filière fruits et légumes. Ont aussi été publiés des décrets sur la dénomination des viandes ou les métiers en stress.

Ministres, élus ou candidats, le défilé des politiques a été everlasting, sur fond de campagne pour les élections européennes.

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Les ministres Christophe Béchu (Transition écologique) et Marc Fesneau (Agriculture) ont été la cible d’oeufs, tandis que Gabriel Attal a déambulé tranquillement; à l’extrême droite, Marion Maréchal s’est vue aspergée de bière quand le président du RN Jordan Bardella a multiplié les selfies.

Le président de la République s’est placé dès le début en opposition à l’extrême droite, dénonçant un lien entre la Coordination rurale et le RN.

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Le deuxième syndicat agricole, qui défend son apolitisme, s’est en tout cas rappelé au memento de l’exécutif vendredi matin en débarquant par shock avec tracteurs et ballots de paille au pied de l’Arc de Triomphe.

Signes que les agriculteurs restent sur la brèche.

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Rejoint le groupe WhatsApp

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