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Pour la manifestation de la vérité, le procès de Martinez Zogo doit être public

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C’est du moins l’idée soutenue par le lanceur d’alerte Paul Chouta dans un texte d’opinion publié ce dimanche 24 mars 2024.  

 

Lire ici le texte :

À la veille de l’ouverture du procès de l’affaire Martinez Zogo, prévue le 25 mars au tribunal militaire de Yaoundé, l’on espère qu’enfin les débats pourront permettre à la veuve, aux enfants, parents, collègues amis du célèbre animateur, aux Camerounais et à l’opinion internationale  de connaître la vérité. En effet, il est loisible de constater qu’aussi bien les enquêtes que l’instruction, relatives à ce dossier, ont fait l’objet de  multiples manipulations.

Ainsi, l’information sur la disparition de Martinez Zogo a été rendue publique en même temps qu’une intense campagne de désinformation. L’intrusion du politique dans les tous premiers actes d’enquête a conduit à un jeu de chaise musicale entre autorités judiciaires et policières préjudiciable à l’éclatement de la vérité. Que l’on pense au dessaisissement du procureur du TGI de Mfou et de celui du TGI du Mfoundi, aux enquêtes conduites au service central des recherches Judiciaires (SCRJ) au SED, à la DGSN, suivis de la mise en place de la très politique et controversée Commission Mixte rendue publique par le SGPR Ferdinand NGOH NGOH, dont l’ombre n’a jamais quitté ni l’enquête ni l’instruction ni l’affaire elle même; que l’on pense aussi à toutes les rumeurs de trafic d’influence et de corruption alléguée qui ont semé, l’on est en droit de s’interroger sur la volonté réelle de la justice de dire la vérité sur ce crime d’État.

La rocambolesque affaire de l’ordonnance partielle du juge d’instruction SIKATI libérant Jean Pierre AMOUGOU et Léopold Maxime EKO EKO, rageusement retoquée par le Ministre délégué à la Défense Joseph BETI ASSOMO, que certains soupçonnent à tort ou à raison de n’être que le porte flingue du SGPR dans cette affaire, n’a pas aidé à rétablir la sérénité. De même, les curieuses qualifications des faits du premier juge d’instruction, ou encore l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction NZIE, n’y sont pas parvenues non plus.

Dans cette ambiance judiciaire surréaliste, portée par une affaire criminelle elle même surréaliste au regard des personnes et services mis en cause, nous avons pris et assumé le parti d’aider modestement à la manifestation de la vérité. Ceci, dans l’objectif de défendre la mémoire de Martinez Zogo, d’être aux côtés de sa veuve, de ses enfants, de sa famille, bref par simple humanisme. Comme il fallait s’y attendre, cela n’a pas été facile. Nous avons donné des coups et en avons reçus, beaucoup. Notre implication dans ce dossier s’explique également par le fait que nous connaissions personnellement Martinez Zogo, sa veuve, et aussi parce que nous avions déjà été victime, à deux reprises, de la barbarie des barbouzes du régime, probablement les mêmes qui ont lâchement tué telle une bête sauvage le célèbre animateur.

Nous avons été sans concession vis à vis de tous ceux qui, par intérêt égoïstes, par appartenance à un des clans lancés dans la lutte fratricide pour la prise de contrôle du pouvoir et ou par goût du lucre ont tenté de brouiller les pistes dans les enquêtes au mépris de la vive douleur de la famille de Martinez Zogo.

À la veille de l’ouverture du procès, la vérité de l’instruction, sous réserve que celle-ci n’ait pas souffert des trafics d’influences divers, qu’elle ait résisté aux puissantes forces de l’argent omniprésentes dans cette affaire et qu’elle ne porte les stigmates de la violente guerre que se livrent ouvertement le FC TASK FORCE et le FC Ligne 94, permet de suspecter l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga et l’ancien DG de la DGRE, Léopold Maxime EKO EKO pour la filature, l’enlèvement et la torture de MARTINEZ ZOGO. Ces faits ne sont pas des délits mais bel et bien des crimes. Ainsi, sous toutes les réserves, ces deux personnalités, encore présumées innocentes, sont, contrairement à une thèse laborieusement soutenue par certains, mis en cause dans cette terrible affaire par la justice.

Cependant, une lecture attentive de l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction NZIE laisse tout observateur sur sa faim. En effet, si en plus de ces deux personnalités mises en cause pour les crimes sus mentionnés, d’autres acteurs sont inculpés pour l’assassinat de MARTINEZ ZOGO, on ne peut s’empêcher de constater que le juge d’instruction NZIE n’a pas dit qui serait (seraient) le/les donneurs d’ordre dans l’assassinat de l’animateur. L’ancien maire de la commune de Bibey Martin SAVOM, curieux personnage tant il était inconnu au bataillon avant l’affaire MARTINEZ ZOGO, figure parmi les mis en cause. Pour le juge d’instruction NZIE, celui-ci aurait agi en coordination avec le Lieutenant colonel Justin DANWE.

Or la presse prête à Martin SAVOM des liens particuliers avec le SGPR Ferdinand NGOH NGOH et Madame Chantal BIYA à qui il aurait adressé une curieuse correspondance à la sortie de sa première audience avec le juge d’instruction SIKATI. Martin SAVOM aurait également, selon un audio non authentifié qui a circulé sur les réseaux sociaux, des liens tout aussi curieux avec le Ministre Délégué à la Défense Joseph BETI ASSOMO, qui dans sa fonction est celui qui met  en mouvement l’action publique dans les tribunaux militaires et qui, de surcroît, agirait, selon certains, sous les ordres du SGPR Ferdinand NGOH NGOH.

À côté de ces situations qui ne sont pas ordinaires dans les procédures judiciaires, il faut souligner que les journaux ont relayé des informations de RSF qui laissent entendre que le Ministre de la justice Laurent ESSO avait été cité dans le dossier par le Lieutenant colonel Justin DANWE. Cet élément n’apparaît pas dans l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction NZIE. Que faut il en penser? Rien qui rassure sur la manifestation de la vérité, assurément. De même, les noms d’autres personnalités de premier plan tels  Louis Paul MOTAZE, ministre des Finances et ami devant Dieu de Jean Pierre AMOUGOU BELINGA, et Samuel MVONDO AYOLO, Directeur du Cabinet civil, ont également bruités dans les enquêtes.

Les avocats de la partie civile ont souligné,  à plusieurs reprises, que l’assassinat de Martinez ZOGO était une vraie affaire d’État; que leurs droits ont été malmenés à toutes les étapes des différentes procédures ayant conduit à l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction NZIE. De leurs côtés, les avocats de la défense, notamment ceux de Jean Pierre AMOUGOU BELINGA et de Léopold Maxime EKO EKO ont crié au complot, tout au long des enquêtes et même après la publication de l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction NZIE, qui selon eux vise à cacher la vraie identité de ceux qui auraient ordonné l’assassinat crapuleux de Martinez ZOGO. Sans vouloir ici donner un quelconque crédit à leur thèse, on ne peut ne pas mentionner que leurs accusations visent particulièrement le SGPR Ferdinand NGOH NGOH.

Aujourd’hui, la seule certitude que nous ayons est que le célèbre animateur MARTINEZ ZOGO, qui par ses sorties dérangeait manifestement des personnes puissantes, a été sauvagement assassiné par et avec les moyens de la DGRE. Reste à savoir, à présent, pour le compte exact de qui. Le procès qui s’ouvre demain est très attendu. Les personnes soupçonnées jouent gros, tout comme celles qui, encore en liberté et en fonction, sont accusées par la rumeur colportée par certains suspects et leurs soutiens dont le niveau l’engagement interroge.

Le régime BIYA joue lui aussi très gros dans ce procès qui incontestablement sera aussi le sien. En effet, le procès de la DGRE qui est insécable de celui de l’assassinat crapuleux de Martinez ZOGO est enfin ouvert. C’est le procès de 42 ans de mépris des droits humains par le régime BIYA -RDPC. C’est aussi le procès de l’instrumentalisation des services de renseignement et de sécurité pour servir le maintien de l’ordre politique c’est à dire pour terroriser les esprits dissidents. En filigrane, le procès qui s’ouvre demain au tribunal militaire est aussi celui de la gestion kleptocratique du régime en place. On ne doit jamais oublier que Martinez ZOGO est mort parce qu’il dénonçait la privatisation de la gestion de la fortune publique par une coterie qui bénéficie du puissant parapluie présidentiel de Paul BIYA qui fait figure de véritable parrain.  Tout cela contraste avec le statut du Chef de l’État qui est de par la constitution en charge de veiller à la protection de cette fortune publique. MARTINEZ ZOGO a été assassiné à cause de la non application du fameux article 66 de la constitution sur la déclaration des biens par Paul BIYA. Lui qui défendait avec acharnement le couple présidentiel a été trahi puis qu’il était possible de le protéger pour lui épargner le terrible sort que des criminels d’État lui ont fait subir en pleine capitale.

Il reste à espérer que les débats lors de ce procès hors norme permettent à la famille de MARTINEZ ZOGO de savoir qui a ordonné son assassinat. La réponse à cette question centrale lui permettra enfin de faire son deuil. Surtout quand on sait le niveau de pourriture morale de la justice militaire dont plusieurs membres sont eux-mêmes en surci à cause de leur implication dans les détournements compulsifs de fonds publics dans le cadre du scandale de fausses taxes à témoins.

 

NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.

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Voici l’avenir du football camerounais au milieu de terrain selon Alexandre Song

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Recruté par Brighton en provenance de Lille pour 30 millions d’euros, Carlos Baleba fait progressivement ses classes dans le plus prestigieux championnat du monde. Alternant banc de touche et titularisation en début de saison, le joueur formé à l’Ecole des Brasseries du Cameroun enchaîne les matchs cette fin de saison. Ses performances n’ont pas laissé indifférent les organisateurs du Golden Boy, qui l’ont nominé pour l’édition 2024 de cette récompense qui prime le meilleur jeune joueur d’Europe chaque année. Pour Alexandre Song, la présence du jeune milieu de terrain est justifié. Ce dernier est d’ailleurs selon lui, le futur de la sélection camerounaise.

L’association parfaite pour le milieu de terrain camerounais

« Je pense qu’au milieu de terrain du Cameroun c’est le futur. C’est un jeune prometteur qui a un talent énorme. Venir à l’équipe nationale du Cameroun c’est un plus. Ce n’est pas donné à tout le monde de jouer en Premier League. Il joue un championnat de haut niveau. Il a le talent. L’entraîneur veut avoir une équipe solide. On a de grandes échéances qui arrivent. Il faut qu’il constitue une équipe solide pour gagner ces deux matchs. Baleba c’est une priorité. L’associer avec Zambo et Onana, on a un milieu de terrain complet. On a un qui est assis et deux pivots qui peuvent faire ce travail. L’entraineur a raison de s’appuyer sur Carlos Baleba qui est un futur grand pour le Cameroun », a analysé l’ancien numéro 6 d’Arsenal sur le plateau de CRTV Sports ce lundi 15 avril 2024.

Qu’est que le Golden Boy ?

La récompense Golden Boy est décernée chaque année au meilleur joueur de moins de 21 ans évoluant en Europe. Cette distinction est organisée par le journal italien Tuttosport depuis 2003. Le lauréat est choisi par un panel de journalistes sportifs européens. Des joueurs de renom tels que Lionel Messi, Wayne Rooney, Sergio Agüero et Kylian Mbappé ont remporté ce prestigieux prix par le passé. La présence de Baleba dans cette liste ô combien sélective, montre qu’il fait partie aujourd’hui des meilleurs espoirs du football mondial.

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Kemi Seba dénonce la position de l’occident après la réponse de l’Iran envers Israël

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Selon Kemi Seba, l’attaque de l’Iran contre Israël est un droit légitime de défense. Après des menaces répétées envers Israël, la République islamique d’Iran a finalement lancé une série de missiles et de drones vers Israël le samedi 13 avril. Cette attaque a suscité diverses réactions au sein de la communauté internationale. Certains Chefs d’Etat à l’instar d’Emmanuel Macron et Joe Biden, ont condamné les agissement de l’Iran. Prenant à contrepied ces présidents, Kemi Seba soutient qu’il s’agit d’une réponse légitime aux agressions perpétrées premièrement par Israël. 

Il n’y a pas que vous sur terre

« Si j’ai bien compris, « Israël » a le droit de coloniser, de génocider (les Palestiniens), d’agresser n’importe quel pays, ça passe. L’Occident dira que c’est de la « légitime défense ». Mais si un pays, à l’Image de l’Iran ose, après avoir été violemment agressé, se défendre contre l’entité sioniste ou plus globalement l’Occident , on l’accusera de terrorisme. Ce 2 poids 2 mesures va bientôt cesser. Les 3/4 de l’Humanité sont fatigués de devoir se plier à vos règles que vous-mêmes chers dirigeants occidentaux, vous ne cessez de violer. Il n’y a pas que vous sur Terre qui avez le droit de vivre et de respirer », a réagi Kemi Seba sur les réseaux sociaux.

En clair pour le panafricaniste, l’Occident voudrait imposer une vision unilatérale des choses concernant le conflit naissant entre Israël et l’Iran.

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Le Pr François Marc Modzom suspend les enseignements dans une classe de l’ESSTIC pour indiscipline « collective caractérisée »

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Directeur de l’Ecole Supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication depuis moins d’un an, François Marc Modzom ne badine pas avec le respect scrupuleux de la discipline au sein de l’institution académique dont il a la charge. Le patron de cette école, creuset de la formation des journalistes et professionnels de la communication au Cameroun, a suspendu l’ensemble de la classe de journalisme 2ème année. Dans un communiqué commis ce 15 avril 2024, l’ancien patron de la CRTV Radio évoque qu’une situation d’indiscipline « collective caractérisée » a motivé cette décision.  François Marc Modzom précise que la réintégration des élèves dans leur classe, sera précédée par la présentation d’une lettre d’engagement individuel signée par l’étudiant et son tuteur légal.

Amougou Belinga, le parrain éconduit de la promotion « indisciplinée »

Il ne s’agit guère de la première fois que cette classe se retrouve au cœur d’une polémique académique. L’an dernier, elle avait tenté de faire de l’homme d’affaires et propriétaire de médias Jean Pierre Amougou Belinga, le parrain de leur promotion. Un choix vivement contesté par l’opinion publique, et qui n’avait pas reçu l’approbation du directeur d’alors, le Pr Alice Nga Minkala. Celle-ci avait pris la résolution de suspendre toutes les activités liées aux cérémonies de parrainage au sein de l’école. Le dénouement de cet autre scandale est suivi de très près par les étudiants.

Communique

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