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Macron arrive en Guyane, confrontée à de multiples défis | TV5MONDE

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Insécurité, enclavement, autonomie territoriale: Emmanuel Macron est arrivé lundi en Guyane pour une visite de deux jours dans ce département français, frontalier du Brésil, en proie à de nombreuses difficultés et qui a massivement voté pour Marine Le Pen en 2022.

Le chef de l’Etat a atterri à l’aéroport de Cayenne, de retour après une première visite en octobre 2017, restée dans les annales, où il avait dit ne pas être “le Père Noël” en réponse à une question sur la création d’un hôpital.

Cette petite phrase, lâchée six mois après une grève générale qui avait paralysé la Guyane, est ancrée dans la mémoire collective des Guyanais qui ont voté à 60% pour Marine Le Pen (Rassemblement national) face à Emmanuel Macron à la dernière présidentielle.

Depuis, “les engagements qui avaient été pris” ont été “à la quasi totalité tenus”, a affirmé le chef de l’Etat à sa descente d’avion, vantant les “moyens supplémentaires octroyés au territoire” guyanais dans “à peu près tous les domaines”.

A commencer par la sécurité où le dispositif “100% contrôle” a “permis de réduire drastiquement le trafic de stupéfiants” à l’aéroport de Cayenne, a-t-il assuré, avant de rencontrer les policiers et gendarmes qui y interceptent chaque semaine 30 à 40 kilos de drogue.

A ses côtés, le président de la Collectivité territoriale de Guyane Gabriel Serville a déploré, lui, un “sentiment de discrimination” dans les contrôles, évoquant un “délit de faciès”.

M. Macron a également prévu de revenir dans l’après-midi sur l’opération Harpie, “marquée par son efficacité dans la lutte contre l’orpaillage illégale” mais endeuillée par la perte de plusieurs militaires ces dernières années. Dont le major du GIGN, Arnaud Blanc, tué dans la jungle il y a un an, jour pour jour, le 25 mars 2023.

“Décisions rapides”

Une victime de plus de la criminalité record qui frappe la Guyane, où une soixantaine d’homicides ont été recensés l’an dernier, soit plus de 20 pour 100.000 habitants et près de quinze fois plus que la moyenne nationale.

Venu pour aborder “aussi ce qui n’avance pas assez vite”, M. Macron a dit “partager l’impatience de la population” et promis “des décisions rapides” dans le secteur de l’agriculture, alors qu’une forte “dépendance alimentaire” demeure dans des filières comme le boeuf et la volaille.

Autre secteur en souffrance dans ce département ultramarin, la pêche fera aussi l’objet de décisions “qui n’ont que trop tardé”, en particulier pour “lutter contre la pêche illégale”. Le chef de l’Etat entend aussi “permettre une exploitation durable de notre forêt” tropicale, avec une “activité aurifère responsable et pérenne”.

Son entourage a fait valoir un “refus de choisir entre protection des forêts tropicales et développement économique”, défendant plutôt une “écologie à la française” avec une “simplification et une adaptation des normes” jugées trop lourdes par les acteurs locaux.

Autant d’annonces que le chef de l’Etat distillera au cours de visites au marché aux poissons de Cayenne, dans une exploitation agricole, puis dans la forêt amazonienne, à Camopi, à la frontière avec le Brésil.

“Nouvelles perspectives”

Un “dîner de travail” avec les élus guyanais doit permettre d’évoquer “la question institutionnelle” et des “évolutions potentielles”.

Les intéressés revendiquent déjà une marche vers l’autonomie inspirée de l’exemple corse. Le pouvoir central doit “nous accorder le même statut” que l’île de Beauté, martèle ainsi Gabriel Serville.

Le gouvernement attend toutefois des précisions: pour la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux, il revient d’abord aux élus de “définir quelles sont les compétences qu’ils souhaiteraient voir endosser par la collectivité”.

La question du désenclavement sera également sur la table. Grande comme le Portugal, la Guyane ne compte que 400 kilomètres de routes nationales et des communes isolées sont privées de desserte aérienne.

M. Macron se rendra mardi à Kourou, pour “donner de nouvelles perspectives” au centre spatial créé il y a 60 ans par le général de Gaulle. De quoi épuiser les sujets ? Le cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a épinglé “une visite express”: les Guyanais “méritent que vous preniez le temps sur les sujets prioritaires”, a-t-elle exhorté.

M. Macron s’envolera ensuite pour le Brésil, où il demandera à son homologue Luiz Inacio Lula da Silva de renforcer la coopération dans la lutte contre l’orpaillage illégal, mais aussi contre l’immigration clandestine qui a trouvé une nouvelle route du Moyen-Orient vers l’Europe via ce pays et la Guyane.

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À Nice, le Premier ministre en inspection dans un internat de ‘rupture’ | TV5MONDE

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“Saisissez-vous de cette chance”: devant les visages fermés d’ados envoyés par leurs parents passer leurs vacances de printemps en stage de “rupture” dans un internat de Nice, le Premier ministre Gabriel Attal a vanté lundi cette nouvelle mesure, censée favoriser la “prévention” de la délinquance.

Face à “la violence des mineurs”, le “sursaut d’autorité a démarré”, a assuré Gabriel Attal dont la visite est censée illustrer le volet “prévention” de son plan, “une des grandes priorités de (son) gouvernement”, dévoilé jeudi dernier à Viry-Châtillon (Essonne).

La vingtaine de jeunes avec lesquels M. Attal a échangé bénéficie d’un programme expérimental concocté par le département des Alpes-Maritimes dans le lycée-collège du Parc impérial, pour une enveloppe d’environ 60.000 euros pour douze jours.

Au programme: lever à 7H00, ateliers “estime de soi”, visite du camp de déportés des Milles à Aix-en-Provence, parcours mémoriel dans un cimetière de la ville, discussions sur les addictions, notamment aux écrans, mais aussi sortie en bord de mer ou découverte d’une exposition sur Tintin.

Pas de quoi, pour l’instant, emballer Lenny, “14 ans, bientôt 15”, scolarisé en 3e. “Pendant les vacances, je voulais aller à la plage, jouer au foot avec mes potes, sortir, aller manger dehors…”, confie-t-il après avoir assisté à un débat sur ces internats de “rupture”, destinés à couper les jeunes de leur milieu. A ses côtés figuraient notamment le maire (Horizons) de Nice Christian Estrosi, le député et patron des Républicains Eric Ciotti, trois autres ministres et de nombreux élus locaux.

“Mes parents ne m’ont pas convaincu d’y aller, ils m’ont forcé, c’est tout, j’ai rien à dire. C’était ça ou le bled”, témoigne Rayan, 14 ans, en 4e, admettant qu’il fait “n’importe quoi à l’école”.

“En tout cas, tu vas apprendre plein de choses, vous allez faire plein d’activités”, lance le Premier ministre, qui se dit “sûr qu’à la fin, vous serez contents d’être là”.

Puis, visitant une salle de classe, M. Attal a répondu aux questions, parfois désarçonnantes, de ces ados que leurs parents ou leurs professeurs cherchent à remettre dans le droit chemin. “Vous êtes le maire ou le ministre?”, lui demande Saïf, 13 ans, scolarisé en 5e. “Moi, je suis le Premier ministre, et le maire, il est là”, lui répond-il en désignant l’édile derrière lui.

“Monsieur Macron”

À un ado qui lui demande si “Macron, il est à Nice?”, le Premier ministre réplique : “On dit Monsieur Macron, et c’est comme ça avec tous les adultes”.

Les échanges ont aussi concerné TikTok, réseau social sur lequel M. Attal a répondu récemment aux questions les plus “likées” qui lui étaient posées, et sur les alertes à la bombe dans les établissements scolaires, qui peuvent valoir “plusieurs années de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende”, met-il sévèrement en garde.

Les séjours sont basés sur le volontariat des familles, pour des jeunes, garçons ou filles, qui n’ont pas affaire à la justice et peuvent être signalés par des associations de quartier, comme PAJE, celle qui gère le stage niçois, ou leurs établissements scolaires.

Ils sont conçus comme un moyen de “prévention”, secteur qu’il faut déclencher “le plus tôt possible (…) pour éviter à des jeunes de tomber dans la délinquance”, explique M. Attal.

Loin de ces considérations, Lenny espère au moins être dans une chambre avec ses “collègues”, en reconnaissant se retrouver dans cette situation parce qu’à l’école, il bavarde trop et “rigole”, et qu’à la maison “(il) ne respecte pas”.

“Et en vrai, peut-être que pendant les deux semaines on va changer d’avis, parce qu’il y a beaucoup de choses quand même”, reconnait-il.

Il y a en tout cas une chose qu’il n’y aura pas: pendant le séjour et sauf une heure par jour, Lenny, comme tous ses camarades, sera privé de son téléphone portable.

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‘Violence des mineurs’: à Nice, Attal visite un internat pour illustrer le volet ‘prévention’ | TV5MONDE

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Gabriel Attal a poursuivi lundi à Nice son offensive contre la “violences des mineurs”, illustrant le volet “prévention” par la visite d’un internat éducatif en expérimentation, quelques jours après un discours sur le sujet à Viry-Châtillon.

Le Premier ministre visite lundi matin le lycée du Parc impérial de la cité niçoise, cadre d’une expérimentation d’internat éducatif pendant les vacances scolaires.

Après une cérémonie d’accueil, il a participé à un échange avec des adolescents participant au stage, certains se montrant réticents, mais aussi avec des parents, dirigeants politiques locaux et acteurs publics ou associatifs de l’expérimentation.

“Il ne faut pas avoir peur des mots, il y a un problème de violence chez les jeunes” et “m’attaquer à ce problème-là, c’est l’une des grandes priorités de mon gouvernement”, a déclaré M. Attal à l’issue de l’échange.

Après les “mesures très fortes en matière de sanction” annoncées jeudi dernier à Viry-Châtillon, le chef du gouvernement a estimé lundi que “si on considérait qu’il faut se concentrer sur (le fait d’)intervenir au moment de la sanction, en réponse à des faits de délinquance, de violence, on raterait quand même une grande partie du sujet: faire en sorte que ces faits de violence et de délinquance n’arrivent pas”.

“Ca veut dire qu’il faut le plus tôt possible investir davantage la prévention pour éviter à des jeunes de tomber dans la délinquance”, a-t-il poursuivi.

Gabriel Attal a notamment plaidé pour la solution de l’internat. “On a autour de 50.000 places d’internat qui sont vides aujourd’hui en France, ce qui est fou quand on y pense, alors qu’on sait qu’il y a beaucoup de parents qui sont dépassés et qui pourraient (y) voir un intérêt”, a-t-il dit.

“A l’année, on va placer beaucoup plus de jeunes en internat pour éviter qu’ils dérivent, mais aussi pendant les vacances, des séjours de rupture comme celui-là, ça peut être une solution”.

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Européennes: pour les partis, une campagne au coût salé | TV5MONDE

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Peu de grands meetings, beaucoup de débrouille et “des coupes partout”: les partis politiques font campagne à l’économie pour les élections européennes, loin du budget maximal autorisé, même quand leurs candidats sont parmi les mieux placés.

Les sondages leur promettent largement plus que les 3% des voix requis pour se faire rembourser par l’Etat. Mais ils resteront loin du plafond de dépenses fixé à 9,2 millions d’euros.

Chez les Insoumis, l’enveloppe sera d’environ 4 millions, “à peu près dans les mêmes proportions” qu’en 2019, indique Manuel Bompard.

De toute façon “c’est une campagne courte” et aux européennes “vous savez que vous n’allez pas faire des rassemblements de 70.000 personnes”.

Il n’empêche, les rares gros meetings coûtent cher. “Plusieurs centaines de milliers d’euros” à chaque fois, comme à Villepinte mi-mars pour le lancement de la campagne de Manon Aubry.

Alors, le parti de gauche radicale “internalise au maximum”: la régie “c’est nous”, les “créations graphiques et vidéos” aussi, même l’installation et le rangement de la salle “ce sont les militants qui s’en occupent”.

Le bénévolat a toutefois ses limites.

Chez les Verts, “le plus gros budget c’est la masse salariale”, explique-t-on dans l’entourage de Marie Toussaint, qui a recruté une “trentaine” de renforts.

Remis de l’échec de Yannick Jadot à la présidentielle de 2022, les Verts ont de nouveau emprunté à la banque, pour miser quasiment 4,4 millions d’euros sur leur scrutin fétiche.

Mais pas plus, donc “on essaie de faire des coupes partout et de négocier avec les fournisseurs”.

Alléger la note

Pas d’autre choix vu que “les prix ont doublé” en cinq ans, surtout avec la flambée du papier, souligne le souverainiste Florian Philippot, qui a moins de chances d’être remboursé.

Même s’il peut se permettre d’avancer un million d’euros, affiches et tracts pèsent forcément plus lourd dans la balance.

Pour alléger la note, le conseiller d’un autre habitué des joutes électorales connaît une combine: “Personne ne fera 100% des voix dans 100% des bureaux de vote, donc pas besoin d’imprimer 100% des bulletins”.

L’astuce fonctionne moins pour ceux qui anticipent de gros scores, à commencer par Jordan Bardella.

Le favori des sondages ne dispose toutefois pas de plus de moyens que ses concurrents: 4,3 millions d’euros, dont 400.000 déjà partis dans un premier meeting à Marseille début mars.

Le genre de grand raout réservé aux temps forts de la campagne, à plus forte raison pour un Rassemblement national lourdement endetté auprès de ses militants et qui a encore levé un “grand emprunt” pour financer ces européennes.

Tous les partis font la même analyse: “Des meetings de 5.000 personnes, on sait faire, mais ça demande une énergie considérable et ça coûte du pognon, pour un résultat moyen”, résume le socialiste Pierre Jouvet.

Quitte à dépenser lui aussi 4 millions avec sa tête de liste Raphaël Glucksmann, il préfère jouer la carte de la “proximité” avec des dizaines de petites réunions publiques.

Des doutes et des dettes

Des déplacements à moindre frais, dans des salles municipales parfois mises à disposition gracieusement, et sans barnum médiatique donc au contact direct des électeurs.

Idéal pour récolter quelques dons, en particulier pour une petite liste comme l’Alliance rurale de Jean Lassalle et Willy Schraen, qui doit “résoudre une équation financière” estimée à 2 millions d’euros.

La question se pose également pour Les Républicains, qui se contentent d’une campagne à 3 millions pour leur candidat François-Xavier Bellamy.

Un budget contraint par leur coûteuse déroute à la présidentielle, puis leur recul aux législatives qui a réduit d’un quart leur aide publique.

Sans oublier le boulet de la dette traîné depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, et toujours sous surveillance “attentive” de la commission des comptes de campagne.

Tout bien soupesé, certains ont décidé de passer leur tour. Comme les centristes de l’UDI, ralliés cette fois-ci à la liste macroniste, après leur tentative solitaire en 2019 achevée sous le seuil fatidique des 3%.

Même résignation chez Nicolas Dupont-Aignan, pourtant remboursé il y a cinq ans, mais lui aussi affaibli par ses campagnes de 2022.

Bien qu’il affirme vouloir “garder (ses) moyens financiers pour les échéances suivantes de 2027”, il reconnaissait avant de renoncer aux européennes qu’il lui manquait un demi-million d’euros pour se lancer.

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