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Afrique

La communauté russophone rend hommage à la Russie

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Dans la matinée du mardi 26 mars 2024, des gerbes de fleurs ont été déposées à l’extérieur du mur de l’enceinte de l’ambassade de Russie à Yaoundé.

Une mobilisation prompte et expéditive. Une dizaine de personnes, tous de noirs vêtus, gerbes de fleurs en main, regroupés devant l’esplanade extérieures de l’ambassade de Russie au Cameroun ce mardi matin. Ils sont venus transmettre des condoléances à la Russie.

Vendredi 22 mars 2024, un attentat a fait au moins 137 morts et 187 blessés à Moscou en Russie    . Parmi ces victimes de l’attaque du Crocus City Hall, figurent des enfants âgés de 7 à 10 ans. Selon l’agence de presse russe Tass, plus de 5 000 personnes ont été évacuées du bâtiment en feu.

La même vision

C’est pour honorer solennellement la mémoire de ces victimes, que l’organisation ‘’Communauté des russophiles et russophones du Cameroun’’ (C2R-Cameroun), manifeste ainsi sa solidarité en déposant des fleurs symboliques devant le mur de l’ambassade à Yaoundé. Cette démarche s’explique par le fait que « la Russie est un peuple qui a la même vision que le Cameroun, en terme d’économie et de nationalisme », relève Mbida Ndoumbe, porte-parole de l’organisation, à l’issue de l’activité.

La veille, l’ambassade a été formellement notifiée de cette manifestation. Ainsi peut-on lire sur la correspondance du directoire national de la Communauté des russophiles et russophones du Cameroun à Son Excellence Georgy Todua, l’ambassadeur de la fédération de Russie au Cameroun : « en cette triste circonstance, nous vous transmettons ainsi qu’au président Vladimir Poutine et au peuple Russe, nos condoléances les plus attristés et nos vœux de rétablissement pour les blessés ». Le document porte bien sûr la signature de Robert Mbarga, président du directoire.

Développement économique

Cetteassociation ‘’Communauté des russophiles et russophones du Cameroun’’ (C2R-Cameroun) existe depuis un an. Sa mission : accompagner et soutenir les projets visant à évoquer l’amitié entre le Cameroun et la Russie. Ses objectifs sont en fait de :

  • Promouvoir la langue et les cultures russes et africaines
  • Développer le tourisme et les échanges entre la Russie et le Cameroun
  • Développer les échanges académiques et technologiques entre la Russie et le Cameroun
  • Renforcer des liens d’amitiés et culturel entre les peuples russes et africains
  • Promouvoir le développement économique

Autant de chose, justifiant ce témoignage de solidarité et sympathie de C2R-Cameroun aussi bien au peuple russe vivant au pays du chef de l’Etat Paul Biya, qu’à ceux resté sur la terre natale et d’origine.

Arnaud Kevin Ngano

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Afrique

Marafa Hamidou Yaya: “Cameroon has been plunged into true barbarism and savagery.”

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In an exclusive interview with Jeune Afrique, Marafa Hamidou Yaya, former Minister of State and Secretary-General of the Presidency of the Republic of Cameroon, denounces his detention conditions, and declining health, and calls for radical change in his country.

Incarcerated since 2012 for “intellectual complicity” in embezzlement of public funds, Marafa Hamidou Yaya sounds the alarm about his health. “I am losing my sight,” he confides, stating that specialists recommend a “last-chance operation” abroad, an operation he has been unable to obtain despite his repeated requests to President Paul Biya. “If this evacuation does not take place quickly, the only remedy will inevitably be to eventually remove my eyeballs,” he warns.

Marafa Hamidou Yaya believes that his detention is political. “Out of the six convicted in this case, how many are still in prison today? Only one, myself,” he points out. He also denounces the use of torture in Cameroon, as illustrated by the assassination of his former collaborator Christiane Soppo in 2014 and the death of journalist Martinez Zogo in 2023. “If the authorities perceive you as a threat, you will pay with your freedom or your life,” he asserts.

The former minister also criticises the handling of President Paul Biya, whom he accuses of plunging Cameroon into “true barbarism and savagery.” He regrets his past trust in the Cameroonian justice system and calls for the establishment of a “Truth, Reconciliation, and Refoundation Commission” to shed light on the regime’s crimes.

In the face of the rise of coups d’état in Africa, Marafa Hamidou Yaya warns against the dangers of populism, which he considers “sterile” and “unrealistic.” He calls for a national dialogue to find solutions to Cameroon’s problems and prevent the country from “irreversibly self-destructing.”

Despite his fragile health and difficult detention conditions, Marafa Hamidou Yaya remains hopeful for Cameroon’s future. “I believe I can still help my country,” he asserts. He is determined to continue his fight for democracy and respect for human rights, even though his future remains uncertain.

Marafa Hamidou Yaya’s interview further sheds light on the political and human rights situation in Cameroon, which has been a cause of concern over the last decade. His words should prompt the international community to take action and urge the regime of Paul Biya to take concrete measures to improve the situation in the country, starting with the ongoing Anglophone crisis.

Mimi Mefo Info

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Afrique

Douala : Un corps retrouvé 6 mois après la disparition du défunt

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Une découverte tragique a eu lieu au quartier PK14 de Douala, plus précisément au lieu-dit “Antenne Orange Kwalong”. Joseph Bem Djong Issouk, âgé de 61 ans, porté disparu depuis le 27 novembre 2023, a été retrouvé sans vie ce mercredi 24 avril 2024, soit six mois après sa disparition.

Les circonstances entourant ce décès restent pour le moment inconnues, laissant la communauté dans l’attente de plus d’informations. Les autorités ont entamé des enquêtes pour élucider les circonstances de cette triste découverte et déterminer les causes du décès de Joseph Bem Djong Issouk.

Cette nouvelle a profondément ému les habitants de ce quartier, qui depuis plusieurs mois étaient sans nouvelles de ce dernier. Tous espèrent que la lumière sera faite sur ce drame. En attendant les résultats des enquêtes, la communauté reste en deuil et attend des réponses sur cette perte tragique.

Gilles Noubissie

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Afrique

Marafa Hamidou Yaya sort de son silence

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Après plusieurs années de mutisme, l’ancien secrétaire général à la présidence de la République prend en fin la parole. Dans une interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique, Marafa Hamidou Yaya se donne à cœur ouvert. Ses conditions d’incarcération, sa situation sanitaire, sa vision actuelle du Cameroun, la justice, ses regrets etc tout y passe. MMF vous propose un extrait de cette interview.

Pourquoi accepter de prendre la parole aujourd’hui ?

La situation de mon pays, le Cameroun, est trop grave pour que je reste silencieux. Il est de mon devoir de m’exprimer, quitte à ce que mon régime d’incarcération, déjà extrêmement strict, soit durci après la publication de cette interview. Il est probable que ce durcissement affectera mes codétenus. J’espère qu’ils me le pardonneront.

Quelles sont vos conditions de détention ?

Je perds la vue. Tous les spécialistes recommandent une « opération de la dernière chance » pour m’éviter de devenir totalement aveugle. Comme cette opération n’est possible qu’à l’étranger, j’ai adressé au président de la République plusieurs demandes d’autorisation d’évacuation médicale. Elles sont restées sans réponse. Il en va de même des appels humanitaires qui lui ont été adressés par des personnalités nationales et étrangères de premier rang, auxquelles je veux dire ici toute ma gratitude. Le silence du président Biya a fait dire à une ancienne ambassadrice des États-Unis au Cameroun : « Je suppose que Paul Biya attend que Marafa devienne aveugle ! C’est franchement une punition digne du Moyen Âge. Pas de l’Afrique moderne. »

Si cette évacuation n’a pas lieu rapidement, le seul remède sera inévitablement à terme de me retirer les globes oculaires. En effet, je souffre de violents maux de tête de plus en plus fréquents à cause de la pression oculaire. Ce handicap rend mes conditions d’incarcération au secrétariat d’État à la Défense [SED] encore plus difficiles qu’auparavant. Je ne bénéficie ni d’assistance ni d’aménagements. Dans mes demandes d’évacuation sanitaire, j’ai sollicité un placement en résidence surveillée, ce qui me permettrait de recevoir une aide pour les gestes du quotidien. Comme je l’ai indiqué, tout cela est resté sans réponse.

Avez-vous le sentiment d’être retenu en prison parce que vous représentez une force politique que certains souhaitent neutraliser ?

Sur les six condamnés dans ce dossier, combien sont aujourd’hui encore en prison ? Un seul, moi. Le dernier à avoir été libéré l’a été il y a quatre ans. Ceci alors que, contrairement à d’autres, j’ai été condamné pour une prétendue « complicité intellectuelle », sans le moindre signe de détournement ou d’enrichissement personnel. Mon maintien en détention et la torture que je subis, en particulier à travers le refus de soins, car il s’agit bien de torture en termes juridiques, ne peuvent donc avoir qu’un caractère politique. C’est pour cela que l’ONU demande ma libération immédiate depuis 2016, et que les États-Unis, avec d’autres pays, me placent sur leur liste de prisonniers politiques depuis de nombreuses années.

Mon cas n’est pas isolé. L’opération Épervier a donné lieu à des condamnations extrêmement lourdes, qui apparaissent aujourd’hui comme aléatoires, arbitraires, politiquement biaisées ou infondées. Sous ce régime, le recours à la torture est devenu systémique. Il en a fait une pratique d’État, dont a été victime en janvier 2014 Christiane Soppo, mon ancienne collaboratrice, assassinée à coups de machette. Dans une lettre ouverte de mars 2014, j’écrivais que « le martyre de Madame Soppo représent[ait] […] l’émergence d’une justice parallèle, extrajudiciaire, aux mains de groupes d’individus qui, en fonction de leurs intérêts, prononcent des sentences de mort secrètes exécutées par des hommes de sac et de corde ».

Si le pouvoir vous perçoit comme une menace, vous le paierez de votre liberté ou de votre vie ?

C’est une pratique d’État dont a été victime en janvier 2023 votre confrère, le courageux journaliste Martinez Zogo, mort sous les sévices atroces de membres des services de renseignement. Ces déchaînements de violence ne sont pas des épisodes isolés mais s’inscrivent dans un système stable et institutionnalisé. Cette violence extrême n’est pas que délibérée. Elle est mise en scène, transformée en spectacle. Il était très facile pour ses tortionnaires de faire disparaître le corps de Martinez Zogo. Ils ont fait en sorte qu’il soit retrouvé. C’est la même logique, bien sûr poussée beaucoup moins loin, qui explique le caractère public de l’acharnement que je subis. Le message à nos compatriotes est clair. Si le pouvoir vous perçoit comme une menace, vous le paierez de votre liberté ou de votre vie.

Lorsque j’étais enfant, notre hymne national, changé depuis, célébrait la sortie du Cameroun de la « barbarie » et de la « sauvagerie » passées. Bien sûr, dans le contexte colonial, c’était une référence à la prétendue arriération de notre peuple. Mais aujourd’hui, pour de bon, le régime nous plonge dans une barbarie et une sauvagerie véritables, maniées avec calcul comme des vecteurs d’oppression.

S’il vous était donné de revenir en arrière, auriez-vous accordé votre confiance en la justice camerounaise ?

Je m’attendais à mon arrestation. De hauts responsables du régime m’avaient suggéré

de m’exiler. Mais j’ai suivi mon cœur. J’ai choisi de me présenter devant la justice de mon pays. Mes compatriotes n’auraient pas compris que je ne le fasse pas. On ne peut pas exercer des responsabilités publiques, en tout cas avec la conviction sincère et le sens du devoir qui m’ont toujours animés, et choisir la fuite. Ai-je eu tort ? Si les sacrifices ont été nombreux et pénibles, ma plus grande douleur est de n’avoir pas pu assister Jeannette, ma femme, dans les derniers temps de sa maladie, dont elle est morte en 2017 en France. J’en avais demandé l’autorisation. Elle m’a été refusée.

Avez-vous le sentiment d’avoir été trahi par le président Paul Biya ?

Non, pas personnellement, car nous n’avions aucun pacte. Il ne m’avait jamais assuré de son appui ou de son amitié, et je ne lui avais jamais demandé de le faire. Je reste honoré des importantes responsabilités qu’il m’a confiées, car elles m’ont permis d’œuvrer au bien du pays, à ma mesure et malgré les nombreuses résistances auxquelles j’ai fait face. Si trahison il y a, ce n’est pas vis-à-vis de moi, mais envers notre Constitution, qui fait du président de la République le garant de l’indépendance de la justice. Or, ainsi que l’illustrent mon cas personnel et de multiples scandales récents, la justice est instrumentalisée au vu et au su de tous. Le peuple camerounais est le témoin désabusé et inquiet de cette dérive. Je pense au philosophe Pascal : ne pouvant fortifier la justice, le président a justifié la force.

Paul Biya a-t-il encore les moyens de retourner cette situation ?

Oui et non. Non, parce que le marasme est trop général et que le système que le président a mis en place, et dont héritera son successeur, rend tout changement de fond impossible. Oui, car c’est toujours lui qui dirige notre pays et qui est responsable de ses destinées. Oui, encore une fois, car il est en capacité de prendre la seule mesure qui, dans les circonstances actuelles, serait salvatrice : redonner la parole au peuple ! Les prochaines élections, qu’il s’agisse des législatives ou de la présidentielle, ne suffiront pas à remettre le pays sur la bonne voie, et ce quels qu’en soient les vainqueurs.

Ce qu’il faut au pays, et ce à quoi j’appelle, c’est l’organisation d’une sorte de Commission Vérité, Réconciliation et Refondation. La dimension « Vérité et Réconciliation » évoque bien sûr ce qu’a fait l’Afrique du Sud pour exposer au grand jour les crimes du régime d’apartheid. La même démarche est nécessaire au Cameroun, où le caractère systémique des crimes et scandales d’État que j’évoquais plus haut est tel que certains n’ont même pas conscience de leur responsabilité. Je pense en particulier à certains juges et à certains policiers, instrumentalisés par le régime.

Les coups d’États se multiplient et se banalisent en Afrique. Pensez-vous qu’il faille en craindre un au Cameroun ?

Il y a eu sept coups d’État ces trois dernières années en Afrique. L’adhésion au modèle démocratique recule de manière radicale. Aujourd’hui, selon une étude, 53 % des Africains pourraient soutenir un coup d’État dès lors qu’ils estiment leurs dirigeants incapables ou corrompus. Les raisons ? Une pauvreté et une insécurité persistantes ou grandissantes, la perception d’une corruption omniprésente, mais aussi le déferlement d’une vague mondiale de populisme à laquelle l’Afrique n’échappe pas. Ce populisme, en

Europe ou aux États-Unis, se traduit par la stigmatisation de l’immigré comme profiteur, parasite et délinquant.

En Afrique, ce que l’on commence à appeler « l’afro-populisme » conduit au rejet massif de tout ce qui a une coloration occidentale, y compris le modèle démocratique. Même si je comprends et partage le désarroi, voire le désespoir, de nombre de mes compatriotes et de nombre d’Africains, je reste persuadé que cette voie du populisme est stérile. La seule solution offerte par les populistes, c’est le rejet de l’autre. On ne bâtit pas l’avenir sur ces sables mouvants. Le populisme est aussi irréaliste. On peut rejeter l’histoire commune de la France et de l’Afrique, rejeter son héritage inégalitaire, voire prédateur. On ne peut pas rejeter la géographie : l’Europe et l’Afrique seront pour toujours voisins.

Qu’en est-il de votre avenir à vous ?

Je crois pouvoir encore aider mon pays. J’ai pour cela la volonté, les idées et l’expérience. Toutefois, ma santé et ma survie sont entièrement soumises à l’arbitraire du président de la République, Paul Biya. Mais pour ce qui est de mon engagement futur au service de mon pays, il reste aux mains de la Providence. Ma génération semble avoir échoué dans son rêve de construire un Cameroun nouveau. Une mission plus impérieuse nous appelle. Elle consiste à empêcher que le Cameroun ne s’autodétruise irréversiblement.

Avec Jeune Afrique

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